Vienne

Histoire de Vienne

Vienne est une commune de Isère, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 31 051 habitants. Les noms actuels de la ville, Vienne en français et Vienna ou Vièna en arpitan, découlent directement du latin Vienna, lui-même issu d’un nom gaulois dont la signification demeure obscure. On ne connaît pas réellement l’origine de son nom, et plusieurs hypothèses ont été émises Albert Dauzat et Charles Rostaing, dans leur Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France ont écrit: Les premiers hommes sont apparus sur le site de Vienne dès le Néolithique moyen (4700-3400 ). Le premier habitat (foyers et matériel lithique) a été en effet découvert en 1920, sur une petite butte cristalline du quartier d’Estressin, proche du Rhône: le coteau Sainte-Hélène (vers 4000 ). D’autres vestiges sont attestés dans la plaine d’Estressin, sur les terrasses de Charavel, ainsi qu’à Saint-Romain-en-Gal (sépulture renfermant un crâne trépané, exposé aujourd’hui au Musée des beaux-arts et d’archéologie de Vienne). Plus jamais le site de Vienne ne fut abandonné par l’homme. Les époques suivantes ont fourni des témoignages archéologiques particulièrement abondants, principalement l’âge du bronze (2000-800 ). Trouvailles de haches, d’épées, de couteaux, de céramique témoignent de la grande importance du site de Vienne pendant cet âge, probablement un carrefour commercial majeur sur les voies du couloir rhodanien et l’axe entre les Alpes et le Massif central. Y fut trouvé le célèbre char processionnel à La Côte-Saint-André, exposé aujourd’hui au musée gallo-romain de Fourvière.

Les fouilles lors de son déménagement laissent découvrir l’ancien temple voué à Cybèle. On sait aujourd’hui que ces interprétations fantaisistes relèvent de l’étymologie populaire. Sa situation excentrée dans ce territoire, qui pourrait apparaître comme un désavantage, est compensée par l’importance des voies de communication: point de rencontre des routes menant aux cols des Alpes et au centre du Massif central, la capitale des Allobroges est également située sur l’axe rhodanien. L’emplacement occupé par le sanctuaire de Cybèle, à l’époque romaine, permet de découvrir des vestiges des premiers temps allobroges. Cet habitat gaulois comprend d’abord un double oppidum mis au jour dans les années 1950 et constitué par les collines de Pipet et de Sainte-Blandine. C’est sur ces collines que les Viennois se réfugiaient en cas de danger. Des objets de la vie quotidienne (ustensiles de cuisine, outils, fibules, chenets) y côtoient des objets de prestige importés d’Italie (vaisselle en bronze, objets liés au service du vin), ce qui confirme l’importance de ce site urbain. Mais l’établissement gaulois s’étend aussi en contrebas de Pipet, sur un plan incliné constitué par l’ancien cône de déjection de la Gère et qui va jusqu’au Rhône.

Cet habitat permanent est révélé par les fouilles du sanctuaire de Cybèle dès 1945. Vienne est aussi un port et, à ce titre, depuis plusieurs siècles, elle commerce avec Marseille, le monde grec, et avec l’Italie. Au, Strabon appelait déjà Vienne la capitale des Allobroges. La puissance de Rome s’est manifestée en Gaule. À l’appel de Marseille, les Romains ont franchi les Alpes en 125 av. et détruit le chef-lieu du peuple des Salyens, Entremont, près d’Aix-en-Provence. Les chefs salyens se réfugient alors chez les Allobroges. Ceux-ci refusent de livrer leurs hôtes aux Romains.

L’armée romaine remonte le Rhône. Sans attendre leurs alliés Arvernes, les Allobroges engagent le combat près du confluent du Rhône et de la Sorgue. Ils sont écrasés, laissant sur le champ de bataille des leurs et prisonniers. Quelques mois plus tard, cette fois avec l’aide des Avernes, ils sont de nouveaux battus par les troupes romaines au confluent du Rhône et de l’Isère. Le territoire allobroge est annexé et entre dans la nouvelle Provincia (province, d’où viendra le nom de Provence) qui s’étend sur le Sud-Est de la Gaule. En conséquence, la cité allobroge perd toute liberté et est soumise à l’impôt qu’en tant que vaincue elle doit à Rome. Cet impôt est très lourd, d’autant qu’il est affermé à des sociétés de publicains, soutenues par les gouverneurs qui en profitent pour réaliser d’énormes fortunes sur le dos des provinciaux. Déjà éprouvés par les invasions des Cimbres et des Teutons, en 107 av.

J.-C., les Allobroges se rebellent. L’envoi de deux délégations à Rome n’aboutit à aucun résultat. J.-C., Catugnatos, « chef de toute la nation », entraîne les Allobroges dans la révolte. Pendant deux ans, il tient tête aux légions romaines. Mais le pouvoir de Rome est trop solide. J.-C., le proconsul Pomptinus s’empare de Solonion, ce qui met fin à la guerre. Vienne est évoquée dans la guerre des Gaules (58-52) sous la plume de Jules César. Les Allobroges, qui étaient venus à Rome pour se plaindre des conditions économiques de leur province et de la cupidité de leurs magistrats rencontrent les conjurés, qui font feu de tout bois et tentent de se rallier tous les mécontents, y compris des Gaulois.

