Villabé
Histoire de Villabé
Villabé est une commune de Essonne, en Île-de-France, qui compte 5 457 habitants. Le lieu où se situe Villabé est mentionné dans un ouvrage sous l’appellation Terra Sancti Marcelli en 847 et sous la forme latinisée en 1093 (cartulaire de Longpont). Vers 1750, le nom du village s’orthographiait Villabbé sur une carte de Cassini, mais aussi Ville Abbé sur le plan d’intendance de la paroisse en 1785. La commune fut créée en 1793 avec son nom actuel ou de « village ».
Le second élément -abé représente l’ancien français abbe « abbé ». En réalité Villabbe est la forme contractée de Ville l’abbe « domaine de l’abbé ». C’est un cas régime sans préposition (ni a ni de) caractéristique de l’ancien français, formule fréquemment employée lorsque le déterminant est une personne.
Il s’est fixé dans des noms de lieux comme, Bourg-la-Reine ou Bois-l’Abbé, etc. Ce type de composé toponymique en Ville- (déterminé + déterminant) est caractéristique des formations plus tardives et plus méridionales que celui en -ville (déterminant + déterminé), de sorte que Villabé a pour homonyme les nombreux, généralement latinisés en dans les textes rédigés en latin médiéval.
La découverte aux de silex taillés dans le parc du domaine de Montauger, réparti sur les territoires des communes de Lisses et de Villabé, atteste d’une présence humaine dès l’Âge de la pierre. À partir du, le territoire communal se situe au sud du territoire de la tribu des Parisii, à proximité de celui des Sénons dont la limite se situait sensiblement à hauteur de celui de la commune du Coudray-Montceaux. Les Gallo-romains défrichent les forêts du plateau du Hurepoix, sur lequel se situe le territoire communal, créent des espaces agricoles sur les terres conquises sur les forêts et commencent à cultiver la vigne. Le plateau voit s’édifier de nombreuses de villae rusticae qui dominent les riches vallées de la Seine, de l’Essonne, de l’Orge, ou de l’Yvette comme en témoignent les résultats de fouilles archéologiques à Orsay. L’évangélisation de la région commence au et s’achève au avec l’édification dès l’an 600 d’une petite chapelle chrétienne à Corbeil et d’une paroisse à Essonnes, deux villes voisines de Villabé. À partir du, la région est intégrée au domaine royal français des rois carolingiens qui disposent des lieux et distribuent les terres à leurs vassaux. Commence alors au l’édification de châteaux forts contrôlant les routes commerciales, comme celui de Montlhéry, ou pour arrêter les raids vikings à Corbeil. Selon l’historien Jean Lebeuf.
En 1132, Eustachie de Corbeil, épouse de Baudoin de Corbeil puis de Jean d’Étampes, donne la moitié de la dîme de la paroisse Saint-Marcel à la nouvelle abbaye Notre-Dame d’Yerres pour l’entretien de la communauté de l’abbaye qu’elle venait de fonder. Eustachie ne possédait pas seule la dîme de la paroisse, une autre partie appartenait à Adam Lisiard qui en fit don aux moines du prieuré de Longpont avant de partir en croisade vers 1140. En 1417, Corbeil est assiégée par les Bourguignons mais ne peuvent la prendre la ville. Les Anglais occupent Corbeil lorsque Isabeau de Bavière s’y réfugie. Durant tous ces sièges et occupations, les alentours sont dévastés par les pillages, la peste et la guerre civile. Villabé, village voisin, n’est pas épargnée; son église est endommagée à cette période, elle sera rénovée en 1467. Au début du, Germain de Valenciennes, écuyer et essayeur général de la Chambre des monnaies, est seigneur des fiefs d’Ormoy, de Villabé et de Coupeau (un fief de Villabé, écrit aussi Coupeaux ou Couppau). Germain de Valenciennes est mort en 1520.
