Vitré
Histoire de Vitré
Vitré est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 18 998 habitants. Le nom de Vitré est attesté sous les formes Vitriacum en 1037, Vitrei en 1050, [Ecclesia] Vitriac[ensis] en 1070. D’origine gallo-romane, ce toponyme est issu de l’anthroponyme latin Victorius (porté par un Gaulois), suivi du suffixe de localisation -acum. La localité possède un nom en gallo, qui est orthographié Vitrë dans un dictionnaire bilingue paru en 2007.
Cet ouvrage donne la prononciation. La forme Vitrë figure également sur le logo de la Ville. En breton, la forme du nom est.
Celle-ci figure sur le logo de la Ville utilise la forme Vitré, qui est la forme française. La forme Gwitreg est utilisée par d’autres acteurs contemporains en langue bretonne, comme le portail géographique et cartographique de la Bretagne GeoBreizh. La Maison d’Édition publique Ti-embann ar skolioù, associée au réseau Canopé, utilise également la forme Gwitreg.
Dans une publication de 1987, l’Institut Culturel de Bretagne indique que parmi les toponymes de Haute-Bretagne, certains ont reçu une forme bretonne.
Le site de Vitré a été occupé dès le Néolithique. À moins d’un kilomètre de l’agglomération, sur la commune de Pocé-les-Bois, se dresse le menhir de la Pierre Blanche. À à l’est de la ville, l’INRAP a fouillé en 2007 et 2008 un site d’habitat daté du second âge du fer. Occupé de la fin du Ve siècle au, il se compose entre autres de deux enclos aménagés successivement, le premier couvrant un espace de, le second, formé lui-même de deux enceintes concentriques s’étendant sur. Les traces de bâtiments en bois et torchis, associées à de nombreux restes de céramiques témoignant de la vie quotidienne des occupants des lieux ont été retrouvées à l’intérieur des enclos. Une agglomération gallo-romaine a existé et était déjà le chef-lieu d’un pagus minor, c’est-à-dire une partie du territoire des Riedones. En effet, une voie romaine rejoignait Rennes (Condate) au Mans et passait par Vitré. Arthur de La Borderie, historien vitréen du, refuse d’admettre que sa ville natale soit d’origine franque mais la veut celtique.
Lors des destructions de très anciens quartiers au sud de la cité fortifiée, liées au percement de la voie ferrée Paris-Brest au milieu du, cet historien affirme arbitrairement qu’il n’a pas été découvert un seul objet de l’époque gallo-romaine. Or, il y a été découvert par ses contemporains des poteries du, des pièces de monnaie de l’époque de l’empereur romain Constance II, ainsi que d’autres du et du haut Moyen Âge. Le prieuré Notre-Dame de Vitré, qui dépendait de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, est attesté dès le., baron de Vitré entre 1154 et 1173. Vitré est au Moyen Âge le siège d’une baronnie, de 1008 (Riwallon de Vitré fut le premier baron de Vitré entre 1008 et 1040 environ) jusqu’en 1254, date à laquelle la seigneurie passa aux mains de la deuxième maison de Laval jusqu’en 1547, puis des Montfort-Laval jusqu’en 1605 et enfin des La Trémoille-Laval jusqu’à la Révolution française. Vers 1060-1070, la construction du château entraîne une réorganisation de la population autour du pouvoir. Un petit château en bois sur une motte féodale est construit sur la colline Sainte-Croix. Il a pu servir de péage sur la route de Rennes, Laval, Le Mans.
Puis, au, le château est agrandi et le « Vieil Bourg » avec l’église Notre-Dame se sont développés sur le plateau est. La place du Château qui était considérée comme une avant-cour, était urbanisée en réalité. Des fouilles archéologiques entreprises en 2009 et 2010 ont montré une densification importante du bâti. La ville s’est vue encerclée par des remparts et des fossés extérieurs. C’est donc à cette époque que la ville close prend sa forme actuelle. En même temps, des « bourgs privilégiés », c’est-à-dire des faubourgs nés à la demande du baron, se sont développés autour de la ville close. Dès le, Vitré réunit tous les éléments de la ville. Au, le château se transforme avec les progrès de l’artillerie comme les canonnières.
