Verrières-le-Buisson

Histoire de Verrières-le-Buisson

Verrières-le-Buisson est une commune de Essonne, en Île-de-France, qui compte 14 597 habitants. Le nom est mentionné pour la première fois au dans un acte de propriété de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. On trouve les noms (en latin) de Verdrariæ au, Vedzariæ en 1027, Vitreriæ. En 1790, la commune est créée sous le nom de Verrieres.

C’est en 1801 qu’est ajouté l’accent grave, afin de conformer l’orthographe à la prononciation. L’adjonction de l’appellatif « le-Buisson » a aussi lieu en 1801, en référence à l’importante forêt communale, reprenant un usage mentionné pour la première fois sous le règne de Louis XIV. L’origine du nom de la commune est sans doute liée à l’existence au haut Moyen Âge d’une villa rustica située sur le territoire de l’actuel centre-ville et, du nom de son fondateur.

L’hypothèse rapprochant le nom de la commune d’une activité verrière est peu plausible, étant donné qu’elle n’est attestée ni par des mentions textuelles, ni par des vestiges archéologiques.

La découverte dans le bois de Verrières de vestiges d’ateliers du Paléolithique et du Néolithique atteste la présence humaine sur le territoire dès cette époque. Plus à l’est, à la frontière avec Bièvres en bordure de la Sygrie, ont été découverts les restes d’une villa rustica gallo-romaine. En 543, le roi mérovingien Childebert fait don de la Villa Vedrarias à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, récemment créée. La première mention écrite de Verrières-le-Buisson daterait de l’an 806. Une Villa Vedrarias était alors attachée au domaine d’Antony, possession de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés; c’est pourquoi Verrières est l’objet de la [https://www.academia.edu/42203449/Polyptyque_dIrminon_-Vedrariis Breve de Vedrariis] dans le polyptyque d’Irminon. 156 ménages vivent alors sur le finage du domaine, dont sont des terres labourables, 40 hectares des prés et 35 hectares sont plantés de vignes.

La forêt, mentionnée dès les origines de Verrières, était aussi en grande partie propriété de l’abbaye. mentionnent trois moulins sur la Bièvre. D’amont en aval, ces moulins étaient aux lieux-dits d’Amblainvilliers, de et de Migneaux. Sur le plan religieux, Verrières dépend de la paroisse d’Antony, jusqu’à la fin du: en 1177, elle est érigée en paroisse par le pape Alexandre III à la suite de l’édification de son église, placée sous le patronage de Sainte-Anne. En 1248, l’abbé Thomas de Mauléon affranchit du servage les habitants de ses domaines d’Antony et de Verrières en échange d’un lourd tribu. Le village de Verrières subit les aléas de l’histoire de l’Île-de-France.

En 1360, le roi Jean le Bon fait démanteler la place forte de. Les guerres de religion occasionnent de nouveau des dégâts.

En 1562 l’église est incendiée par les troupes protestantes de Louis II de Bourbon-Condé. En 1630, Louis XIII y fait établir deux routes dans la forêt, l’une d’ouest en est de Villacoublay à Verrières, l’autre du nord au sud, de Châtenay-Malabry à Amblainvilliers. Elle séduit Louis XIV qui s’y rend parfois pour la chasse et qui l’achète en 1682, en faisant une forêt royale qui est devenue une forêt domaniale. Un dénombrement des habitants de la paroisse en 1725 recense cent cinquante-trois feux, environ six-cent quatre-vingt-dix habitants. En 1790, la commune comprend deux cent deux feux (neuf cent treize habitants). Trente-deux d’entre eux signent en 1789 le « cahier des doléances, plaintes et remontrances des habitants de la paroisse de Verrières-le-Buisson ».

Ce cahier, pour sa partie locale, énumère quelques griefs et demandes, tels pour éviter les dégradations des animaux sur les récoltes, la suppression des barrières d’octroi grevant la circulation entre Verrières-le-Buisson et la route de Paris à Orléans. En 1815, à la tête de la cavalerie, le général Exelmans fit mouvement en bordure du bois de Verrières contre les troupes alliées de la Septième Coalition qui menaçaient Paris et sortit vainqueur de l’affrontement le. En 1802, la collection de pommes de terre d’Antoine Parmentier fut transportée chez son ami Philippe de Vilmorin. En 1815 aussi eut lieu le premier achat de terres agricoles par l’entreprise grainetière Vilmorin-Andrieux. Le domaine s’agrandit et la famille Lévêque de Vilmorin s’installa à Verrières-le-Buisson. Aux bâtiments résidentiels qu’elle fit construire, s’ajoutèrent de grands édifices d’exploitation, dont l’horloge réglait le travail quotidien des ouvriers agricoles et des employés des services d’expérimentation.

