Prière de Saint François d'Assise — Pour la paix et les animaux

Il a quitté la soie et l’or de son père pour épouser Dame Pauvreté. Il parlait aux loups, prêchait aux oiseaux et voyait dans chaque créature — du ver de terre au soleil — un frère ou une sœur donné par Dieu. Saint François d’Assise reste, huit siècles après sa mort, celui vers qui l’on se tourne quand on cherche la paix — avec les autres, avec soi-même, avec la Création tout entière. Voici les prières qui portent son nom et son esprit.
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où il y a la haine, que je mette l’amour. Là où il y a l’offense, que je mette le pardon. Là où il y a la discorde, que je mette l’union. Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité. Là où il y a le doute, que je mette la foi. Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance. Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière. Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à la vie éternelle. Amen.
Intention : Paix intérieure, écologie, simplicité Quand la réciter : Le 4 octobre, dans les conflits, pour la Création Comment : Seul ou en groupe, debout, les mains ouvertes
Prière de Saint François d’Assise pour la paix
C’est sans doute la prière la plus connue du monde chrétien. « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix » est récitée dans les églises, les écoles et les assemblées de tous les continents. Pourtant, il faut le dire avec honnêteté : cette prière n’a pas été écrite par François d’Assise. Elle apparaît pour la première fois en 1912 dans un bulletin paroissial normand, La Clochette, et se diffuse massivement pendant la Première Guerre mondiale. C’est au XXe siècle qu’on l’attribue au Poverello, sans doute parce qu’elle correspond si parfaitement à son esprit. L’Église n’a jamais tranché — elle la laisse circuler sous son patronage, tant elle incarne sa spiritualité.
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. Là où il y a la haine, que je mette l’amour. Là où il y a l’offense, que je mette le pardon. Là où il y a la discorde, que je mette l’union. Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité. Là où il y a le doute, que je mette la foi. Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance. Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière. Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à la vie éternelle. Amen.
Le Cantique des Créatures de Saint François
Celui-ci, en revanche, est authentique — et c’est un monument. Composé en 1225, un an avant sa mort, le Cantique de Frère Soleil est considéré comme le premier grand texte littéraire en langue italienne, avant même Dante. François l’a dicté alors qu’il était presque aveuglé, rongé par la maladie, portant les stigmates aux mains et aux pieds. C’est dans cette souffrance extrême qu’il a trouvé les mots pour louer chaque élément de la Création. La dernière strophe, sur « sœur la Mort corporelle », a été ajoutée sur son lit de mort à la Portioncule. Voici une traduction fidèle.
Très-Haut, tout-puissant, bon Seigneur, à toi les louanges, la gloire et l’honneur et toute bénédiction. À toi seul, Très-Haut, ils conviennent, et nul homme n’est digne de te nommer.
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, qui donne le jour, et par qui tu nous éclaires. Il est beau et rayonnant avec grande splendeur : de toi, Très-Haut, il porte le signe.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les Étoiles ; dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent, et pour l’air et le nuage et le ciel serein et tout temps, par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Eau, qui est très utile et humble et précieuse et chaste.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu, par lequel tu illumines la nuit ; il est beau et joyeux et robuste et fort.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi, et supportent maladies et tribulations. Bienheureux ceux qui les supporteront en paix, car par toi, Très-Haut, ils seront couronnés.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper. Malheur à ceux qui mourront en péché mortel ! Bienheureux ceux qu’elle trouvera dans tes très saintes volontés, car la seconde mort ne leur fera point de mal.
Louez et bénissez mon Seigneur, et rendez-lui grâces et servez-le avec grande humilité. Amen.
Prière de Saint François d’Assise pour les animaux
François n’a jamais rédigé de prière spécifique « pour les animaux » — mais toute sa vie en fut une. Les Fioretti racontent le loup de Gubbio, qu’il apprivoisa par la parole au lieu de le tuer. Les sources franciscaines décrivent le sermon aux oiseaux près de Bevagna, où les hirondelles se turent pour l’écouter. Il retirait les vers de terre du chemin pour qu’on ne les écrase pas. Cette prière de bénédiction des animaux s’inscrit dans la tradition franciscaine et est récitée chaque 4 octobre, jour de sa fête, dans de nombreuses paroisses lors de la bénédiction des animaux.
Seigneur Dieu, toi qui as créé toutes les créatures vivantes et les as confiées à notre garde, bénis les animaux qui partagent notre existence.