Il a été inhumé dans l’ancienne église Saint-Thomas-du-Louvre, située à proximité de l’hôtel de la Petite-Bretagne, aux côtés du corps de sa première femme, Antoinette Budé, petite fille de Dreux Budé. Près du porche de l’église, on pouvait lire l’épitaphe de Germain de Valenciennes Cy-gist noble homme Germain de Valenciennes, en son vivant escuyer, (Sr) d’Ormoy, Coupeaulx et Villabé, et général essayeur du Roi, nostre sire, en sa chambre des monnoyes à Paris; qui trespassa l’an 1520, le mardi 15 mars. Et aussy gist noble damoiselle Anthoinette Budé, jadis sa première femme, laquelle décéda le mardy 21 d’avril 15., après Pasques. À la mort de Germain de Valenciennes, l’hôtel de la Petite-Bretagne devient la possession de son fils Jean, de 1530 à 1565, puis d’Anne, Claude et Germain II de Valenciennes, les enfants de Jean de Valenciennes. L’hôtel de Petite-Bretagne est alors nommé hôtel de Coupeau car Germain II de Valenciennes est aussi seigneur d’Ormoy et de Coupeau. En 1551, Anne de Valenciennes, fille de Pierre de Valenciennes, un descendant de Germain de Valenciennces, notaire et secrétaire du roi et seigneur d’Ormoy, épouse Louis Budé, écuyer, seigneur de Montgeron et descendant lui aussi de Dreux Budé. Le contrat de mariage indique que Pierre donne à sa fille des terres du terroir d’Ormoy, près de Corbeil, et aux environs.
Plus tard, dans un acte du daté du, Germain II de Valenciennes, écuyer, seigneur d’Ormoy et des Copeaux en partie, fait une donation à Claude de Troye, écuyer d’écurie du Roi et du duc de Nemours, son cousin issu de germain et à ses enfants des terres et seigneuries d’Ormoy (près de Corbeil), des Copeaux (près de Villabé), de Villoison (près de Villabé), d’Écharcon et de Montceaux (près de Corbeil), avec les droits qui y sont attachés. En 1580, le procès-verbal de la Coutume de Paris mentionne Anne de Valenciennes comme étant Dame de Couppeaux (ou Coppeau) et de Villabé. Et, en 1597, le cahier de la contribution de la châtellenie de Corbeil pour le ban et l’arrière ban assure que l’hôtel de Couppeaux, ainsi qu’un fief assis à Villabé, sont la possession d’Annibal Budé, le petit fils d’Anne et de Louis Budé, écuyer et seigneur de Villabé. La seigneurie Villeroy est érigée en châtellenie en en faveur de Nicolas IV de Neufville de Villeroy; le fief d’Ormoy Puis, en, la seigneurie et châtellenie de Villeroy est érigée en marquisat. Le roi Louis XIV érige le marquisat de Villeroy en duché-pairie en faveur du maréchal de France Nicolas V de Neufville de Villeroy, en récompense des services rendus au roi et à sa mère Anne d’Autriche, notamment lorsqu’il était gouverneur du jeune Louis. Les fiefs et paroisses environnants de Ballancourt, Chevannes et Villabé sont rattachés au duché de Villeroy en. Et c’est en 1663 que la paroisse de Villabé et tous ses hameaux sont définitivement intégrés au nouveau duché de Villeroy.
Villabé devient ainsi une possession des ducs de Villeroy jusqu’à la Révolution. Le dernier duc, Gabriel Louis François de Neufville de Villeroy, est guillotiné le. Du Moyen Âge, jusqu’au, l’Essonne est une voie navigable empruntée par des bateaux à fond plat qui transportent le blé de la Beauce, le vin et diverses denrées vers Paris. Mais au fur et à mesure de l’installation de moulins sur la rivière, notamment à Villabé, la cohabitation entre mariniers et meuniers devient difficile. Alors, en 1634, la construction d’un canal le long de l’Essonne, entre la Loire et la Seine, est envisagée. Mais, Charles de Neufville, marquis de Villeroy, qui possède de nombreuses terres le long de l’Essonne, s’y oppose. Son fils, de Neufville, propose en d’élargir les écluses sur l’Essonne. Finalement, les travaux n’aboutirent pas.
