Église Sainte-Colette des Buttes-Chaumont
Église Sainte-Colette des Buttes-Chaumont
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Présentation de l'église
L’église Sainte-Colette des Buttes-Chaumont est une église paroissiale de l’Église catholique située allée Darius-Milhaud dans le 19e arrondissement de Paris. Implantée au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation près du parc des Buttes-Chaumont — dont elle tire son nom —, elle constitue l’un des exemples les plus singuliers de l’implantation religieuse urbaine contemporaine : une église intégrée dans le tissu résidentiel sans architecture religieuse autonome reconnaissable de l’extérieur.
La particularité urbanistique la plus frappante de Sainte-Colette réside dans son intégration dans un immeuble d’habitation ordinaire. Contrairement aux églises paroissiales traditionnelles, qui s’affirment dans le tissu urbain par leur façade monumentale, leur clocher vertical et leur parvis dégagé, l’édifice parisien s’efface derrière un immeuble collectif — configuration qui relève des solutions architecturales retenues par l’archidiocèse de Paris pour les paroisses construites en plein tissu urbain dense dans les dernières décennies du XXe siècle.
Cette implantation, caractéristique de la pastorale urbaine contemporaine, permet d’implanter une structure paroissiale dans un quartier densément bâti sans nécessiter la disponibilité d’un terrain autonome — ressource rare dans les grandes villes. Le rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation, aménagé en lieu de culte, offre les avantages de l’accessibilité urbaine (desserte par les transports publics, proximité des habitations, intégration au quartier) sans les contraintes financières et urbaines d’une construction monumentale autonome.
L’édifice a été construit en 1992 par les architectes Thaddée et Yolande Nowak — couple d’architectes parisiens qui a développé une expertise particulière dans les projets religieux contemporains intégrés au tissu urbain. Le choix de cette formule architecturale discrète, volontaire et théologiquement cohérente avec les orientations pastorales postconciliaires, reflète la sensibilité ecclésiale des années 1990 — attentive à l’inscription de l’Église dans la ville sans imposition monumentale.
Le vocable de sainte Colette — sainte Colette Boylet de Corbie (1381-1447), réformatrice française de l’ordre des Clarisses au XVe siècle — rend hommage à l’une des grandes figures de la réforme franciscaine féminine française. Colette, née à Corbie en Picardie, entra chez les Clarisses et consacra sa vie à la réforme de l’ordre dans le sens d’une plus stricte observance de la règle primitive de sainte Claire d’Assise — pauvreté radicale, vie contemplative, séparation du monde. Les « Colettines » — branche réformée qu’elle fonda — se développèrent dans toute la France et la Flandre au XVe et au XVIe siècle.
Le choix du vocable de sainte Colette pour l’édifice parisien, canonisée en 1807 par Pie VII, reflète la sensibilité à la tradition franciscaine féminine et à la spiritualité contemplative qui caractérise certaines paroisses parisiennes contemporaines.
Le parc des Buttes-Chaumont, dont l’édifice tire son nom, est l’un des grands parcs parisiens du Second Empire. Aménagé entre 1864 et 1867 sur ordre du baron Haussmann et selon les plans de Jean-Charles Alphand — ingénieur paysagiste, auteur également du Bois de Boulogne et du Bois de Vincennes —, le parc fut conçu comme un paysage paysager à l’anglaise avec lac, île rocheuse couronnée d’un temple, cascades, belvédères et promenades. Il constitue le poumon vert du nord-est parisien et l’un des espaces publics les plus fréquentés du 19e arrondissement.
L’architecture de Sainte-Colette, adaptée à l’espace disponible au rez-de-chaussée d’immeuble, privilégie les volumes ramassés, la lumière artificielle maîtrisée et la fonctionnalité liturgique. Le vaisseau intérieur, organisé selon les principes postconciliaires, place l’autel au centre de l’espace liturgique, entouré par une assemblée disposée en arc.
Les matériaux — cloisons adaptées aux contraintes urbaines, pierres ou briques apparentes pour les éléments symboliques, vitraux artificiellement éclairés — reflètent les conditions particulières d’une église construite en milieu urbain dense. Le mobilier liturgique — autel, ambon, fonts baptismaux, tabernacle — suit les standards de l’art sacré contemporain.
Rattachée à l’archidiocèse de Paris, Sainte-Colette des Buttes-Chaumont est une paroisse active du 19e arrondissement. Elle accueille les messes dominicales, la catéchèse paroissiale, les grandes célébrations liturgiques et la fête patronale du 6 mars — jour de sainte Colette de Corbie.