La société Vilmorin-Andrieux fut, jusqu’aux années 1950 le plus important employeur local. La famille consolida son statut social par la prise de responsabilités au sein de la commune: trois maires de Verrières, en sont issus. Durant la première moitié du vingtième siècle les terrains « Vilmorin », des champs d’exploitation et d’expérimentation formèrent frontière entre les proches communes du département de la Seine (Châtenay-Malabry, Antony) et préserva le bourg rural de l’urbanisation. Ces terrains furent vendus en 1964. En 1821, l’église bénéficia de nombreux travaux de réfection, puis en 1857, le cimetière fut déplacé. Un autre événement d’importance intervint en 1854.

Le chemin de fer de Paris à Sceaux fut prolongé entre Bourg-la-Reine et Orsay. Originellement appelée gare de Massy, la station qui desservait Verrières-le-Buisson devint gare de Massy-Verrières en 1900. La gare des voyageurs jouxtait une gare de marchandises située sur le chemin de fer de la grande ceinture. Un service de voitures à cheval menait les voyageurs de la gare jusqu’au centre-ville. Après la guerre de 1870-1871, les autorités politiques et militaires décidèrent de construire un dispositif de défense autour de Paris. En 1875, grâce au don du duc de Cambacérès, un nouveau clocher fut élevé.

Entre 1875 et 1879 un ensemble de six forts fut bâti, desservis par des routes militaires. L’ensemble couvrait près du dixième de la superficie totale du bois de Verrières. En arc de cercle autour d’un réduit central, cinq batteries furent construites: batterie des Gâtines, d’Igny, de Bièvres, de la Châtaigneraie, du Terrier. Munis d’une garnison, ils ne furent cependant d’aucune utilité militaire ni en 1914, ni en 1940. Tous furent déclassés en 1946 et la plupart, envahis par la végétation, devinrent des terrains d’aventure et de jeu pour les promeneurs. Toutefois deux de ces équipements furent repris par des organismes civils.

L’un d’entre eux, le fort des Gâtines avait été utilisé durant la Seconde Guerre mondiale par l’armée allemande pour des essais de propulseurs et du stockage de matériels. Après 1945, il servit aux sociétés aéronautiques françaises pour y expérimenter des matériels. Actuellement, il est occupé par un centre de congrès, en bordure sud par un poney club. L’usine Sud-Aviation, puis SNIAS, dépendante du centre de recherches de Châtillon succéda à l’entreprise Vilmorin-Andrieux comme principal employeur local. Au centre de cet ensemble de fortifications, le réduit de Verrières utilisé par des services du centre national de la recherche scientifique jusqu’en 2012 est actuellement une propriété privée. L’évolution de la commune de Verrières-le-Buisson fut celle de toute la région parisienne.

Les champs, les vergers et terres de maraîchage, les grandes propriétés ont fait place aux résidences d’une population dont l’emploi est très majoritairement hors de la commune. Depuis les lendemains de la Première Guerre mondiale, les lotissements se sont succédé. Des zones de pavillons jouxtaient un habitat de petits immeubles collectifs jusqu’en 1964. Durant les deux décennies suivantes, la vente de vastes propriétés (Parc du château d’Estienne d’Orves et champs de la société Vilmorin) et la construction de grands ensembles immobiliers, avec des tours élevées, ne fut pas sans conséquence sur l’aspect visuel de la petite ville. Depuis lors, les municipalités se sont attachées à préserver l’espace urbain de l’envahissement de nouvelles constructions massives et à rénover l’ancien tissu villageois en lui gardant certains aspects des anciens villages d’Île-de-France. Les événements de l’histoire nationale ont une répercussion au niveau local.

La Première Guerre mondiale mobilisa, ici comme ailleurs, les hommes en âge de porter les armes. Inauguré en 1922, le monument aux morts de Verrières-le-Buisson porte, gravés contre l’oubli, les noms des quatre-vingt-cinq Verriérois morts entre 1914 et 1918. En 1936, ici comme ailleurs, le Front populaire fut une période d’espoir pour une partie des « classes laborieuses ». Durant les grèves de 1936, les ouvriers travaillant aux nombreux chantiers de construction firent parfois grève sur le tas. Les élections législatives de mai 1936 avaient eu pour résultat de désigner un député communiste sur la circonscription de Versailles sud. À Verrières-le-Buisson même, bien que devancé par le candidat de droite, le futur élu, Jean Duclos, frère du dirigeant national du PCF Jacques Duclos rassemblait au second tour du scrutin plus de 44 % des suffrages.

