Villejuif

Histoire de Villejuif

Villejuif est une commune de Val-de-Marne, en Île-de-France, qui compte 57 753 habitants. Le nom de « Villejuif » apparaît pour la première fois dans une bulle du pape Calixte II, datée du 27, sous la forme Villa Judea qui représente une version latinisée de l’expression de l’ancien français signifiant « village juif ». Ce nom se retrouve dans de nombreuses autres bulles tout au long du, sous des graphies légèrement différentes (villis Jude, ville Judei…), toujours avec la deuxième partie correspondant à la traduction latine de la racine signifiant « juif » en ancien français. Au cours des siècles suivants, le nom de la ville apparaît dans les sources françaises comme Villejuifve, ce qui correspond également à l’orthographe archaïque de l’expression « ville juive ».

Ces éléments indiquent clairement que le nom de ce lieu était conçu par les gens de l’époque comme signifiant « village juif ». L’auteur du XVIIe siècle Louis Moréri indique que la ville aurait été fondée par des Juifs chassés de Paris. Ce détail n’est cependant confirmé par aucune source et pour cela le rôle exact de la communauté juive dans la fondation (ou le développement) de la ville reste obscur.

Une autre graphie se retrouve au, sous la forme de Villa Jullitoe ou Villa Julite. Toutefois il serait illogique que le toponyme provienne de sainte Julitte, à laquelle est dédiée l’église paroissiale Saint-Cyr-Sainte-Julitte. Il s’agit plus probablement d’une confusion entre Villa Judea et Villa Julittoe, due aux religieux chargés des registres de Notre-Dame, comme l’atteste une postériorité d’un siècle de cette graphie après la première.

Les partisans de cette idée notent la présence avérée de restes d’habitat gallo-romain, et Villegie est utilisé, selon certains chercheurs, plusieurs fois pour désigner Villejuif.

Mansuy ont découvert, en 1896, l’existence d’un site préhistorique à l’emplacement actuel du parc départemental des Hautes-Bruyères, au sud-est de la ville. Ils y découvrent, dans les sablières, de nombreux objets en silex du néolithique: des outils — perçoirs, grattoirs, lames… —, mais aussi des armes — haches, pointes de flèche… Une petite lame de bronze est également exhumée, ce qui permet de dater le site de la fin de l’âge de la pierre, à l’époque « où le bronze encore rare n’avait remplacé que dans des cas exceptionnels les instruments en pierre ». Les recherches ultérieures, notamment celles menées par François Bordes, puis par Georges Bailloud, ont permis de dater la création du village aux Hautes-Bruyères à il y a environ, dans ce qui était autrefois une terre de chasse dans une zone presque entièrement sous les eaux. Ces populations sédentaires vivent alors de l’agriculture et de l’élevage. À partir des années 1930, des gisements de pierres taillées d’époque moustérienne sont également découverts dans les carrières Bervialle I et II Un « espace d’aventures archéologiques » est maintenant ouvert dans le parc départemental des Hautes-Bruyères, animé par le laboratoire départemental d’archéologie du Val-de-Marne, pour découvrir la Préhistoire. L’histoire de Villejuif dans l’Antiquité et le haut Moyen Âge est longtemps restée mal connue, et le demeure. Le 20, les travaux pour la construction d’une conduite de gaz mettent au jour deux murs et des éléments de voirie, qui seront en 1980-1981 datés de l’époque gallo-romaine.