Le projet sera repris à la fin du sous le nom de « canal de Chateaubourg » dont seulement seront construits entre Villabé et Essonnes Au milieu du, l’abbé Lebeuf écrit dans son ouvrage Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris, que les coteaux de Villabé sont couverts de vignobles et que les prairies s’étendent à perte de vue, marquant l’importance de la viticulture et du commerce avec Paris. Le choix du lieu est dû à la présence de moulins hydrauliques sur la rivière dont le débit régulier et constant permet la production d’énergie pour faire fonctionner les machines et les rouages de la manufacture. Après le décès de Pierre Thouvenin, la manufacture est rachetée en 1749 par Héron de Courgis, un magistrat de Paris et secrétaire du roi. Lorsque Jean-Jacques Raffaneau meurt le, sa femme dirige la manufacture pendant une quinzaine d’années en attendant la majorité de ses enfants. Son fils, François en assurera ensuite la direction jusqu’en 1789. Jusqu’à la Révolution, la paroisse de Villabé appartient à la subdélégation de Corbeil dans la généralité de Paris. Ormoy et Villabé ayant été séparés en deux paroisses par l’arrêt du Conseil du roi du pour la perception de la taille.
Dans le cahier de doléances qu’ils rédigent en, les habitants de la paroisse Saint-Marcel, dans le duché de Villeroy, écrivent Les habitants de la paroisse de Villabé, sans la confiance qu’ils ont dans leur souverain, craindraient pour l’avenir, étant surchargés d’impôts en tout genre; lesquels joints à la cherté excessive du pain, les mettraient hors d’état de subsister. Ils expriment le vœu que lors de la tenue des États généraux prévus en à Versailles il sera établi des lois fixes et déterminées, dans toutes les parties de l’administration, pour le bonheur et le soulagement des peuples, et le règne paisible de Sa Majesté. Ils souhaitent, entre autres, que les chemins qui avoisinent Villabé soient réparés, en précisant notamment, et que, mais aussi que. Le sieur François-Maurille Raffaneau, écuyer, propriétaire de la manufacture royale des cuivres battus, sise fiefs des Copeaux et de la Blotterie au hameau de Moulin-Galant, exprime quant à lui ses propres demandes l’introduction dans le royaume des cuivres [.], venant d’Angleterre, de la Suède, de la Hongrie et des autres pays étrangers, attendus que les mines qui existent en France, ne sont pas assez abondantes pour fournir et entretenir exactement les fabriques qui y sont établies. La prohibition des cuivres fabriqués dans les pays mentionnés ci-dessus, ou du moins l’imposition d’un droit prohibitif, faveur que semblent mériter les manufactures nationales.
chevalier de la Légion d’honneur, Villabéen décédé en 1846 et inhumé dans le nouveau cimetière communal. Durant la Révolution française, la commune de Villabé, nouvellement créée, est une petite commune agricole qui compte environ et. C’est aussi au cours de cette période que l’église de la paroisse est partiellement détruite. Au début du, la commune compte, cinq moulins et deux usines. Les bâtiments de la fonderie de cuivre ainsi que tous ses terrains, d’une superficie totale de, sont mis en vente par licitation le. La manufacture est alors rachetée par la famille Jars, dont un des fils, Louis, devenu maire de la commune en 1800. Le 27, une ordonnance du roi Louis XVIII érige l’église de Villabé en chapelle vicariale. Jusqu’à cette date, elle était une annexe des églises d’Essonnes ou de Lisses, les villes voisines dont dépendaient les curés de Villabé.
Le recensement de 1826 fait état d’une population de dans la commune de Villabé. Parmi les professions mentionnées dans ce recensement, celle de vigneron est la plus exercée (43 Villabéens), puis celle de domestique (22 Villabéens). Le maire de Villabé, Jean-Pierre Cordier, réunit, à la demande du préfet de Seine-et-Oise, les habitants de la commune sur la place publique et donne lecture du décret relatif à la proclamation de l’Empire Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français, à tous présents et à venir.
Vu le sénatus-consultes, en date du, qui donne au Peuple le plébiscite dont la teneur suit:
Le Peuple veut le rétablissement de l’Empire dans la personne de Louis-Napoléon Bonaparte, avec une hérédité dans sa descendance directe légitime ou adoptive; et lui donne le droit de régler l’ordre de succession au trône dans la famille Bonaparte, ainsi qu’il est prévu par le sénatus-consultes du 7 novembre 1852.