Dans le même temps, la ville se développe et édifie des maisons à pans de bois et des hôtels particuliers à l’intérieur de l’enceinte de la ville. Dans les campagnes autour de Vitré, de nombreux paysans-tisserands cultivent le chanvre et fabriquent des toiles appelées « canevas », appréciées des marins notamment pour confectionner les voiles de bateaux, mais utilisées aussi pour d’autres usages comme les ailes de moulins à vent. Vitré, ville prospère depuis le, fonda en 1472 une confrérie, la Confrérie des Marchands d’Outre-Mer, dédiée à l’Annonciation et alors constituée de 39 marchands « fréquentant pays estrangers tant par mer que par terre », qui faisaient le commerce international des toiles, fabriquées de manière éparse dans les campagnes avoisinantes, en particulier avec les Flandres. Ces marchands avaient participé, avec Pierre Landais, à la construction d’une chapelle dans l’église Notre-Dame de Vitré. La ville, à son apogée, rentra dans l’aisance de la Renaissance. Les habitants de Vitré et de la baronnie ne ressentirent aucun attrait pour la domination française et le prouvèrent en pillant à plusieurs reprises les terres du Craonnais qui appartenaient au généralissime (Louis II de la Trémoille) de Charles VIII qui menaça, en représailles, de brûler les faubourgs de la ville. Du 30 juin au 2, l’armée française campe au Pont d’Étrelles, quelques jours avant la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier qui provoqua la fin de l’indépendance bretonne. Pierre Le Baud a rédigé sa Chronique de Vitré et de Laval lorsqu’il était encore au service de Guy XV de Laval, et elle est dédiée à Jeanne de Laval.
Cette Chronique finit en l’année 1436. (lithographie d’Albert Robida, publiée dans La Vieille France, Bretagne, 1890). Pierre Landais, fils d’une famille de drapiers vitréens, fut le principal conseiller du duc de Bretagne et s’efforça, surtout entre 1481 et 1485 de préserver l’indépendance du duché de Bretagne face aux manœuvres du roi de France avant d’être pendu le 19 à Nantes, accusé de concussion et de la mort de Guillaume Chauvin. Vitré était une ville avec une économie parmi les plus florissantes du duché de Bretagne. Dom Morice écrit que « Vitré était une ville marchande et bien peuplée ». Elle a continué son extension dans la ville close et dans ses faubourgs. « La prospérité vitréenne (.) se développait sous la protection de traités avantageux, conclus avec les nations étrangères. Les Tirel, les Hardy, de Gennes, Le Moyne, Ravenel et autres familles contemporaines de Landays [Pierre Landais] se vouaient au commerce maritime » a écrit Édouard Frain de la Gaulayrie.
Mais les Guerres de la Ligue ruinent en bonne partie ce commerce, malgré des survivances. Par exemple, en 1639, le vitréen Hévin annonce qu’il charge à San Lucar 2071 livres de tabac qu’il a troqué contre des toiles dénommées « Morlaix ». Guyonne de Laval, baronne de Vitré et vicomtesse de Rennes, favorisa l’implantation du protestantisme à Vitré; la religion réformée y trouva un terreau favorable dans la bourgeoisie cultivée et en relation avec les Flandres. Durant les guerres de Religion à la fin du, la ville protestante fut assiégée durant 5 mois entre le 22 et le 14 par les troupes de la Ligue sous le commandement du duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne, aidées par des habitants de 53 paroisses de la baronnie de Vitré. Un lieutenant de Guy Éder de La Fontenelle, célèbre brigand, mais aussi ligueur, dénommé Pierre de Bonnemez, pilla en 1589 les maisons nobles de la région de Vitré. La même année, en août 1589, Henri de Bourbon, prince de Dombes et commandant des forces royales en Bretagne installe son campement à Vitré pour combattre les Ligueurs. « En août 1589, René de Montbourcher brûle les faubourgs de Vitré. Les soldats violent femmes et filles, pillent l’église Saint-Martin, emprisonnent les prêtres ».
Vitré est alors une place forte des Huguenots. En 1583, le des Églises réformées de France se tient à Vitré, de même que le en 1617. Les pasteurs vitréens assurent aussi le culte protestant au château de Terchant entre 1583 et au moins jusqu’au milieu. Les réunions des États de Bretagne eurent lieu à Vitré en 1655, 1671, 1697 et 1705 lorsque Rennes était ravagé par la peste ou insurgé. Madame de Sévigné avait à cette époque, une résidence dans les environs de Vitré, le château des Rochers où elle séjourna au moins à quatre reprises entre 1671 et 1690, ces quatre voyages représentant en tout six ans environ de résidence et elle y écrivit près de trois cents de ses Lettres. Elle assista à ces États de Bretagne et y fit de nombreuses références dans ces fameuses Lettres. C’est au cours du que les barons désertent la cité pour préférer la cour de Versailles. La ville perd sa notoriété et devient un peu endormie dans ses remparts au centre d’une campagne active.