Après quelques hésitations, les Allobroges se rallient au pouvoir en place. Sur l’incitation de Cicéron, ils obtiennent des conjurés de précieuses informations. Ils exigent même une lettre d’intention signée des conjurés, qui tombent sans se méfier dans le piège. Interceptés à leur départ de Rome, les Allobroges remettent cette lettre au Sénat. Le Sénat n’a plus alors qu’à cueillir les partisans du coup d’État. Les sénateurs, reconnaissants, votent des récompenses pour les fidèles Allobroges. Sur le vase à médaillon d’applique est inscrit: (Vienne est heureuse, puissante et florissante, car son empereur est en bonne forme). On sait que le cours irrégulier du Rhône y engendra des terrasses inondables jusqu’à la fin du

Pendant la guerre des Gaules, Vienne est fidèle à Jules César. D’ailleurs c’est à Vienne qu’il installe un corps de cavalerie de renfort. Ainsi, après la guerre, certains Allobroges sont récompensés. J.-C., Tiberius Claudius Nero, père du futur empereur Tibère, aurait installé à Vienne d’anciens soldats de troupes auxiliaires, mais pour peu de temps, puisqu’au lendemain de l’assassinat du dictateur, en 44 av. J.-C., ils sont expulsés et vont s’établir au nord, au confluent du Rhône et de la Saône où, l’année suivante, Lucius Munatius Plancus fonda pour eux la colonie de Lugdunum. Il n’y eut peu de conséquences pour Vienne. Les origines de la colonie romaine de Vienne sont fragmentairement connues et ont fait l’objet d’hypothèses diverses. On a longtemps estimé que Vienne fut promue dès 40 av.

J.-C., colonie latine par Jules César sous le nom de Colonia Julia Viennensis. Selon cette hypothèse c’est en 44 av. J.-C., qu’une révolte gauloise chassa les Romains de Vienne qui fondèrent une autre colonie à proximité, à Lugdunum. Octave aurait ensuite réinstallé une colonie à Vienne. On présume plutôt aujourd’hui que les Romains furent chassés de Vienne en -62 lors de la révolte de Catugnatos. Ce n’est donc que sous Octave que la cité aurait reçu, comme Nîmes, le statut de colonie latine. Vienne devient rapidement un centre important du commerce et des échanges avec la Méditerranée, de vastes entrepôts découverts à Saint-Romain-en-Gal en témoignent. Elle s’étend alors de part et d’autre du Rhône.

En 48, dans son discours au Sénat, reproduit par la Table claudienne (exposée au musée gallo-romain de Fourvière), l’empereur Claude évoque: « ornatissima ecce colonia valentissimaque Viennensium » (la très puissante colonie des Viennois, richement ornée). Elle obtient le privilège impérial de s’entourer d’une muraille dès le Cette muraille fait de long, soit la plus longue des Gaules; la superficie enclose, 250 ha environ, en fait également une des plus importantes villes des provinces gauloises. Entre 35 et 41 elle fut promue au statut de colonie romaine, sans doute par Caligula. Elle fut un centre important durant la période romaine, rivalisant avec sa voisine Lugdunum (Lyon). Sa parure monumentale édifiée sur des terrasses successives dominant le Rhône était impressionnante et de nombreux vestiges en témoignent: temple d’Auguste et de Livie, arcades du forum, théâtre et odéon, hippodrome, murailles, thermes sont encore partiellement ou totalement en élévation. De nombreuses découvertes et fouilles archéologiques depuis le offrent l’image d’une cité riche et puissante: des monnaies (As de Vienne, Dupondius…), de très nombreuses mosaïques, des fresques, travail du marbre (statues, colonnes…), de la vaisselle de terre cuite, Vienne se distingue par une production de céramiques fines de tradition italique et des vases de tradition celtique avec une production qui atteint un rythme presque industriel avec de nombreux ateliers, ainsi que le travail du plomb sous-produit de l’extraction de l’argent, est attesté par plus de 70 signatures de plombiers qui figurent en particulier sur des tuyaux, les archéologues supposent que les mines de plomb locales intensément exploitées au l’étaient déjà durant l’Antiquité, mobilier. C’est à Vienne qu’apparaît pour la première fois en Gaule une colonie juive, où fut exilé Hérode Archélaos, ethnarque de Judée en l’an 6 de notre ère. Decimus Valerius Asiaticus, dit Asiaticus le Viennois de la gens Valerii, est sénateur romain, consul deux fois, en 35 et en 46, il possède « les jardins de Lucullus ».

