Vonnas
Histoire de Vonnas
Vonnas est une commune de l’Ain, en Auvergne-Rhône-Alpes, comptant 3216 habitants. Le toponyme dérive de Volnatis, nom d’un domaine d’origine gallo-romaine. La plus ancienne mention écrite du village date de cette époque, sous les formes Volnatis ou Vulnatis. En 842, le village est nommé Vulniacum, puis Vulna en 1150. Trois siècles plus tard, en 1443, les archives de l’Ain citent Vonna, tandis que la pancarte des droits de cire note Vauna en 1495. La forme actuelle de Vonnas apparaît pour la première fois en 1548 et s’impose progressivement, malgré quelques variantes comme Vonnaz, attestée en 1670 dans l’enquête Bouchu et de nouveau en 1745.
Le territoire de Vonnas a été occupé dès la préhistoire, comme l’attestent huit haches en pierre polie retrouvées dans le bourg et dans les hameaux de Chassin, de Lamboyat, de Namary et de Bézemême. Des tuiles aux Plaines et une médaille de Tibère en argent aux Jacques témoignent de la période romaine. Avant la conquête romaine, le peuple celte des Ambarres, dont le nom signifie vivant des deux côtés de la Saône, occupait la région bressane et ses vastes forêts. Vers les années -50, après la conquête des Gaules, le territoire passe sous domination romaine, même si Jules César considérait la Bresse et le Bugey comme une seule région, qu’il nommait Insula Gallica.
Le village est rapidement reconnu comme chef-lieu d’un ager, statut administratif qu’il conserve durant des siècles. La voie ferrée qui dessert la gare de Vonnas marque l’entrée du bourg dans l’ère industrielle. Durant la Seconde Guerre mondiale, après l’armistice du 22 juin 1940, le village se trouve dans la zone libre, puis passe sous occupation allemande de novembre 1942 à l’été 1944. Plusieurs journées tragiques ont marqué l’année 1944: le 3 mars, Jean Lathullière est tué face à l’église paroissiale; le 12 juin, huit personnes périssent dans la commune, parmi lesquelles Henri Druguet, assassiné devant le cimetière, ainsi que Claude Boulivan, Clément Monachon, Georges Vavrille et Aimé Laissard, tombés sous les balles des soldats allemands.
Patrimoine religieux
Vonnas est traversée par de nombreux cours d’eau et compte une vingtaine de ponts et passerelles, dont le pont des Compagnons, bâti en 1991 par les compagnons du devoir du Tour de France. Jusqu’à la Révolution française, deux églises coexistaient sur le territoire actuel de la commune: l’actuel centre Saint-Martin et celle de Luponnas, qui constituait alors une paroisse indépendante. Luponnas, devenue commune après la Révolution, est supprimée fin 1793. La découverte d’un vestige mérovingien suggère que ce lieu de culte existait des siècles auparavant.
Le portail en plein cintre, entrée principale de l’édifice ancien, repose sur des chapiteaux ornés de feuilles d’acanthe. Le clocher-porche est ajouté plus tard, et la façade est ensuite déplacée par l’architecte Jaillant. La nef, aménagée de petites chapelles, était éclairée par six baies en plein cintre, dont trois subsistent. Une première charpente, détruite par un incendie, a été remplacée en 1514. Les peintures murales intérieures sont inscrites au titre objet aux monuments historiques. Trop petite pour la population du XIXe siècle, l’église a finalement été convertie en espace culturel, et une nouvelle église a été construite après un acte notarié du 3 octobre 1868.
Le château voisin, devenu siège d’une baronnie, est inscrit partiellement au titre des monuments historiques. Au nord-est du bourg, le château d’Epeyssoles, mentionné dès 1289, occupe le centre d’une ancienne seigneurie. Tenu par les Guyot de la Garde à la fin du Moyen Âge, il est ensuite vendu à Antoinette Poinsard, jeune bourgeoise protestante de Bourg-en-Bresse, avant de revenir à la famille du Puy par mariage. Au hameau de Luponnas se trouve une maison bourgeoise, le château de Luponnas, construit en 1779. À Marmont subsistent les vestiges d’une motte dite poype de Marmont, dont Jean-le-Sauvage faisait aveu en 1272 au comte de Savoie.