Elle coupa les liens avec la campagne environnante qui lui fournissait le chanvre et le lin. Cela engendra le début du déclin de Vitré aussi bien sur le plan économique qu’urbanistique. Cette situation s’accentua surtout au, mais dura tout le. Au, la ville perdit, lors de la construction de la route royale, sa porte ouest et une grande partie du front sud de ses anciens remparts, mais le front nord, au-dessus de la vallée de la Vilaine, est resté quasi-intact. La vieille ville a aussi été éventrée lors de l’arrivée du chemin de fer au milieu du pour donner un accès vers la gare., maire de Vitré, commissaire aux États de Bretagne, député aux États généraux de 1789. Le 27, les membres de la Communauté de ville de Vitré délibèrent et émettent leurs revendications dans le cadre de la préparation des cahiers de doléances. La Révolution française marque la fin de la seigneurie de Vitré et le début d’un statut nouveau et important pour la ville: celui de chef-lieu de district, puis de sous-préfecture.
L’organisation des fêtes révolutionnaires témoigne également de ce sentiment favorable à la République Le dimanche 12 mars 1793, Vitré est assiégé par une bande de paysans armés. Le 15 mars 1793, le district de Vitré informe Rennes que des rassemblements suspects se produisent dans la région, notamment dans les communes de Bourgon, Saint-Ouën-des-Toits, Saint-Pierre-la-Cour et La Brûlatte. Le 6 novembre 1793, Vitré est pris par des insurgés locaux, agissant de concert avec « des brigands mayennais et hauts-bretons de la troupe des Chouans »; les locaux administratifs sont saccagés, l’arbre de la Liberté est abattu et le drapeau blanc hissé. Les Chouans ne restèrent que deux jours dans la ville, réoccupée par les patriotes dès le 9 novembre. Dans le district de Vitré on signale 17 assassinats de patriotes entre novembre 1793 et mai 1794. Le général Vachot écrit le 3 juin 1794 au Comité de salut public de Segré: « J’ai exterminé et presque entièrement détruit les Chouans qui ravageaient les districts de Broons, Saint-Méen, Montfort, Châteaubourg, Vitré, La Guerche, etc. À la limite des communes de Pocé-les-Bois, Saint-Jean-sur-Vilaine et Champeaux), sur la route de Châteaubourg à Vitré, le 28 juin 1795, se déroula le combat du Pont de Cantache.
Plusieurs autres combats ont lieu dans la campagne environnante, comme le combat de Saint-M’Hervé (1795), le combat de Saint-M’Hervé (1796), le combat de Bais, le combat de Cornillé, la bataille d’Argentré (1795), la bataille de Piré, le combat de Saint-Jean-sur-Vilaine, le combat de la lande d’Izé, le combat de Dourdain, le Combat de Toucheneau, etc. À la fin d’octobre 1795, une armée chouanne commandée par le marquis de Pontbriand fit mettre bas les armes un corps d’infanterie escortant un approvisionnement destiné à l’armée républicaine qui campait sur une hauteur dominant le pont sur la Cantache. Le général Chalbos, alors commandant en chef par intérim de l’Armée de l’Ouest, s’installe à l’hôtel de l’Angle à Vitré et marche sur Rennes le 23 brumaire an II (13). Son successeur, le général Rossignol, s’installe aussi un temps à Vitré et le général Kléber s’y trouve entre le 13 et le 19 germinal an II (3 et 8) et à nouveau le an II (20). Dans le « Projet de destruction des chouans » en date du 5 germinal an II (25) présenté par les commissaires nommés à cet effet par les Sociétés populaires de Rennes et de Vitré en présence du représentant en mission Dubois-Crancé, il est prévu d’affecter de troupe qui s’ajouteront aux forces déjà en place dans le district de Vitré et d’y transporter deux à trois cents fusils de chasse afin de lutter contre les « brigands » [chouans]. En 1799 se produisit, toujours dans la campagne avoisinant Vitré, la bataille d’Argentré (1799). Autour de Vitré, les paysans se vêtirent pendant longtemps d’un sayon, une peau de chèvre servant de tunique évoquée par Gérard de Nerval dans Le marquis de Fayolles (en 1860, l’instituteur de La Guerche écrit qu’à l’école l’on sent « des exhalaisons très gênantes (.), les enfants de la campagne sont presque tous habillés de peaux de chèvres pendant une grande partie de l’année »). Le costume féminin était composé d’une longue jupe froncée et bouffant, d’un corselet lacé vers l’avant, d’une chemise de lin, d’un fichu à franges aux pointes croisées, d’un tablier.