Son électorat était constitué de nombreux ouvriers travaillant dans les usines de la banlieue sud-ouest de Paris, et particulièrement par les terrassiers et autre manœuvres des métiers du bâtiment des multiples chantiers ouverts du fait de l’urbanisation. Souvent d’origine bretonne, déracinés et durs au mal, jeunes, ceux-ci trouvèrent localement à Verrières-le-Buisson et à Igny dans le syndicalisme et le parti communiste, des structures de socialisation. À celles déjà énoncées s’ajoutait une association, relativement importante à Verrières-le-Buisson, celle des « Bretons émancipés », dirigée par un ouvrier terrassier-mineur, Eugène Le Foulgocq. Après la guerre de 1939-1945, le groupe des Bretons de Verrières-le-Buisson fut l’une des plus importantes « sections » de l’association des Bretons d’Île-de-France., au cimetière de Verrières-le-Buisson. La Seconde Guerre mondiale eut des conséquences certaines pour la population.

Les événements militaires de 1939-1940 puis les combats en 1943-1945 pour la libération du territoire entraînèrent la mort de douze Verriérois. Meurtriers furent en 1944 les bombardements par l’aviation alliée des infrastructures ferroviaires de la gare de triage de Massy-Palaiseau: huit Verriérois y furent tués. Six autres sont morts en déportation. La défaite militaire entraîna vers les camps de prisonniers en Allemagne plus de deux cents hommes. La résistance à l’envahisseur est symbolisée à Verrières par le combat et la mort sous les balles allemandes le d’Honoré d’Estienne d’Orves, natif de Verrières-le-Buisson. Les combats de la Libération furent fatals au jeune neveu de celui-ci, David Regnier, tué le.

Difficile à évaluer, l’action résistante à Verrières-le-Buisson, où des troupes allemandes stationnèrent jusqu’en 1942, fut multiforme: hébergement d’israélites, diffusion de la presse clandestine, établissement de faux-papiers, sabotages opérés dans la région. Quatre Verriérois se distinguèrent durant cette période trouble par leur humanité en aidant des Juifs: Olivier et Roger de Vilmorin, Camille et Germain Lecureur qui reçurent tous les quatre le titre de Juste parmi les nations par le comité pour Yad Vashem. Une des actions les plus notables consista le en une manifestation préparée et menée par les organisations se situant dans la mouvance du Parti communiste. Selon les témoignages, une petite foule forte de soixante à quatre-vingts personnes, encadrée par les FFI, se réunit ce jour-là au cimetière de Verrières-le-Buisson: la tombe d’Honoré d’Estienne d’Orves fut fleurie et des drapeaux tricolores furent déployés par les participants qui manifestèrent dans quelques rues avant de se disperser. À la fin du mois d’, la municipalité accueillit en son sein, les représentants de la résistance active dont les président et vice-président du comité local de libération, tous deux membres du Parti communiste français Louis Voyer et Marcel Giraud. Les élections municipales d’avril 1945 donnèrent la victoire à ceux-ci, qui avaient constitué une très large coalition politique.

Cette municipalité à direction communiste, épisode isolé dans l’histoire locale, fut battue en. Dès le le conseil municipal décide de nommer deux voies de la commune du nom de résistants de Seine-et-Oise. La Rue de Paris devient Rue d’Estienne-d’Orves et la Route de Palaiseau devient Avenue Gabriel-Péri. En juin 1946, la Rue du Chemin-de-fer devient Rue Pierre-Brossolette. À partir de 1956 furent élevés les premiers logements HLM puis en 1962 fut entreprise la construction du vaste grand ensemble du Clos, comprenant quatre cent quarante six logements et trois tours de quinze étages. En 1972 fut vendue la dernière ferme d’Amblainvilliers.

Entre 1961 et 1986, six écoles furent élevées pour répondre aux besoins des nouvelles familles s’installant dans la commune. En 1975, la ville se dota d’un centre culturel dans les anciens communs du château Vilmorin et d’une salle des fêtes à proximité du vieux colombier. En 1975 toujours, la commune fit l’acquisition de l’arboretum municipal. La commune fut placée sous le feu des projecteurs à l’occasion des obsèques de l’ancien ministre de la Culture André Malraux.

Patrimoine religieux

Le patrimoine architectural de Verrières-le-Buisson est relativement varié des diverses époques d’occupation du site et bénéficie d’une politique de conservation et de classement importante.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

14.597 habitants

Région

Île-de-France

Département

Essonne
(91)

Trouver une église à Verrières-le-Buisson

Recherche
No data was found