Yerres
Histoire d’Yerres
Yerres est une commune de Essonne, en Île-de-France, qui compte 28 699 habitants. Edera en 1235, Hedera en 1238, Hezdera en 1248, Hietra en 1630, Erra, Irrya, Hierre. En 1801 dans le bulletin des lois, le nom de la commune était indifféremment orthographié Yerres ou Yeres. Liaison et élision sont à faire; on dit ainsi la ville d’Yerres comme de la rivière l’Yerres.
Il est probable que le gué d’Yerres, situé sur la voie romaine menant de Paris à Montereau, ait été à l’origine du premier peuplement d’Yerres. L’ensemble de la basse vallée de l’Yerres fut attribué par les rois mérovingiens aux grandes abbayes parisiennes, qui contribuèrent au développement local. La paroisse, initialement dédiée à Saint Loup fut citée au démarre avec l’édification à partir de 1120 de l’abbaye Notre-Dame d’Yerres, tenue par les bénédictines. En 1130, le seigneur Guillaume de Hierres édifia un château dont subsiste aujourd’hui le châtelet en centre-ville. Au, la seigneurie appartient à la famille du Donjon de Corbeil ( à titre de renseignement; la généalogie des du Donjon de Corbeil, apparentés aux Le Riche, est confuse et imprécise): Baudouin est le mari de la fondatrice de l’abbaye, Eustachie de Châtillon, et le père ou le grand-père de nombreux enfants, dont Eustachie du Donjon qui épouse Renaud de Courtenay. Au fut reconstruite l’église paroissiale.
Les Courtenay héritent des droits (avec Bondoufle et Combs) par le mariage desdits Eustachie/Helvis/Hélène/Elisabeth du Donjon et Renaud, puis les Courtenay capétiens par l’union de leur fille Elisabeth (~1127-1205) avec Pierre de France (vers 1126-1180/1183); plus précisément, c’est Jean de Courtenay, leur fils puîné semble-t-il, qui fonde la branche d’Yerres, puis son fils Guillaume hérite de toute la seigneurie par la succession de son cousin Jean du Donjon, fils de Baudouin, en 1255. Le règne des Courtenay finit avec Isabelle d’Yerres, † vers 1428, fille de Jean IV de Courtenay d’Yerres. Mais dès 1389 (ou le?), le fief d’Yerres revint pour moitié à Bureau de La Rivière, chambellan du roi de France Charles V, par achat sur Jean IV de Courtenay; puis sa fille Jeanne de La Rivière le transmet à son mari Jacques de Châtillon (1365-1415 à Azincourt; amiral de France; parents de Louis de Châtillon, † sans postérité). En 1390, le fief de la Grange est une parcelle du massif forestier d’Ardenay, défrichée par une communauté religieuse parisienne. En 1431, la reine Isabeau de Bavière y fit un séjour à la ferme des Godeaux. Le 2 mars 1452, la famille Budé (Dreux Budé, prévôt des marchands, notaire-secrétaire du roi, trésorier des Chartes, sire d’Evry, Marly, Villiers) acquiert la seigneurie sur Louis de Châtillon.
Vers 1581, sa ferme est fortifiée. Le règne des Budé (et de leurs descendants Pasquier — Florent, mari d’Isabelle Budé —et du Faultray — Marc, mari de Charlotte Budé; Isabelle et Charlotte Budé étaient filles d’Eustache Budé) s’achève en mars 1634 et en 1657 par deux ventes — d’un tiers de la seigneurie chacune — à Rollin Burin, conseiller, maître d’hôtel et secrétaire du Roi et des Finances, contrôleur général des Postes de Paris, Normandie et Bretagne, plus la vente d’un autre tiers dès août 1628 et octobre 1633 à Louis-Emmanuel d’Angoulême, petit-fils de Charles IX, et à ses parents Charles d’Angoulême et Charlotte de Montmorency, seigneurs de Grosbois, du Piple et de Boissy (désormais Boissy, Grosbois et Yerres sont des seigneuries associées; le Piple passe quant à lui à Jean-Jacques Gaudart de Petit-Marais). Les Budé ont laissé leur nom au château féodal, et leur manoir de Narelles est à l’origine du domaine Caillebotte. La construction du château de La Grange est entreprise en 1617 par Charles Duret, contrôleur général des finances et fils du premier médecin de Charles IX. Selon la mode de l’époque, des jardins paysagers sont aménagés avec le château. C’est en 1860 que le père de Gustave Caillebotte acquit sa propriété d’Yerres, située à proximité de l’ancien gué et du pont sur la rivière.
Le bâtiment principal, ancien manoir des Budé ou Hôtel de Narelles, est nommé « Casin », et est inspiré de la Casina de Raphaël située dans les jardins de la villa Borghèse à Rome. En 1866, c’est Pierre Larousse qui acquit une maison à Yerres. Durant la Guerre franco-allemande de 1870, la commune fut le théâtre de batailles dont témoignent les tombes des soldats wurtembergeois. En 1883, le mont Griffon fut sommé d’une borne géodésique servant au calcul des distances entre les grandes villes de France par triangulation. Pendant la Première Guerre mondiale, la villa Carlmenstren devient l’Hôpital auxiliaire de l’association des Dames de France (HAADF). En 1937, l’État hongrois fit élever une stèle pour honorer le héros national François Rákóczi, qui fut déplacée en 1978 dans le square qui porte son nom.
Durant la seconde Guerre mondiale, deux Yerrois se distinguèrent par l’aide qu’ils apportèrent aux persécutés, Lucien et Marguerite Dubouloz ont ainsi été élevé au rang de « Juste parmi les nations ». En mars 1958, l’Yerres en crue inonda la vallée. Le fut signé le jumelage entre la commune d’Yerres et Mendig. En 1973 se constitua à Yerres une association de défense de l’environnement et de la nature pour stopper les constructions de grands ensembles dans la commune. En 2000, le château de la Grange, devenu hôtel et restaurant, fut rebaptisé « château du Maréchal de Saxe » pour les besoins de cette nouvelle activité commerciale. En 2011, une rixe éclata au lycée Louis-Armand, des coups de feu furent tirés et sept personnes furent interpellées à la suite de ce fait divers.