En 1822, le collège de Vitré est transformé en petit séminaire; il redevint un simple collège en 1833. Une insurrection légitimiste, hostile donc au nouveau régime de la monarchie de Juillet, éclata en 1832 dans le pays de Vitré, marquée notamment par le combat de Toucheneau. La ville décida de détruire les fortifications sud afin de désenclaver la cité intra-muros et améliorer la visibilité. La Porte d’En Haut (1835), Gâtesel (1839) et d’Embas furent détruites. Vitré a connu aussi son haussmannisation avec le percement de voies dans son centre médiéval (Rue Garangeot, Bertrand d’Argentré, Borderie et Boulevard Saint-Martin). Vitré était aussi un nœud ferroviaire puisqu’une première voie fût ouverte le 15 avril 1857 sur la ligne Paris-Brest. Puis, une seconde voie en direction de Fougères ouvrit au public en 1867, construite par la « Compagnie du chemin de fer de Vitré à Fougères », un viaduc enjambant la vallée de la Vilaine fut construit à l’ouest de la ville, et enfin en 1874, une troisième ligne vers La Guerche-de-Bretagne. La construction de la gare s’est effectuée en 1855 sous forme d’un petit castel néogothique en brique et tuffeau, en plein centre-ville, juste au sud de la ville close.
Cet équipement capital pour le désenclavement de la ville a permis l’arrivée, le 14 juillet 1867, d’une garnison. Elle sera logée dix ans plus tard, dans une caserne. Il s’agissait du d’infanterie. C’est à partir de cette période que l’urbanisation se fit au sud de la voie ferrée. Lors de son voyage en Bretagne en 1858, Napoléon III et l’impératrice s’arrêtèrent quelques instants à Vitré, dernière ville bretonne visitée avant leur retour vers Paris via Laval. La ville conserve toutefois en bonne partie son aspect médiéval, qu’Alexandre Nicolaï décrit ainsi en 1893 Fondé en 1837, le Journal de Vitré était un hebdomadaire dirigé par des notables conservateurs n’était qu’une feuille d’annonces s’engageant peu politiquement, sauf lors des périodes électorales; à partir de 1895, l’abbé Augustin Crublet (1865-1955), vicaire à Notre-Dame de Vitré, qui avait déjà créé une coopérative ouvrière de chaussonniers [ouvriers en chaussure], prêtre influencé par le Sillonisme, en prend le contrôle, avec le concours de l’abbé Trochu. Ils combattent en particulier le comte Le Gonidec de Traissan, député, châtelain paternaliste, royaliste et autoritaire et dénoncent la grande misère des ouvriers.
Ils sont rapidement sanctionnés par le cardinal Labouré qui mute l’abbé Trochu à Rennes et l’abbé Crublet à Dol, mais les deux prêtres continuent leur action, fondant d’autres hebdomadaires locaux, comme le Dolois et, à Rennes, l’ Écho du travail, rapidement renommé Écho de l’Ouest et précurseur du journal Ouest-Éclair, fondé en 1899, et dont les deux prêtres confient la direction à un jeune avocat brestois, Emmanuel Desgrées du Lou. Albert Robida décrit ainsi Vitré vers 1900 Albert Robida a aussi dessiné plusieurs lithographies représentant Vitré vers 1900 Jean Choleau fut un économiste, un militant régionaliste et culturel, qui joua un rôle important à Vitré à cette époque. Le monument aux morts de Vitré porte les noms de morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Plusieurs ont été décorés comme Amand Drouelle, Maurice d’Arras et Édouard Rubin. Trente-trois d’entre eux sont décédés sur le sol belge, la plupart pendant la Course à la mer; cinq (Auguste Cognard, François Gaigne, Victor Gérard, Léon Tesson et Pierre Thomassain) dans les Balkans car ils étaient membres de l’Armée française d’Orient; trois (François Donval, Jean Hautbois et Louis Genouel) sont décédés alors qu’ils étaient prisonniers en Allemagne; la plupart des autres sont décédés sur le sol français. La ville se développe peu et reste une petite ville de marché au sein d’une région agricole; elle perd son statut de sous-préfecture en 1926.
