Wittenheim
Histoire de Wittenheim
Wittenheim est une commune de Haut-Rhin, en Grand Est, qui compte 15 262 habitants. Le nom de la localité (alsacien: Wittene [« viDәnә]) est mentionné pour la première fois en 829 sous la forme Witanheim, ensuite sous la forme in Vuittenckheim marcha en 1094; Witenheim en 1195, Wittenheim dès 1315. « la demeure de Wita(n) », d’un nom d’homme germanique *Wita(n), suivi de l’appellatif germanique heim, signifiant « habitat, foyer, chez soi » et anciennement « patrie d’une tribu ». Autres explications: « l’habitation du bois », du germanique wido « bois », en référence au bois du Nonnenbruch; « l’habitation de la butte », l’élément wit- pouvant reposer sur une racine paléo-européenne PAT relative à un relief présentant une limite plate, en référence à la situation de la localité sur une dune de la lisière orientale du bois marécageux du Nonnenbruch, cependant il n’y a aucune preuve de la réinterprétation d’un toponyme antérieur, phénomène d’ailleurs rarement attesté en toponymie, ni même aucune preuve de l’existence d’une racine *pat.
Le site est occupé depuis le Néolithique comme l’attestent les découvertes archéologiques faites au début. En creusant les fondations de la villa de l’entrepreneur Columbina, au lieu-dit « Horoederenhubel », un squelette accroupi ainsi que de la poterie rubanée datant du Néolithique ancien furent découverts en 1930. En 1968, la présence d’un peuplement datant de l’âge du bronze final fut découverte au lieu-dit « Lerchbuhl ». La présence romaine est également avérée sur le ban de Wittenheim: les fondations d’une importante villa romaine furent découvertes fortuitement lors de la construction d’un lotissement en 1978. Une partie de ces fondations a été sauvegardée et a été déplacée sur la place de Thiers. Un village est mentionné pour la première fois en l’an 829 sous l’appellation de Witanheim, époque à laquelle l’abbaye de Murbach y possédait des terres.
À vocation agricole, Wittenheim, village allemand de 1871 à 1918, se développe dans la seconde moitié du avec l’arrivée de l’industrie textile. La société textile Kullman & s’implante en effet dans la commune en lançant la construction d’une filature en 1885. Cette dernière ouvre ses portes en 1888. La même année est inaugurée la ligne de tramway Mulhouse-Wittenheim. La construction de la cité ouvrière Kullmann (1890-1900) est à l’origine d’un gain de population de 63 %. La première banque de la commune est créée en 1887 sur le modèle mutualiste fondé par l’allemand Friedrich Wilhelm Raiffeisen (1818-1888).
Cinq Wittenheimois (Fortuné Baumgartner, Joseph Erimund, Antoine Schlienger, Émile Stebler et Damien Weisbeck) créent le la Caisse de dépôts et de prêts de Wittenheim afin de venir en aide aux agriculteurs de la commune. Cette banque existe toujours, il s’agit de la Caisse du Crédit mutuel. Sous l’impulsion des autorités allemandes qui poussent à la création de corps de sapeurs-pompiers volontaires, le maire Sébastien Baumgartner, le trésorier Neyer et messieurs Schlienger et Helfer paraphent les statuts fondant le corps de sapeurs-pompiers de Wittenheim. En 1904, Amélie Zurcher découvre de la potasse à Wittelsheim, qui était alors un village voisin. Ce sera le début d’une industrie florissante qui marquera durablement la vie et la physionomie de ce qui deviendra le bassin potassique, unique gisement de sel de potasse (ou sylvinite, de formule KCl) français. À Wittenheim, plusieurs sites miniers, chacun possédant sa cité ouvrière (Kolonie), sont exploités
L’exploitation de la potasse marqua le paysage (chevalements, terrils) mais fit surtout de Wittenheim une commune prospère. Une population laborieuse, venue des environs mais aussi d’Allemagne et surtout de Pologne, contribua à la naissance d’une riche vie culturelle et associative. Le progrès fit également son arrivée: inauguration du foyer catholique en 1920; mise en chantier d’un vaste réseau de distribution d’eau en 1922; mise en chantier du tout-à-l’égout, construction de l’école des filles, du poste à incendie et des bains municipaux en 1928; électrification de la ligne de tramway en 1929. Les deux conflits mondiaux n’allaient pas épargner Wittenheim. La Seconde Guerre mondiale apporta son lot de souffrances et de destructions notamment lors de la tragique libération de la commune par les troupes françaises en. Wittenheim-centre fut pratiquement détruite par un déluge de feu.
Les derniers obus incendiaires allemands mirent le feu à l’église de style baroque Sainte-Marie. Wittenheim-centre, libéré, n’était plus qu’un amas de décombres inhabitables. Une partie ne fut d’ailleurs pas reconstruite et devint l’actuelle place de Thiers. Les installations industrielles étaient hors d’usage. Cette période très douloureuse de l’histoire de la commune lui valut de se voir attribuer le la croix de Guerre avec Étoile d’Argent. C’est le maréchal de Lattre de Tassigny qui remit la décoration à la délégation wittenheimoise à Colmar le.
À la libération, une ère de développement nouvelle débuta pour la commune. Wittenheim eut la chance de bénéficier du soutien matériel et financier de ses villes marraines: Fontenay-sous-Bois, Saint-Cloud et Thiers. Près de quinze années furent nécessaires pour effacer les plaies laissées par la guerre. La reconstruction d’après-guerre changea totalement sa physionomie qui perdit définitivement son caractère rural pour devenir une commune urbaine. Pour des raisons financières, la du tramway électrique reliant Wittenheim à Mulhouse, qui avait repris du service dès le, fut officiellement remplacée par une ligne de bus.
Le est posée la première pierre de la nouvelle église Sainte-Marie de Wittenheim-centre. Les et, lors des « Fêtes du renouveau », le nouveau Wittenheim-centre est officiellement inauguré: place de Thiers, rues de Saint-Cloud et de Fontenay-sous-Bois, bureau de poste, commissariat de police, commerces. L’église Sainte-Marie est consacrée le.