Vu la déclaration du corps législatif qui constate:
Que les opérations de vote ont été partout librement et régulièrement accomplies; que le recensement général des suffrages émis sur le projet de plébiscite a donné sept millions, huit cent vingt quatre mille, cent quatre vingt neuf bulletins portant le mot oui.
Deux cent cinquante trois mille, cent quarante cinq bulletins portant le mot non. Soixante trois mille, trois cent vingt-six bulletins nuls.
Avons décrété et décrétons ce qui suit:
Article premier: le sénatus-consultes du 7 novembre 1852, ratafié par le plébiscite des 21 et, est promulgué et devient loi de l’État
Article second: Louis-Napoléon Bonaparte est Empereur des Français sous le nom de Napoléon II. La lecture de cette proclamation est accueillie par les cris unanimes et répétés de:. Puis, le, les membres du conseil municipal procèdent à la prestation de serment prescrit à l’article 14 de la Constitution, modifié par le sénatus-consultes du, en levant la main et en prononçant la formule:. Jusqu’en 1860, l’école du village et la mairie se situent dans des locaux loués à proximité de l’église.
Ceux-ci sont exiguës et insalubres et ne peuvent être agrandis pour accueillir de nouveaux écoliers et pour les besoins des services de la commune. La municipalité décide en 1857 de construire une maison qui servira de mairie et d’école dans le quartier du Pâtis, à l’entrée nord-ouest du village. Le coût de la construction de ce bâtiment est évalué à. Les ressources financières de la commune étant insuffisantes, elle contracte un emprunt de auprès de la Caisse des dépôts et consignations et obtient une subvention de de l’État et une autre de du département de Seine-et-Oise. L’emprunt est effectué pour une durée de 8 ans et génère d’intérêts, soit une dette de. Pour la rembourser, le conseil municipal vote une augmentation des contributions directes afin d’obtenir une recette supplémentaire de par an pendant 7 ans, de 1860 à 1866, et de la dernière année, en 1867. La construction de la mairie-école est terminée le. L’enquête agricole de 1862 montre que plus de 90 % de la superficie du territoire de la commune est consacré aux cultures ou à l’élevage (terres labourables, prés naturels, pâturages, pacages et vignes) mettant ainsi en évidence le caractère essentiellement agricole de la commune à cette époque.
Les céréales représentaient plus de 50 % des cultures, les fourrages près de 27 % et la vigne occupaient plus de 16 % des terres cultivées. Lors du siège de Paris (1870), au cours de la guerre franco-allemande de 1870, Villabé est occupée par les troupes prussiennes cantonnées au sud de Paris. Comme de nombreux villages agricoles de la région parisienne, la commune est soumise aux réquisitions de l’occupant qui exige des bestiaux, du grain, du fourrage et autres denrées. Face à ces demandes, que les cultivateurs les plus pauvres ne peuvent satisfaire, le conseil municipal décide en septembre 1870 de mettre en place un tirage au sort parmi les plus riches propriétaires pour désigner celui qui devra abandonner une partie de ses produits à l’ennemi. Le conseil municipal promet que chaque livraison sera estimée à sa juste valeur pour pouvoir rembourser ultérieurement le propriétaire désigné. Par un ordre du 12 octobre 1870, le préfet prussien, installé à la préfecture de Versailles, exige de la commune de Villabé le paiement de la contribution mensuelle de. Cette somme devant être remise à l’autorité allemande sous peine de représailles. Le conseil municipal, considérant qu’il est plus prudent de faire un sacrifice en argent que d’attendre l’effet des menaces de l’ennemi, autorise.