Vienne, durant le Moyen Âge, devient une cité de très grande importance, près des centres de pouvoir, des grands courants d’échanges elle est impliquée par les grands conflits qui secouent les grandes puissances. Au Haut Moyen Âge, les Radhanites animent le commerce international et font de Vienne un de leurs importants centres de commerce. En l’an 500, Vienne se trouve mêlée à un conflit de pouvoir fratricide, Gondebaud instigateur de la mort de ses frères Godomar et Chilpéric (père de Clotilde), souhaite que Godégisile son frère, lui restitue la ville fortifiée qu’il occupe à la suite d’un complot que ce dernier avait fomenté avec l’appui de Clovis et qui visait à l’éliminer. Gondebaud vient assiéger Vienne et parvient à s’en emparer grâce à un stratagème que nous a rapporté Grégoire de Tours: « Quand les aliments commencèrent à faire défaut au menu peuple, Godegisel craignit que la famine ne s’étendît jusqu’à lui, fit expulser le menu peuple de la ville. Ce qui fut fait; on expulsa, entre autres, l’artisan à qui incombait le soin de l’aqueduc, irrité d’avoir été chassé de la ville, il se rend chez Gondebaud, et lui indique comment il pourrait faire irruption dans la cité en passant par un aqueduc. Guidé par l’artisan, les troupes entrent et s’emparent de la ville, et Godegisel est tué ».

Le rôle politique de Vienne se poursuit après la fin de l’Empire: l’évêque de Vienne Avit (490-525) qui prêche une homélie au baptême catholique de Lenteildis (Lantechild) sœur de Clovis, a pu contribuer à la conversion de Clotilde (nièce de Gondebaud qui a vécu auprès de lui), il eut part à la conversion de Clovis qu’il félicite pour son baptême; il convertit Sigismond, fils du roi de Burgondie Gondebaud. Il favorise la fondation de Saint-Maurice d’Agaune (en Suisse), il convoque en 517 le concile d’Épaone. L’évêque Pantagathe (mort en 540) est questeur de plusieurs rois burgondes. Le Sénat de Vienne est mentionné jusqu’à la fin. Vienne demeure un centre d’enseignement des Lettres classiques, ce qui vaut à l’évêque Didier (596-607) d’être rappelé à l’ordre par le pape Grégoire le Grand. Bède (Codex Amiatinus) relate que Benoît Biscop, se rendit cinq fois a Rome pour acheter un nombre considérable de livres en 674, et laissa en dépôt temporaire à Vienne ses précieux manuscrits. Vers 730, la ville est attaquée par les Sarrazins, qui pillent la vallée du Rhône. Elle retrouve un rôle de premier plan lorsque l’Empire Carolingien se désagrège.

En 844,Gérard II de Paris (beau-frère de l’empereur Lothaire ) reçoit le duché de Lyon qui comprend le comté de Vienne et de Lyon afin d’en assurer le commandement militaire et de repousser les raids des Sarrasins encore présents en 842 dans la région d’Arles. En août 869, à la mort de Lothaire II de Lotharingie et à la suite du traité de Meerssen qui organise sa succession, Charles le Chauve négocie avec son demi-frère Louis II le Germanique et obtient le comté de Lyon et celui de Vienne. Girart II qui avait été nommé régent du duché et du comté, refuse ce partage et entre en rébellion contre Charles le Chauve qui lui avait déjà ravi le comté de Paris. Dès lors le roi de Francie occidentale marche rapidement avec son armée sur Lyon qui ne résiste pas, puis sur Vienne, dont la défense est dirigée par Berthe, la femme de Girart. La ville fortifiée résiste pendant plusieurs mois, mais les troupes dévastent la campagne. Girart accourt et demande une capitulation honorable. Cette demande est acceptée et Girart cède alors Vienne à Charles le Chauve qui en prend possession la veille de Noël de l’an 870. Profitant de l’affaiblissement du pouvoir impérial, Boson se fait élire roi de Provence en 879 sous le titre de Boson de Provence et installe à Vienne sa capitale.

Cependant, il déclenche une guerre avec les empereurs successifs et Vienne est assiégée à plusieurs reprises. Le siège de fin 880 par les troupes de l’alliance des rois carolingiens Charles III le Gros, Louis III de France et Carloman II de France est défendu avec succès par Ermengarde, l’épouse du roi Boson. Après des assauts réitérés et furieux, mais inutiles, les trois monarques prirent la résolution de changer le siège en blocus. Ce blocus dura jusqu’en 882, après quoi la ville fut contrainte d’ouvrir ses portes. Les troupes de Charles III le Gros, nouvellement élu empereur germanique d’Occident, prirent la ville qui fut pillée et incendiée. Boson sera finalement reconnu roi de Provence en 884. Le 11 il meurt à Vienne, et est inhumé dans la Cathédrale Saint-Maurice. Son épouse Ermengarde fille de Louis II le Jeune est nommée régente du royaume de Provence avec l’aide de Richard le Justicier, frère de Boson.