En 1997, des travaux dans le centre de Villejuif (rues Georges-Le-Bigot et du Colonel-Marchand) ont mis au jour d’autres vestiges de l’époque gallo-romaine, dont un édifice antique ou mérovingien de prestige. Il s’agit probablement, rue Georges-Le-Bigot, d’un habitat à caractère artisanal de la période antique et du haut Moyen Âge, avec continuité de l’occupation du site avec réutilisation des structures, de la période gallo-romaine à l’époque carolingienne. D’autres fouilles, rues Romain-Rolland et du Colonel-Marchand ont conclu à la présence probable d’un bâtiment antique à proximité. Les bourgeois parisiens achètent une partie des terres, qu’ils louent aux villageois; la noblesse de robe se voit également attribuer des terres. Le village est partiellement détruit pendant la guerre de Cent Ans, et l’église brûlée. Villejuif connaît une nouvelle phase de développement au: l’église est reconstruite, des bâtiments apparaissent autour de la route royale (actuelle rue Jean-Jaurès), une école est ouverte, des artisans s’installent… Les ordres religieux vendent une partie de leurs terres, tandis que les seigneurs agrandissent leur domaine. Le séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet y installe sa maison de repos, à côté de l’église (l’actuelle mairie) et constitue un domaine qui regroupe jusqu’à la moitié des terres de Villejuif. Située à proximité de Paris, Villejuif est aisément accessible: on la choisit donc pour y faire des expériences scientifiques, comme la mesure du méridien terrestre ou celle de la vitesse du son.

Avec la Révolution (premier maire, Charles Radot, 1790) les structures foncières éclatent, mais les grandes propriétés ne disparaissent qu’au cours du XIXe siècle. Des fortunes locales s’érigent (Godefroy, Fleury, Labbé) sur le blé et les carrières de plâtre, plus tard sur les pépinières. La vigne, dès la fin du, ne joue qu’un rôle mineur. De 1790 à 1795 Villejuif était un canton du district de Bourg-de-l’Égalité. C’est après les batailles de 1870-1871 (qui ravagent la commune: combat de la redoute du Moulin de Saquet en 1871 tenue par les communards et tombée par traîtrise entre les mains des troupes versaillaises dans la nuit du 3 au 4 mai 1871) que le Villejuif rural commence à céder du terrain avec l’installation (1890) de l’asile d’aliénés (Villejuif accueillera encore deux autres centres hospitaliers: Paul-Brousse (1913) et l’Institut Gustave-Roussy). Une ligne de tramway à chevaux dessert Villejuif depuis 1876; elle n’atteindra le centre-ville qu’à partir de 1889, ce qui a nécessité l’adoucissement de la pente de la « montagne », avenue de Paris. Son terminus nord est alors la gare d’Austerlitz. Les premiers lotissements ouvriers datent de la fin du, dans le Bas-Villejuif (rue de la Pompe); puis se poursuivent dans le centre du parc des Saint-Roman (avant 1914); enfin, entre les deux guerres, se multiplient sur le plateau, créant une belle zone de pavillons ouvriers, où les cheminots, traminots, postiers, gaziers et électriciens sont très nombreux.

Des quartiers entiers sortent de terre: dans le Bas-Villejuif, cela s’accompagne de rares services pour la population, comme l’école Pasteur (1928) ou l’église Sainte-Thérèse (1934), devenue paroisse de plein exercice après-guerre. Ce mouvement urbain commencé avec la municipalité radicale de Reulos (1883-1904), poursuivi de manière empirique sous Destauret (1908-1925) devient systématique à partir de 1925 avec les municipalités communistes (Guillemin, Cantini, Paul Vaillant-Couturier (1929-1937), Le Bigot, Louis Dolly, Pierre-Yves Cosnier, Claudine Cordillot.) qui se sont succédé durant pas moins de huit décennies. À la fin du, un tram relie Villejuif à la porte d’Italie et, au-delà, à Châtelet: Villejuif n’est plus isolée mais devient une banlieue de Paris, aisément accessible. D’ailleurs, la majeure partie des ouvriers qui s’installent et bâtissent des pavillons ne travaillent pas sur place, mais dans les arrondissements du sud-est de Paris. Cette accessibilité nouvelle, tout en restant à l’écart de Paris, explique certains épisodes historiques qui ont Villejuif comme toile de fond, comme la réunion secrète des prêtres ouvriers de 1954. En 1907, le tramway devient électrique; la ligne, exploitée par la Compagnie générale parisienne de tramways (CGPT) sous la dénomination TS1, a pour terminus Châtelet. Lors de la création de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP) en 1921, elle devient la ligne 85 et dessert alors la place d’Italie, la porte d’Italie et traverse le Kremlin-Bicêtre. Après avoir vu son trajet raccourcir (son terminus nord n’est plus Châtelet mais place d’Italie), le tramway 85 est remplacé définitivement par une ligne de bus à partir d’avril 1933.