Dans le cadre de la loi du, qui accorde une somme de cent millions de francs aux départements qui ont subi, pendant l’invasion allemande, des contributions de guerre, des réquisitions, des amendes et des dommages matériels, le préfet de Seine-et-Oise, Augustin Cochin, adresse le une circulaire aux maires du département les informant qu’une somme de est à répartir entre les différentes communes. La part allouée à Villabé s’élève à. Le conseil municipal redistribue alors cette somme à trente huit habitants les plus, à savoir: 29 vignerons, 6 cultivateurs, un maréchal-ferrant, un manufacturier et un boucher. Par la suite, la loi du, accorde une nouvelle indemnité de cent vingt millions de francs aux départements, dont payable en 26 annuités, par termes semestriels de chacun, comprenant l’amortissement et l’intérêt de 5 %. Une circulaire du préfet de Seine-et -Oise, indique au conseil municipal de Villabé que le département pourrait se substituer l’État et verser en un seul terme la part qui revient à la commune grâce à un emprunt de 6 % que le département effectuerait et pour lequel la commune de Villabé paierait la différence entre le taux de 5 % servi par l’État et le taux de 6 %. Le conseil municipal accepte cette proposition et reçoit une deuxième indemnité de. à proximité du hameau de Villoison. C’est en 1866 qu’a débuté la construction de l’aqueduc de la Vanne qui achemine de l’eau potable vers Paris depuis des sources situées en Bourgogne et en Île-de-France.
Il traverse, du sud au nord, le territoire de la commune de Villabé dans sa partie ouest. Son passage au-dessus de la rivière Essonne s’effectue par un pont-siphon dont la tête de siphon septentrionale, construite en maçonnerie, se situe à proximité du hameau de Villoison. La construction de l’aqueduc a entraîné la cession de terrains communaux à la ville de Paris. À la fin du, l’industrialisation continue de s’étendre à Villabé, principalement le long de l’Essonne où les moulins sur la rivière produisent l’énergie nécessaires aux manufactures. Vers 1870, Paul Darblay (1825-1908) étend les papeteries d’Essonnes, que son père Aymé Stanislas Darblay avait rachetées en 1867, au hameau de Moulin-Galant à l’emplacement de la manufacture de cuivre. De même, une filature, qui produit des tissages de flanelle et des molletons, s’installe au hameau d’Ormoy. On note aussi la présence sur les coteaux sud d’une carrière de pierre à chaux dont la poudre, cuite dans un four à Lambreville, est utilisée par les papeteries de Moulin-Galant et d’Essonnes. Alors, en 1881, le conseil municipal entreprend la construction d’une deuxième école.
Celle-ci se situera en face du bâtiment qui abrite la mairie et l’école et sera l’école des filles; la première école devenant alors l’école des garçons. Le coût total de la construction de la nouvelle école s’élève à. La commune reçoit une aide l’État et du département d’un montant de et contracte un emprunt auprès de la Caisse des dépôts et consignations d’un montant de. La construction de l’école s’achève en 1884. Vers 1890, la commune comporte plusieurs hameaux et écarts: les hameaux de Moulin-Galant, d’Ormoy et de Villoison; et les écarts de la Petite-Nacelle et de Lambreville. La population est de, dont 527 au bourg, 211 à Moulin-Galant, 53 à Ormoy, 31 à Villoison, 23 à la Petite-Nacelle et 4 à Lambreville. À cette époque, aucune route ne dessert Villabé, uniquement des chemins vicinaux au nombre de cinq. La construction de la voie ferrée de Corbeil-Essonnes à Montereau, au cours des années 1890, entraîne la déviation de plusieurs chemins vicinaux et ruelles de la commune dont l’important chemin vicinal qui relie le village au hameau de la Nacelle et à la ville voisine d’Essonnes.
Elle nécessite aussi la construction de ponts et de passerelles au sud-est de la commune, endroit où la ligne est construite dans une tranchée de de profondeur, pour conserver les accès au hameau de Moulin-Galant depuis le centre du village. La voie ferrée et la station de Villabé sont ouvertes en 1897. En 1898, la famille Darblay procède à l’installation de l’eau potable dans le cœur du village en contrepartie de l’acquisition gratuite de terrains appartenant à la commune pour l’agrandissement de la papeterie Darblay. L’acte notarié daté du 28 avril 1898 qui enregistre cet accord stipule La société Darblay Père et Fils s’engage à mettre quotidiennement et à perpétuité à la disposition de la commune de Villabé, dans un réservoir spécial situé à l’extrémité Sud-Est du village une quantité de d’eau puisés soit à la source de Moulin-Galant soit aux Bas-Vignons. Cette eau servira à alimenter un lavoir et un abreuvoir que MM. Darblay construiront à leur frais et entretiendront pendant. Elle servira également à alimenter 6 à 8 bornes fontaines réparties dans l’étendue du village qui seront posées aux frais de la Société.
