Vitry-le-François

Histoire de Vitry-le-François

Vitry-le-François est une commune française située dans la Marne, en région Grand Est, qui compte 11 454 habitants. Son histoire toponymique est intimement liée à la destruction de Vitry-en-Perthois par les troupes impériales de Charles Quint en 1544. À la suite de cet incendie, François Ier ordonna que Vitry-le-Brûlé soit reconstruit en 1545 à l’emplacement du village de Maucourt, au bord de la Marne, tandis que Vitry-en-Perthois demeurait sur son site initial. La nouvelle ville conserva le nom primitif de Vitry, avec une hésitation initiale entre Vitry-sur-Marne et Vitry-le-François, cette dernière forme étant attestée dès 1544. Dans le langage courant, la cité est simplement appelée Vitry, et la ville rose de Toulouse est devenue sa marraine de guerre. Le nom porte aussi un anthroponyme indigène gaulois et le suffixe d’origine gauloise -acum marquant la propriété.

La fondation de l’ancienne Vitry est attribuée aux Gaulois. Vers 50 avant notre ère, les troupes romaines prennent possession du site sur la Saulx et y construisent un fort baptisé en latin la victorieuse. Un cimetière romain a d’ailleurs été retrouvé en 1656, en bordure de Marne, au nord de la ville, par un vigneron plantant ses vignes; en 1861, près de Marolles, un vase rempli de pièces romaines, dont 32 d’argent et 310 de bronze, fut également mis au jour. Le bourg se développe avec la construction de monuments religieux, avant d’être incendié une première fois par Louis VII le Jeune en 1142; de nombreux villageois meurent dans le sinistre, alors qu’ils s’étaient réfugiés dans l’église. L’historien Charles Petit-Dutaillis attribuait, en 1933, la réorientation ultérieure du règne de Louis VII, son rapprochement avec la Papauté et son départ pour la croisade, ainsi que la perte d’influence de sa femme Aliénor d’Aquitaine, au choc moral causé par ce drame. En 1284, le Perthois, possession des comtes de Champagne, est rattaché avec l’ensemble du comté à la couronne de France. La ville est de nouveau incendiée en 1420 par Jean de Luxembourg et ses alliés anglais.

La fondation de Vitry-le-François en 1545 transforme profondément la cité. Charles Quint, allié à Henri VIII d’Angleterre, avait envoyé en 1544 des éclaireurs brûler et détruire Vitry, faisant fuir vers Châlons l’armée française dirigée par le seigneur de Brissac. François Ier donna à la nouvelle ville son nom, son emblème, la salamandre, et sa devise traduite par je nourris et j’éteins. Une grande partie des habitants de Vitry, désormais la Brûlée, vinrent s’y installer, attirés par les avantages économiques accordés: droits de foire et marchés, exemption d’impôts pendant vingt ans, facilités de construction. On utilisa les pierres de l’ancienne Vitry pour bâtir la nouvelle. En 1557, 500 maisons étaient achevées. La cité fut entourée de murailles et de remparts avec huit bastions protégés par des fossés d’eau vive et possédait une citadelle; elle était divisée en quatre quartiers, Notre-Dame, le Lion-d’Or, la Halle et Saint-Germain, ce dernier sur le site de l’ancien Maucourt. À la fin du XVIe siècle, la ville fut frappée par les guerres de Religion: le gouverneur Jean de Mutigny, partisan de la Ligue, fut assassiné le 17 mai 1590, la Ligue reprit la ville, puis la cité finit par se soumettre à Henri IV et demanda en 1598 la destruction de la citadelle, qui occupait l’actuel site de l’hôtel de ville. Après cinquante ans de faible croissance démographique, la population progressa fortement entre 1620 et 1626. La cité prospéra grâce aux administrations et aux commerces de bois, grains et vins, transportés par la Marne jusqu’à Paris. De nombreux édifices religieux furent élevés: un couvent de minimes, un de récollets, deux de religieuses et un hôpital des Frères de la Charité. La collégiale actuelle commença à être construite en 1629, après que les chanoines de Vitry-la-Brûlée eurent accepté de rejoindre Vitry-le-François.

Patrimoine religieux

Vitry-le-François possède sept monuments historiques, et la collégiale construite à partir de 1629 reste l’édifice religieux central de la cité; elle est née du transfert vers la nouvelle ville des chanoines de Vitry-la-Brûlée, après l’incendie de 1544. Les édifices religieux d’Ancien Régime étaient nombreux: un couvent de minimes, un de récollets, deux couvents de religieuses et un hôpital des Frères de la Charité, dont l’ancien bâtiment des Récollets abrite désormais l’hôtel de ville, dont les façades, la toiture et le parc sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du 19 novembre 1941. Peu de monuments ont survécu aux bombardements de 1940 et 1944, mais la porte du Pont, construite en 1746 et classée par arrêté du 13 septembre 1920, a été démontée pierre par pierre en 1938 puis reconstruite et inaugurée en 1985 place du Maréchal Leclerc. Plusieurs édifices industriels figurent par ailleurs à l’Inventaire général comme témoins du patrimoine industriel français.

Informations Clés

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Population

11.454 habitants

Région

Grand Est

Département

Marne
(51)

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