En 1933, Villejuif est déjà desservie par deux autres lignes de bus qui suivent le trajet de la RN 7 À partir des années 1950, s’ajoutent entre les pavillons mais aussi sur des vastes terrains agricoles du Sud de la commune, des grands ensembles (Lozaits, Robert Lebon, Alexandre Dumas.) essentiellement constitués de logements sociaux. Des immeubles sont également détruits en centre-ville, occasionnant la destruction de la moitié du bourg historique de Villejuif (tout le côté Nord de la rue du Moûtier, renommée rue Georges-Lebigot). De nombreuses rues sont tracées, ce qui permet à la municipalité communiste d’imposer sa culture politique à l’espace urbain. Cette politique se poursuit jusque dans les années 1990 (avenue des Hauts-Bruyères; cité du Vercors, 1993) sur des jardins ouvriers et parfois encore sur des bâtiments anciens: le château de Villejuif est ainsi détruit en 1989 pour être remplacé par un immeuble. En 1984, la ligne 7 du métro de Paris est prolongée jusqu’à Villejuif (3 stations), ce qui vient faire évoluer la sociologie de la ville, encore plus facilement accessible depuis Paris. La hausse des prix de l’immobilier y attire dans les années 2000 une population nouvelle, plus aisée et plus jeune, ce qui a des conséquences sur l’administration locale. Dès 1995, la liste communiste n’obtient que 51,73 % des voix, et l’élection est annulée pour « manœuvre électorale »: une élection partielle est organisée en 1997, où le P.-Y.

Cosnier est de nouveau élu, avec 55,23 % des voix au premier tour. Les communistes sont encore réélus, avec 50,05 % des voix au premier tour, en 2001. Un second tour est nécessaire en 2008, et les 50 % ne sont plus atteints. En 2014, une union hétéroclite est nouée au second tour entre la droite (F. Le Bohellec), les écologistes (N. Gandais), une partie de la gauche (Ph. Vidal) et les centristes (J.-F. Harel), destinée à faire barrage aux communistes: cette alliance l’emporte et, pour la première fois depuis 1925, les communistes ne sont plus aux affaires de la Ville, mais la majorité se déchire et se délite petit à petit.

L’urbanisation est aujourd’hui achevée au sens où tout le périmètre constructible est construit. Plusieurs attentats ou projets d’attentat ont eu Villejuif pour cadre ces dernières années. Le 19 avril 2015, un étudiant, Sid Ahmed Ghlam, est arrêté fortuitement après un meurtre alors qu’il projette d’un commettre un attentat à l’arme à feu dans l’église Saint-Cyr-Sainte-Julitte ainsi qu’en l’église Sainte-Thérèse pendant la messe dominicale. La ville de Villejuif avait déjà été la cible d’un terroriste lors des attentats de janvier 2015 en France, Amedy Coulibaly avait fait exploser une voiture. En novembre 2015, le hall de la mairie est incendié le soir des attentats de Paris le 13 novembre 2015. Quatre jours après, la ville est de nouveau marquée par des départs de feux criminels dans plusieurs quartiers. Lors de l’attaque du 3 janvier 2020 à Villejuif, Nathan Chiasson tue une personne et en blesse deux autres avec un couteau.

Patrimoine religieux

Villejuif compte de nombreux bâtiments et édifices qui constituent son patrimoine, dont certains sont inscrits comme monument historique, et un est classé. De nombreux autres bâtiments constituent le patrimoine de la ville, que ce soit dans son centre historique largement conservé (rues Jean-Jaurès, Georges-Le-Bigot et René-Hamon) ou dans les constructions plus récentes. De nombreux bâtiments ont été réalisés à Villejuif par Paul Chemetov, notamment le stade nautique, la médiathèque, le théâtre, le groupe scolaire Pasteur et des immeubles de logements tels que sentier Benoît-Malon ou place de la Fontaine. Enfin, plusieurs bâtiments historiques construits à Villejuif ont aujourd’hui disparu, dont

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Population

57.753 habitants

Région

Île-de-France

Département

Val-de-Marne
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52, avenue Louis Aragon - 94800 Villejuif