Cathédrale Notre-Dame de Rouen
Cathédrale Notre-Dame de Rouen
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Présentation de la cathédrale
Claude Monet l’a peinte trente fois, sous toutes les lumières, de l’aube au crépuscule. La cathédrale de Rouen, avec sa façade ciselée comme un ouvrage d’orfèvrerie, possède cette qualité rare de changer de visage selon l’heure du jour. Pierre calcaire le matin, dorée à midi, violette au couchant : Monet avait compris qu’elle n’était pas un monument figé mais un être vivant.
Histoire
L’archevêché de Rouen est l’un des plus anciens de France, et un lieu de culte existe sur ce site depuis le IVe siècle. La cathédrale romane, édifiée au XIe siècle par les ducs de Normandie, brûle en 1200. La reconstruction gothique commence immédiatement et se poursuit pendant plus de trois siècles, ce qui explique la juxtaposition de styles, du premier gothique (le chœur, vers 1200-1230) au gothique flamboyant le plus exubérant (la façade occidentale, remaniée aux XVe et XVIe siècles).
La cathédrale de Rouen abrite le tombeau de plusieurs ducs de Normandie, dont Richard Cœur de Lion, qui avait demandé que son cœur soit enterré ici, dans la ville qu’il aimait. Le coffret contenant ce cœur, retrouvé en 1838, a été analysé par des scientifiques en 2012, révélant qu’il avait été embaumé avec des herbes et du mercure, selon les techniques de l’époque.
Le 19 avril 1944, un bombardement allié détruit une partie de la nef et du transept nord. La restauration, qui dure jusqu’aux années 1970, permet de découvrir des éléments romans cachés sous les remaniements gothiques. En 2024, un ambitieux programme de restauration de la façade occidentale et de la tour Saint-Romain est en cours.
Architecture et trésors
La cathédrale mesure 137 mètres de longueur et ses voûtes s’élèvent à 28 mètres dans la nef. Mais c’est en hauteur extérieure qu’elle excelle : sa flèche en fonte, érigée entre 1825 et 1876 pour remplacer une flèche en bois détruite par la foudre, culmine à 151 mètres, faisant de Rouen la cathédrale la plus haute de France.
La façade occidentale est un catalogue du gothique flamboyant : un foisonnement de gâbles, de pinacles et de niches sculptées qui semble défier la pesanteur. La tour Saint-Romain (à gauche), sobre et massive, date du XIIe siècle. La tour de Beurre (à droite), édifiée entre 1485 et 1507, tire son nom de la tradition selon laquelle sa construction fut financée par les dispenses de carême accordées aux fidèles qui souhaitaient manger du beurre pendant cette période.
À l’intérieur, le déambulatoire abrite les gisants des ducs de Normandie, Rollon et Richard Cœur de Lion. La chapelle de la Vierge conserve de beaux vitraux du XIIIe siècle. L’escalier de la Librairie, ouvrage gothique flamboyant en pierre ajourée, conduisait autrefois à la bibliothèque du chapitre et reste l’un des morceaux de bravoure de l’édifice.
Visiter la cathédrale de Rouen
La cathédrale est ouverte tous les jours, avec entrée gratuite. Attention aux horaires réduits le dimanche matin en raison des offices. La crypte romane, accessible lors de visites guidées organisées par l’office de tourisme, révèle les fondations de l’édifice du XIe siècle.
L’été, un spectacle de projections lumineuses anime la façade en soirée, dans la continuité de l’hommage à Monet. Le musée des Beaux-Arts de Rouen, à quelques rues, expose l’une des toiles de la série des Cathédrales de Monet, permettant de comparer la peinture et le modèle.
Pour les amateurs d’histoire, le Gros-Horloge, Jeanne d’Arc et les ruelles à pans de bois du centre historique complètent un parcours rouennais d’une grande richesse.
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Le saviez-vous ?
Quand les scientifiques ont ouvert le coffret contenant le cœur de Richard Cœur de Lion en 2012, ils y ont trouvé une substance ressemblant à de la poudre grise. L’analyse a révélé des traces de mercure, d’encens, de myrte et de marguerites, conformément aux rites funéraires royaux du XIIe siècle. Le cœur lui-même avait été enveloppé dans un linge de lin.
La flèche en fonte de la cathédrale, bien que souvent critiquée pour son aspect industriel, pèse 740 tonnes et fut une prouesse technologique pour l’époque. Gustave Flaubert, natif de Rouen, ne l’aimait guère et parlait d’un « tuyau de cheminée ». Victor Hugo, lui, la trouvait élégante.
Claude Monet s’installa en face de la façade dans un appartement loué spécialement pour peindre sa série. Il travaillait sur plusieurs toiles simultanément, passant de l’une à l’autre au fil de la journée selon la lumière. Il écrivit à sa femme Alice que ce travail le rendait « fou de douleur » tant la lumière changeait vite.