Darblay construiront une canalisation en fonte de de diamètre partant du réservoir et aboutissant aux écoles d’une part et vers l’église d’autre part. Ils établiront également à leur frais et entretiendront une conduite en poteries vernissées pour l’écoulement des eaux usées du lavoir. Toutes les conduites seront établies aux frais de la Société, mais elle devra les entretenir à perpétuité à ses frais. Les bornes fontaines seront établies aux frais de la Société, mais resteront la propriété de la commune qui en aura l’entretien. Quant aux construction du lavoir et de l’abreuvoir elles seront la propriété de la commune et la société Darblay n’en aura l’entretien que pendant dix années. Au début, l’essor industriel de la ville s’accentue et le paysage urbain se transforme sensiblement. Ainsi, le gaz de ville arrive à Villabé en 1908, pour l’éclairage public des rues et des bâtiments communaux, puis l’électricité en 1926. En 1910, La famille Darblay fait construire au centre du village un orphelinat pour accueillir les orphelins des ouvriers de la papeterie.
Pendant la Première Guerre mondiale, le bâtiment servira de caserne et de lieu de soins pour les soldats blessés. C’est 1925 qu’est construite la cité ouvrière Darblay pour loger les ouvriers des papeteries de la ville, marquant ainsi, le début d’une croissance démographique continue dans la commune. Dans un acte notarié datant du 27 octobre 1939, la société Darblay fait le constat que Par suite de l’augmentation de la population de la commune de Villabé, due notamment à la construction des cités par la Société des Papeteries Darblay, la quantité d’eau mise à disposition en vertu de l’acte sus-mentionné, est devenue insuffisante, et la Société Anonyme des Papeteries Darblay ne pouvant augmenter cette quantité dans des proportions de nature à donner satisfaction aux besoins de la commune, celle-ci a dû envisager l’établissement d’un service d’eau. La Société Anonyme des Papeteries Darblay considérant qu’une partie de son personnel réside dans la localité de Villabé, où elle a elle-même édifié des écoles, orphelinat, logement des ouvriers, et à qui elle a toujours témoigné un vif intérêt, s’est déclaré prête à faciliter la mise à exécution du projet de la commune de Villabé et à contribuer bénévolement aux dépenses du premier établissement. Par cet acte notarié, les Papeteries Darblay cèdent à la commune: le lavoir et l’abreuvoir et le terrain sur lequel ils sont édifiés, le réservoir d’eau et le terrain sur lequel il est édifié, toutes les conduites d’eau propriété de Papeteries Darblay, depuis la sortie de l’usine de Moulin-Galant jusqu’au réservoir puis jusqu’au lavoir-abreuvoir; et fait don à la commune d’une somme de deux cent mille francs en espèce. En contrepartie, la commune de Villabé libère les Papeteries Darblay de leur engagement de 1898.
En 1955, la municipalité achète l’ancien orphelinat Darblay pour le transformer en école primaire. Le coût d’acquisition du bâtiment est de de francs et les travaux s’élèvent à de francs, soit une dépense totale de de francs financée par des subventions du ministère de l’Éducation nationale et du département de Seine-et-Oise , et par des emprunts d’un montant total de de francs. La nouvelle école, nommée école Jean-Jaurès, est inaugurée le; elle accueille les filles et les garçons du village. L’ancienne maison qui servait de mairie-école devient la mairie exclusivement. L’école des filles quant à elle servira tour à tour de foyer rural, de salle de cinéma, de salle des associations, de salle des fêtes et finalement, après rénovation, de salle du conseil municipal en 2009. La construction de l’autoroute A6 en 1959 divise le territoire de la commune en deux parties bien distinctes: à l’est, le village et les cités ouvrières sur les bords des coteaux jusqu’à la ligne de chemin de fer; à l’ouest, les espaces agricoles. Au début des années 1970, l’école Jean-Jaurès est agrandie par l’ajout de bâtiments dans le parc de l’école permettant la création dix salles de classes élémentaires et de quatre salles de classes maternelles. Le bâtiment historique de l’orphelinat n’accueillant plus que des logements, la bibliothèque scolaire, des bureaux et le réfectoire.