Louis III l’Aveugle, fils de Boson et de Ermengarde, se fait élire et couronner roi d’Italie le 5 octobre 900, puis empereur d’Occident de février 901 à juillet 905, rendu aveugle, il revient à Vienne sa capitale d’où il règne sur le royaume de Provence jusqu’en 911. Vienne est ensuite restée la capitale du Dauphiné, capitale du royaume de Provence, depuis 882 capitale du royaume de Francie occidentale, et de 933 jusqu’en 1032 capitale du royaume d’Arles. Le royaume constitué par son père, s’étend de la Mer Méditerranée à la Franche-Comté, finit par être rattaché au Saint-Empire romain germanique en 1032 à la mort sans héritier de Rodolphe III. Calixte II confirme à l’église de Vienne son rang archiépiscopal et sa juridiction sur six évêchés suffragants, c’est-à-dire dépendant de Vienne: Genève, Grenoble, Valence, Die, Viviers et Maurienne. Il lui donne aussi celui de Primat des Primats des Gaules, avec la primatie sur six archevêchés: Bourges, Bordeaux, Auch, Narbonne, Aix et Embrun. Son rang d’archichancelier du sacré palais de Bourgogne lui est confirmé par une bulle d’or de 1157 de l’empereur Frédéric Barberousse. Les grandes arcades de la nef de la cathédrale témoignent encore de la puissance de l’archevêque dans la première moitié du, rassemblée autour de Saint-André-le-Bas, est florissante. Le est marqué par la personnalité de l’archevêque Jean de Bernin (1217-1266).

Il fait rebâtir le chœur de la cathédrale, fait enlever les sépultures des rois de Bourgogne (le roi Boson, d’Ermengarde veuve du roi Rodolphe, et celle de Mathilde femme du roi Conrad) pour faire construire les chapelles de Notre-Dame, de Saint-Jean, de Saint Maurice & des Maccabées (détruites en 1804 et 1805). Le mercredi 19 avril 1251, le pape Innocent accompagné des cardinaux et de la curie romaine et de l’archevêque élu de Lyon, Philippe de Savoie ancien doyen de Vienne vinrent à Vienne, le lendemain le pape consacra la cathédrale sous le titre de Saint Maurice et l’enrichit d’indulgences perpétuelles. Jean de Bernin fait édifier le Château de la Bâtie, l’Hôtel-Dieu du pont sur le Rhône, ainsi qu’une chapelle surmontée d’une croix (le surpoids engendra la chute d’une pile du pont), il donne des libertés aux bourgeois de Vienne qui élisent désormais des consuls. Le livre à la Chaîne qui consigne ces libertés, est aujourd’hui conservé aux Archives municipales de Vienne. Cependant, en 1253, Jean de Bernin légat du Pape Grégoire IX, favorisa des mesures discriminatoires, à l’encontre des habitants de la province de confession juive. À cette époque, un autre acteur politique apparaît: le chapitre de la cathédrale, composé de chanoines, devient une entité distincte de l’archevêché. Il prend part aux conflits où figurent également les Dauphins et les comtes de Savoie. De nouveaux ordres s’établissent: les franciscains, à Sainte-Colombe au début du, et les antonins aux Portes de Lyon à la fin du même siècle et l’archevêque Guillaume de Livron imposa le port infamant de la rouelle cousue sur les vêtements des Viennois juifs.

Des Juifs habitent en Dauphiné depuis le. À Vienne, ils disposent au d’une belle synagogue. Les personnalités les plus influentes de toute l’Europe: cardinaux et évêques, légats, sont réunis à Vienne, autour du pape Clément et du roi de France Philippe le Bel accompagné de ses fils. L’assemblée proclame la dissolution de l’Ordre du Temple et la confiscation des biens des Templiers (décrétales: les « Clémentines »). La création de l’ordre militaire: la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, précurseur de l’Ordre du Temple fut constitué en 1118 durant la querelle des investitures sous l’œil bienveillant de Gui de Bourgogne archevêque de Vienne qui fut élu pape quelques mois plus tard, et c’est à Vienne encore que l’ordre est abrogé par Clément qui avait voulu, lui aussi, se faire couronner à Vienne comme son lointain prédécesseur le pape Calixte II. Mais Philippe le Bel avait préféré Lyon et le nouveau pape avait obtempéré. Devant l’opulence de Vienne, le roi Philippe le Bel annexe Sainte-Colombe à son royaume et fait bâtir la Tour des Valois en 1336, qui contrôle le débouché du pont. En 1312, le rattachement de Lyon au royaume de France est acté au concile de Vienne par l’acceptation de l’archevêque Pierre de Savoie du Traité de Vienne.

Le dynamisme de Vienne marqué par l’installation des dominicains et des carmes (fin du ), est anéanti par les difficultés des: famine, peste noire, dévastation de l’arrière-pays par les bandes armées de la guerre de Cent Ans, transport du Dauphiné de Viennois à la France le 30 mars 1349, par le Traité de Romans, où le dauphin Humbert II vend ses États (sauf Vienne) au roi de France Philippe VI de Valois(La cérémonie officielle a lieu à Lyon Place des Jacobins le 16 juillet 1349). Humbert II fit ensuite une carrière distinguée, en France du Nord. Comme le roi l’avait promis lors de son séjour à Sainte-Colombe, en 1343 par lettres patentes datée d’août de la même année, désormais lui et ses successeurs à qui appartiendra le Dauphiné seront appelé Dauphin de Viennois. La ville, qui relève toujours du Saint-Empire romain, se trouve encerclée par le royaume de France. Finalement, l’archevêque reconnaît l’autorité royale en 1450 (par le Traité de Moras), mettant fin à l’indépendance de facto de la ville. Cette période est également une période de grande prospérité économique pour la ville. En effet, le denier de Saint-Maurice, monnaie officielle frappée à Vienne, est présent du diocèse de Langres à celui de Montpellier en passant par ceux de Genève et Arles. Elle n’est pas seulement faite d’espèces sonnantes et trébuchantes, mais de système de comptes fondée sur le deniers viennois par rapport auquel les diverses monnaie réelle s’alignent.