Par l’intercession de Saint François, qui voyait en chaque être vivant un frère ou une sœur, accorde-nous de respecter la vie sous toutes ses formes, de prendre soin des créatures que tu nous confies, et de reconnaître en elles le reflet de ta bonté.
Bénis les animaux qui nous accompagnent, ceux qui travaillent à nos côtés, ceux qui vivent dans les forêts et les océans, ceux que personne ne regarde.
Donne-nous le regard de François : un regard sans domination, un regard de fraternité, un regard qui sait voir en toute créature une louange vivante à ton Nom. Amen.
Prière de Saint François pour la simplicité
Quand le jeune Giovanni di Pietro Bernardone — c’est son vrai nom — a rendu ses vêtements à son père en plein tribunal d’Assise, nu devant l’évêque et la foule, il a posé le geste fondateur de la spiritualité franciscaine : le dépouillement total. Les Fioretti, ce recueil d’anecdotes du XIVe siècle, racontent que François appelait son corps « frère Âne » et qu’il préférait une grotte à un palais. La pauvreté n’était pas pour lui une privation mais une libération — se défaire de tout pour ne garder que l’essentiel. Cette prière s’inspire de cet esprit.
Seigneur, apprends-moi la joie de celui qui n’a rien et que rien ne retient.
Délivre-moi de l’attachement aux choses, de la peur de manquer, de l’illusion que posséder rend heureux.
Donne-moi la liberté de François, qui marchait pieds nus sur les routes d’Ombrie et trouvait dans le dénuement sa plus grande richesse.
Que je sache distinguer le nécessaire du superflu, le désir de l’essentiel, le bruit du silence où tu parles.
Accorde-moi la grâce de la simplicité : des mots vrais, des gestes justes, un cœur léger et les mains ouvertes.
Par l’intercession de Saint François, fais de ma vie un chemin dépouillé qui mène droit vers toi. Amen.
Pourquoi prier avec Saint François ?
François d’Assise est mort en 1226 — et pourtant, il n’a jamais été aussi actuel. Quand le pape a choisi en 2013 le nom de François — une première en deux mille ans de papauté — c’était un signal. L’encyclique Laudato Si’ (2015), consacrée à la sauvegarde de la maison commune, s’ouvre sur les mots du Cantique des Créatures. Ce que François intuait au XIIIe siècle, la science le confirme aujourd’hui : tout est lié, l’homme n’est pas propriétaire de la Terre mais son gardien.
Prier avec François, c’est entrer dans une spiritualité qui ne sépare pas le ciel de la terre. Sa vision de la Création comme famille — frère Soleil, sœur Eau, sœur la Mort — anticipe de huit siècles ce que l’écologie appelle l’interdépendance du vivant. C’est pour cette raison que le pape Jean-Paul II l’a déclaré patron des écologistes en 1979.
Mais François n’est pas qu’un écologiste avant l’heure. C’est aussi l’homme qui a traversé les lignes de front en pleine croisade pour rencontrer le sultan al-Kamil en 1219 — un dialogue interreligieux quand les épées parlaient. C’est l’homme qui a inventé la crèche de Noël à Greccio en 1223, pour que les plus simples comprennent l’Incarnation. C’est celui qui, comme Sainte Rita après lui, a reçu les stigmates — les marques de la Passion — dans sa chair, au mont Alverne en 1224. Sa vie est un manifeste : la paix n’est pas un vœu pieux, c’est un choix quotidien qui commence par le regard que l’on pose sur le monde et sur les plus fragiles.
Le saviez-vous ?
- La « Prière simple » n’est pas de François. Elle apparaît en 1912 dans un bulletin paroissial normand et se diffuse sur des images pieuses pendant la Première Guerre mondiale. C’est le cardinal Spellman de New York qui, en 1927, l’attribue définitivement à François. Le Vatican n’a jamais confirmé cette attribution — mais ne l’a jamais démentie non plus. Elle reste la prière la plus traduite au monde après le Notre Père.
- François est le premier stigmatisé de l’histoire chrétienne. En septembre 1224, lors d’une retraite au mont Alverne, il reçoit les cinq plaies du Christ — mains, pieds et côté. Le frère Élie, son successeur, en témoigne dans une lettre écrite le jour même de la mort de François. Avant lui, aucun cas de stigmates n’est attesté dans les sources.
- François est patron de l’écologie depuis 1979. Le 29 novembre de cette année, Jean-Paul II le déclare « patron céleste des écologistes ». C’est le premier — et à ce jour le seul — saint à porter ce titre. Chaque 4 octobre, la fête de Saint François est aussi la Journée mondiale des animaux, célébrée bien au-delà des cercles catholiques.