Cette situation perdure jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une fois la guerre finie, Vitré ne sera pas exempte de la période de prospérité économique qu’a connu la France et l’ensemble des pays capitalistes. La foire Saint-Georges se tient le lundi le plus proche du 23 avril. Ceux qui cherchaient une embauche portaient un signe montrant qu’ils étaient disponibles, par exemple un épi de blé à la boutonnière. La Saint-Georges était aussi la date d’échéance des contrats du personnel employé dans les fermes de la région, qui était embauché à l’année. La foire Saint-Georges était aussi un lieu d’amusement et de rencontres. Marcel Rupied, élu au conseil municipal de Vitré en 1935, devient le premier magistrat en 1939. Il fut arrêté et incarcéré à Rennes par les Allemands, après avoir refusé de désigner des otages.
Destitué de sa fonction à la Libération en 1944, comme les maires restés en fonction pendant le Gouvernement de Vichy, il sera élu maire de Vitré le 19 mai 1945. Le monument aux morts de Vitré porte les noms de mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale, Hélène, Maria, Samuel et Santer Zylbermine) qui habitaient Vitré ont été déportés et sont morts au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Le 29 des résistants FTP, dirigés par Louis Pétri, attaquèrent la prison de Vitré, libérèrent une cinquantaine de prisonniers politiques qui s’y trouvaient détenus (ils ne libérèrent pas les détenus de droit commun) et tuèrent un collaborateur notoire, Messenich, qui s’y trouvait. Dans le cadre de la libération de la France, Vitré est repris le 04, le même jour que Rennes, par le 2 régiment de cavalerie de la 3 armée des États-Unis menée par George Patton. Au cours de l’assaut, meurt un soldat américain, Harry A. Earnshaw, qu’une rue vitréenne nommée en son honneur en 1974 a appelé « Sergent Harris » jusqu’au 28, date depuis laquelle l’erreur est corrigée. Trois soldats (Roger Cognard, B. Gallon, Joseph Monnerie) originaires de Vitré sont décédés pendant la guerre d’Indochine et un (J.P.
Neveu) pendant la guerre d’Algérie. Les 30 et 31 mai 1953, le « Festival national de la Joie », organisé par la JAC, organisé pour la première fois en province, se déroula à Vitré. C’est surtout à partir des années 1950 que la ville s’est considérablement développée et étendue. Durant « les Trente Glorieuses », Vitré a connu un afflux de population grâce notamment au phénomène d’exode rural massif. De fait, les communes rurales périphériques ont très peu augmenté leur population. Vitré a gagné près de en 20 ans, passant de en 1954 à en 1975, soit une croissance de 28 %. De vastes lotissements se sont donc développés le long des axes structurants dans les quartiers ouest, est, nord et surtout sud de la ville. Dans les zones périphériques se trouvent de grandes entreprises agro-alimentaire, textile, de chaussures ou encore de la chimie fine de plus de et aussi de grands hypermarchés.
À l’heure actuelle, les zones industrielles et commerciales continuent de se développer essentiellement au sud et à l’est, mais aussi dans la campagne. Dans les années 1970, l’arrivée de la route à passant à au sud a accéléré la prospérité économique de la ville en attirant de nombreuses industries. Le taux de chômage est très faible par rapport à la moyenne régionale et encore plus au niveau national. Cet essor économique cache une grande proportion d’emplois dans l’industrie de l’ordre de 40 % avec de nombreux emplois précaires. D’autant plus que le bassin économique vitréen souffre de plus en plus de la délocalisation d’entreprises à l’étranger. À l’heure actuelle, la ville s’étend toujours sous forme de quartiers pavillonnaires et de zones d’activités en périphérie. Dans le centre-ville, il y a un certain renouvellement urbain sous forme de petits collectifs qui se fondent très bien dans les quartiers anciens. Entre 1999 et 2014, la population s’est encore accrue de près de 15 %; ce qui amène le nombre d’habitants à plus de, reflétant le dynamisme démographique que connaît la ville depuis la fin de la Guerre mondiale.