Cette puissance de la monnaie s’explique par une grande richesse économique due à une prospérité du commerce. La ville de Vienne possède deux foires instituées en 1416 par l’empereur Sigismond lors de son passage à Vienne, l’une commence le lendemain de l’Ascension, l’autre le lendemain de la Saint André (30 novembre). En 1486 Charles concède deux autres foires franches perpétuelles: la première qui commence le 15 mars, la seconde qui ouvre le 15 octobre. Il y a aussi celle du Dauphin qui commence le 11 novembre (Foire de la Saint-Martin), et celle de l’archevêque en juin. La balance commerciale des viennois parait largement excédentaire. Le fleuve dans ce dynamisme, joue également un rôle prépondérant. La ville reçoit par le Rhône, bois et pierre, poisson de Saône, et charges de toile, meules de Bourgogne, et surtout sel de Camargue qu’elle redistribue grâce à son grenier dans le Bas Dauphiné. Elle concentre et revend, aux méridionaux du blé (indice sur de l’importance de ce trafic, le setier de Vienne équivaut à la sommée grosse d’Avignon), des arbres voiliers (des mats) et de longues antennes (des vergues) provenant des futaies du Pilat.

Dès 1478 Johannes Solidi (Bâle) imprimeur typographe introduit l’imprimerie à Vienne, il est suivi en 1481 de Eberhardt Frommolt (Bâle), et de Pierre Schenck en 1483, ils produiront des incunables. Aux, le quartier d’Outre-Gère est protégé par des remparts, comme plus au sud. L’utilisation des eaux de la Gère pour des activités artisanales est attestée dès l’Antiquité. Au Moyen Âge, de nombreux moulins sont exploités pour la fabrication du papier, des martinets actionnés par l’action motrice de l’eau servent à battre le fer et Vienne devient un centre de fabrication d’épées renommées. Selon l’historien Claude Charvet une fabrique d’épées existait déjà en 1316 (moulin loué à Étienne de l’Oeuvre). Ce quartier artisanal prend un nouvel essor avec l’installation par le Dauphin Louis, futur roi Louis, d’une fabrique d’armes. Selon sa volonté, le 13 janvier 1452 Huguet de Montaigu (Angers) Sommelier des armes (officier de la maison du Roi qui a la charge des armes propres au Roi ou des Princes), s’installa au moulin de la Motte, pour forger des lames d’épées et armures (faulx et harnois).

Le Dauphin Charles avait par lettres patentes, données à Vienne le 9 février 1420, institué les deux premières foires de Lyon, et c’est aussi dans cette ville, que les lames d’épées et les dagues seront écoulées. Les forges seront en activité le long des rives de la Gère, et l’excellente réputation de la trempe de ses lames amèneront à désigner les épées du nom de la ville: « VIENNE ». Le 5 août 1524 par lettres patentes le roi François accorde au Viennois François Moleyron, le prestigieux privilège du statut de Maître forgeur ordinaire de ses épées, et lui impose une marque de fabrique déterminée (un bâton coupé par trois traverses qu’unissent deux cercles). En 1553, Antoine Chastel (Pierre Antoine Chataldo), forgeur d’épées, exploitait à Pont-Évéque le martinet de l’Oeuvre, qui appartenait à Guy de Maugiron. Son fils Laurent de Maugiron, était un proche du roi François, il fit carrière dans les armes en qualité de capitaine de l’armée royale dans les guerres contre l’Espagne, il fut aussi lieutenant-général du Dauphiné et gouverneur de Vienne. L’archevêque de Vienne Charles de Marillac, pendant un temps, fut l’un des plus intimes favoris du roi François, qui le fit membre de son conseil privé.
1908-1911.
Jardin de ville. La fin du et la première moitié du sont marquées par un nouvel essor de la ville: de nombreux hôtels particuliers sont édifiés, la cathédrale est achevée, des aménagements sont réalisés à l’église Saint-Pierre.

Le 30 novembre 1512, les consuls font venir un salpêtriers (fabricant de poudre explosive). Par lettre datée du 8 janvier 1537, le roi François porte commission à la ville de Vienne, de lui fournir de la poudre noire. Le 3 avril 1538, le roi réclame de nouveau à la ville soixante quintaux de salpêtre. Le 22 août 1544, les consuls délivrent 10 659 livres (4,8 t) de salpêtre pour le compte du roi. Le roi Henri adresse le 5 octobre 1557 une lettre aux consuls pour la fabrication du salpêtre dans la ville. Le 11 septembre 1581, 11 800 livres (5,3 t) de poudre à canon sont conduites à Lyon. Le commerce est en pleine expansion, et de nombreux artifices se construisent sur la Gère: moulins à blé, martinets pour façonner le cuivre et battre le fer, battoir à chanvre, foulon à drap… En septembre 1515 sont dénombrés 5 moulins à papier, comptant au total 18 roues, et en 1518, un nouvel artifice comportant 2 roues est construit.