L’ancien lavoir communal attenant à l’école servira pendant quelques années de local pour les pompiers, puis, après rénovation à l’identique en 1998, de halte-garderie. En 1972, une ancienne demeure ayant appartenu avant la Révolution au ducs de Villeroy, puis à la famille Darblay qui y logeait son personnel, devient le bâtiment administratif du « Village d’enfants » de Villabé. La même année, l’ancien bâtiment qui abritait la mairie-école jusqu’en 1957 est entièrement rénové pour devenir l’actuel hôtel de ville. Les années 1970 et 1980 sont marquées par la construction de plusieurs petits lotissements pavillonnaires bâtis sur d’anciennes parcelles agricoles autour du cœur du village, le centre ville conserve cependant son aspect historique. Le centre commercial Villabé A6 est ouvert en, il occupe un large espace agricole à l’ouest de l’autoroute marquant ainsi le début de l’urbanisation de cette partie du territoire villabéen. À la fin du, la population de la commune a presque doublé en; passant de en 1980 à en 1999. Cette considérable augmentation du nombre d’habitants est due à la construction de deux grandes zones d’habitations pavillonnaires dans les espaces encore libres du village: la ZAC du Village (126 maisons) et la ZAC des Heurts (350 maisons) construites au début des années 1990. L’augmentation de la population entraîne la construction au milieu des années 1990 de nouveaux bâtiments publics à Villabé tels qu’un deuxième groupe scolaire, un gymnase et l’agence postale ouverte en 1994.
Au cours des années 2000 et 2010, l’urbanisation de la commune continue mais sous la forme de petits immeubles ou de maisons individuelles mitoyennes de type HLM pour augmenter le nombre de logements sociaux dont la proportion reste cependant toujours inférieure au seuil légal de 25 %. La commune se dote aussi de nouvelles structures communales ou de service public et poursuit la rénovation d’anciens édifices pour réhabiliter son patrimoine: construction d’une maison de l’enfance en 2000, rénovation de la place Roland Vincent au centre du village et construction de la bibliothèque municipale en 2001, réfection complète de l’église paroissiale en 2002, inauguration du collège Rosa Parks et des infrastructures sportives associées (terrain de sport polyvalent du collège et gymnase du Bras-de-Fer) en 2006, construction de la salle polyvalente La Villa en 2007, rénovation de l’ancienne école des filles devenue salle des fêtes Roger Duboz puis salle du conseil municipal en 2008, construction du conservatoire de musique en 2014, rénovation d’un ancien corps de ferme dans le centre ville pour abriter le local du CCAS, transformation de l’ancien bâtiment voyageurs de la gare de Villabé en maison des associations en 2016 et construction d’un terrain de football en gazon synthétique en 2016. En parallèle, les zones commerciales et tertiaires continuent de s’étendre à l’ouest de la commune dans la plaine Brateaux: construction du pôle Eurologistic au début des années 2000, complétée en 2010 par la zone commerciale Derrière la ferme. À l’issue des élections municipales de mars 2014, et pour la première fois depuis 1945, un candidat sans étiquette politique devient maire de Villabé, mettant fin ainsi à la succession de maires de gauche (communistes de 1945 à 1989 et socialistes de 1989 à 2014) qui administraient la commune depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En janvier 2016, en application de la mise en œuvre de la loi MAPAM du 27 janvier 2014, la commune de Villabé rejoint la nouvelle communauté d’agglomération Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart qui fusionne les communautés d’agglomérations d’Évry Centre Essonne (à laquelle Villabé appartenait depuis 2010), de Seine-Essonne, de Sénart, de Sénart en Essonne et la commune de Grigny. Cette nouvelle structure intercommunale regroupe 24 communes des départements de l’Essonne et de Seine-et-Marne.
Patrimoine religieux
La commune de Villabé a conservé un patrimoine typique des villages agricoles du Hurepoix avec de nombreux édifices en pierre meulière