Ces fabriques de papier constituent la première industrialisation tant le processus de transformation est très élaboré et normalisé et que les quantités de production sont importantes. L’Humanisme de la Renaissance est prépondérant à Vienne, avec la présence du médecin et correcteur d’imprimerie Michel Servet: découverte de la petite circulation du sang (pulmonaire) et remise en question du sens des textes sacrés. À la suite de la première grève ouvrière recensée dans l’histoire (le « grand tric », 25 avril 1539), des prestigieux imprimeurs lyonnais, diffuseurs de la connaissance, s’installèrent à Vienne. Ce fut le cas de Gaspard Trechsel (employeur de Servet à Lyon), Balthazar Arnoullet (en 1551), Guillaume Guéroult, Macé (Mathias) Bonhomme (en 1541). Tous ces imprimeurs ainsi que Michel Servet étaient liés à l’ensemble du milieu intellectuel et humaniste de la Renaissance. Les ouvrages de Mathias Bonhomme (imprimeur en 1555 de la première édition des prophéties de Nostradamus) sont aussi riche d’enseignement, car outre qu’ils nous permettent de savoir que Pierre Coustau avocat et juriste a vécu un temps à Vienne et qu’il est à l’origine d’une innovation par rapport au prototype « Alciatique » en joignant le droit et la poésie (bien plus tard Decomberousse mettra le code Napoléon en vers), mais aussi, ils ont l’avantage de nous faire connaitre les illustres médecins présent à Vienne comme Jérome de Monteux en 1525 qui parle de la peste qui sévissait cette année-là dans la ville, ainsi que Jacques de Calumpna, Jacques Olivier (médecin ordinaire du roi) présent à Vienne de 1541 jusqu’à sa mort en 1563. Symphorien Champier (ami de Servet) fait publier la toute première histoire de Vienne en 1529. En aout 1539, Le roi François promulgua l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui renforça la justice royale au détriment de la justice ecclésiastique.

Ce fait de la justice ne put être appliquée à Vienne, le parlement du Dauphiné ne voulant pas l’enregistrer:. Le 23 février 1540, le roi François donna une nouvelle ordonnance, adaptée au Dauphiné, l’ordonnance d’Abbeville. En juillet 1564, le jeune roi de France Charles IX, lors de son grand tour de France organisé par sa mère Catherine de Médicis constata, que selon les diocèses, l’année débutait soit à Noël à Lyon ou en Savoie, soit le 25 mars à Vienne, ce qui provoquait des confusions. Afin d’uniformiser son royaume il promulgua l’Édit de Roussillon le 9 août 1564, et c’est seulement depuis cette date qu’à Vienne l’année débute en janvier. En 1555, un fabricant de velours de Lyon monte à Vienne quatre métiers de velours et taffetas. Un bourgeois de Saint-Chamond, Jean Lescot signa le 8 décembre 1557 un accord avec les consuls afin qu’ils puissent monter trois moulins à soie, et en échange il s’engageait à employer 600 pauvres de la ville, les moulins cessèrent leur activité à la fin de l’année 1565.
Les guerres de Religion frappent deux fois la ville en 1562 et en 1567 mettant fin à ce dynamisme retrouvé. La fabrication des épées devint florissante au, elle perdura au, puis disparut peu à peu: en 1705 il ne restait plus que trois armuriers, quatre fourbisseurs et un éperonnier. En 1726, François de Blumenstein crée une fonderie d’argent et de plomb pour exploiter les gisements des environs.

De même en 1721, la première fabrique de drap de laine s’implante dans la même vallée. Le voit ainsi les débuts de l’industrialisation de la ville. Par un édit royal de septembre 1772, Louis, porte la création d’un office de Lieutenant du prévôt général de la maréchaussée (compagnie de Gendarmerie), du département du Dauphiné à la résidence de Vienne. La Révolution à Vienne accélère les modifications qui se dessinaient. L’autorité municipale est confirmée. Grenoble, déjà siège du parlement du Dauphiné depuis le, devient préfecture du département de l’Isère au détriment de Vienne qui voulait que soit créé soit le département de la Gère ou que Vienne soit réunie au département de Lyon, comme le lieu où elle a les plus grandes facilités de correspondre et les plus fortes raisons de se lier par rapport à son commerce. La division départementale sépare les deux rives du Rhône. Le conseil général de la commune dans une adresse à la Convention nationale du 18 messidor an III, s’élève avec véhémence contre la concentration à Grenoble de toute la vie publique et de tous les rouages administratifs

Vienne, enfin qui a fourni dix mille pièces d’étoffe de trente aunes aux armées de la République, des cuirs, des cuivres, des armes pendant la loi du Maximum, qui fait les généreux efforts pour extraire des métaux des mines de plomb et qui sont en activité. C’est en vain qu’on exagère les avantages de notre commerce, la fertilité de notre territoire; ces avantages doivent être encouragés et non détruits. Sans instruction, sans tribunal de Justice, sans corps administratifs, quelle ressource peuvent avoir le commerce et une population active? Dès le 4 brumaire, le conseil général de la commune de Vienne adresse de nouveau une lettre à la nouvelle Assemblée nationale, en reprenant les précédentes doléances, et rappelle que selon l’article 220 de la constitution Vienne peut conserver son tribunal civil, et sinon, menace de faire sécession avec Grenoble en réclamant, que conformément aux dispositions de l’article IV de la Constitution, que les limites du département fussent changées, et que de cette manière nous fussions réunis au département de Rhône dont le chef-lieu est fixé à Lyon, très peu éloigné de Vienne [selon la Constitution du 5 fructidor an III, article 4: ]. Dès le 24 novembre 1789 le Comité général de la ville de Vienne inquiet, avait déjà adressé un long mémoire à l’Assemblée nationale pour demander que la ville fut choisie pour chef-lieu du département, en rappelant pour appuyer cette réclamation que Louis y avait établi le siège du bailliage toujours présent et dont le ressort s’étendait sur 105 communautés, formant environ 330 paroisses ou succursales. Que la justice de ces communautés, en première instance, fut fixée à Vienne par François en 1542, sur la demande des Trois États. Que Louis, en 1628, y établit un Tribunal d’élection et, en 1638, une Cour des aides qui fut supprimée en 1658. Que si Vienne n’est pas choisie pour former un chef-lieu de département, elle sera réduite à une défection totale, par la perte simultanée de sa juridiction, de son siège archiépiscopal, de son corps ecclésiastique, de la consommation de son revenu, de l’exercice en première instance des justices seigneuriales et d’une grande partie du ressort de son bailliage, ce qui entrainera nécessairement sa dépopulation.

De surcroit Vienne perd aussi la partie de son territoire située sur la rive droite en franchissant le Rhône. Le poids de l’Église sur la ville continue de se réduire. Les monastères sont supprimés. L’archevêché l’est également, malgré le rôle de l’archevêque Lefranc de Pompignan à l’Assemblée constituante. Il préside d’abord l’assemblée des trois ordres du Dauphiné, avant d’entraîner, aux États généraux de 1789. À Vienne, l’urbanisme traduit ce changement; le palais archiépiscopal ainsi que les cloîtres de la cathédrale sont détruits pour percer une place et de nouvelles rues, les couvents sont vendus comme bien nationaux: églises et bâtiments sont divisés en appartements (les Antonins, les Carmes, les Dames de Sainte-Colombe, Saint-André-le-Bas, Saint-André-le-Haut…) ou réutilisés par la commune (Notre-Dame-de-la-Vie, Saint-Pierre). De nouveau, une manufacture de lames de sabres et baïonnettes est mise en place le long de la rivière Gère, et une lettre du Comité de Salut public du 18 septembre 1793, avertissait les officiers municipaux de l’arrivée d’un commissaire, ayant pour mission d’engager les ouvriers qui fabriquent des lames de sabres pour la cavalerie. Le corps municipal répond en disant qu’il existait anciennement à Vienne une fabrique de lames d’épées renommée pour l’excellence de sa trempe, et qu’il y avait aussi, une fabrique d’ancres de marine, qui a cessé par suite de l’éboulement du chemin qui conduisait au Rhône où on les embarquait pour les ports de la Méditerranée, et même de l’Océan par le canal du Languedoc.

Les représentants du peuple en mission Jean-Marie Collot d’Herbois, Albitte et Fouché se sont rendus à Vienne et ont obtenu de Étienne de Blumenstein concessionnaire des mines de plomb qu’il livre au département de la guerre 1200 quintaux de plomb par an. Des manufactures de draps conçoivent des pièces de couleurs bleu national, bleu céleste, écarlate, vert dragon et blanc, pour habiller les frères d’armes révolutionnaire. Le citoyen Lara, salpêtrier qui possède deux ateliers à Vienne, est commissionné par le Conseil exécutif pour l’extraction de poudre à canon. Il offre de mettre le plus grand zèle et exactitude aux fonctions qui lui sont confiées. Le 21 floréal 1794 ses ateliers seront inspectés par l’Agent du district, et à cette date ce sont déjà 140 quintaux (14 t) de salpêtre qui auront été livrés. En 1819, une émeute a lieu contre les machines à tondre les draps en laine, qui prive d’emploi les tondeurs de drap qui travaillent à la main. Ils attaquent et détruisent les machines; ce sabotage contre ces « mécaniques plus pernicieuses qu’utile » est justifié dans leur pétition adressée au maire comme provoquant la « suppression générale des bras ». En 1840 avec son épouse Jeanne, et leur petit fils Michel Josserand, Laurent Mourguet marionnettiste « Guignol » s’installent rue des serruriers (rue Joseph Brenier), il fonde plusieurs théâtres et créé le personnage du Baron de Blumenstein, s’inspirant de l’industriel Viennois qui exploite les mines de plomb argentifère.

La production industrielle se développe au cours. La spécialisation de Vienne dans le traitement de la laine s’affirme à la même période. De nombreuses entreprises sont créées dans la vallée de Gère qui constitue un ensemble urbain révélateur de cette activité: usines et logements ouvriers s’étagent le long de la rivière, scandés par le rythme vertical des cheminées en brique. En 1846, d’une vingtaine de mètres de draps sont produites par plus de et façonniers et en 1881 plus de de tissus. Cette prospérité énorme était la conséquence de l’ouverture de la ligne du chemin de fer de Paris à la Méditerranée, de l’exposition universelle de 1855, ou Vienne obtint de nombreuses médailles. Le textile n’est du reste pas la seule industrie Viennoise: sont tannées dans une douzaine d’ateliers en 1730 (les nombreuses cuves donneront le nom au quartier: Cuvière), et deux en 1839, bien que cette activité soit décroissante la réputation des  » vaches tannées à Vienne  » se maintient. La deuxième industrie de la ville, est la métallurgie: de la fonderie des hauts fourneaux sort chaque jour une quinzaine de tonnes de fer, une à deux tonnes de cuivre, cette usine emploie plus de et utilise la plus puissante force hydraulique de la région. L’entreprise Gris frères, qui a mis au point un procédé de soudage de la fonte a fourni toute l’installation de la Cie des Aciéries de Saint-Étienne.

Enfin les mines de zinc de la Poype qui semblent justifier les plus vastes ambitions. Parmi les autres industries, à côté de quelques ateliers de constructions métalliques qui fournirent des machines pour la papeterie, les draps et soieries, on trouve des forges, de nombreuses minoterie, une salpêtrière, plusieurs taillanderies, deux chapelleries dont l’une mécanique, la manufacture de chaussures Pellet Ainé & fils fondée en 1860, plusieurs papeteries, une cartonnerie, une soierie, une fabrique de savons et de bougies (plus de par an), une usine de graisses et huiles industrielles, une fabrique de pâtes alimentaires, une verrerie à bouteilles noir en activité de 1792 jusqu’en 1879 (« porte d’Avignon » située sur une partie de l’ancienne Abbaye Saint Pierre). Vers 1827 est fondée la brasserie Windeck qui, en 1855 produisait, et en 1875, elle fabriquait de bière. La Brasserie Marque installée en 1842 sur les bords du Rhône. La quasi-totalité de ces activités sont concentrées dans la vallée de la Gère. Sur, celle-ci franchit et anime. 2 Distillateurs de liqueurs sont aussi présent: Jh.Ponthon et, en 1821 Galland Neveu (Médaille d’or à Paris en 1889 a l’exposition universelle). Quelques châteaux d’industrie subsistent également à Vienne et dans ses environs.

L’industrie touche d’autres quartiers: à Estressin, un four à chaux établi en 1861. En 1830 est produit à Pont-Évêque 630 tonnes de cuivre affiné, 56 tonnes de plomb, on comptait deux hauts fourneaux, une fonderie d’or et d’argent, six fonderies de deuxième fusion, la production totale montait à 23 000 tonnes pour un effectif de 1000 ouvriers et une force motrice de 680 chevaux. Il y avait une tuilerie au bord du Rhône au nord de Vienne, les « Établissements réunis Pascal-Valluit » constituent la plus forte concentration ouvrière de Vienne, employant jusqu’à deux mille ouvriers. C’est le meilleur exemple de paternalisme de la ville. Les quartiers sud sont également marqués par l’activité drapière, de manière moins dense. La rive droite du Rhône est en retrait: Saint-Romain-en-Gal demeure un village encore rural, tandis que Sainte-Colombe voit s’établir quelques industries textiles et mécaniques. En 1875, un accord avec l’Etat fut signé qui mène à la construction d’une caserne de cavalerie entre 1882 et 1886 dans le nouveau quartier Saint-Germain. Avec la dissolution du régiment le 30 juin 1990, la caserne devient un centre d’affaires (Espace Saint-Germain) et son manège devient en 2018 une salle de spectacle.

Des œuvres sociales se développent pour améliorer les conditions de vie des ouvriers et de leurs familles: Maturité maternelle (1894), service d’hygiène infantile, colonies de vacances (1925), Caisse d’allocations familiales, Office public viennois d’habitation à bon marché (1919), jardins ouvriers… Cette forte population ouvrière porte au pouvoir des maires radicaux et socialistes, comme Camille Jouffray (de 1889 à 1899) ou Joseph Brenier (de 1909 à 1919). Les coteaux faisant face à Vienne, côtes-rôties et condrieux, et plus récemment le vignoble des coteaux de Seyssuel, prennent la suite des vins de l’Antiquité: « Taburnum, Sotanum, Ellincum » (dont les poissés viennois du cépage Vitis allobrogica est à l’origine de la famille des Sérines: Syrah, Viognier), vins réputés thérapeutiques pour leurs vertus médicinales qui aident a la digestion et nettoient, encensés par Pline l’Ancien, par Martial, Celse, Columelle, Plutarque, bien qu’ils soient probablement différents du point de vue gustatif. Vienne a été inscrite au réseau national des Villes et Pays d’art et d’histoire. En août 1932 est rapporté que le LZ 127 Graf Zeppelin survole Vienne après son passage à une quinzaine de kilomètres de Lyon et après avoir survolé Saint-Paul-de-Varax dans l’Ain. Il passe ensuite aux Saintes-Maries-de-la-Mer et se rend en Amérique du sud.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

31.051 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Isère
(38)

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