Grenoble
Histoire de Grenoble
Grenoble, préfecture de l’Isère (Auvergne-Rhône-Alpes, 157 477 habitants), porte un toponyme dont l’évolution est documentée dans la longue durée. Dans l’Antiquité, la bourgade s’appelait Cularo jusqu’en 381, nom d’origine celtique dont la signification reste sujette à débat. Dotée de remparts, la ville devint Gratianopolis sous le règne et en l’honneur de l’empereur Gratien — nom progressivement altéré en Grenoble. La première référence à la ville remonte à 43 av. J.-C. Au départ simple bourg gaulois (vicus) du nom de Cularo, située sur la voie romaine entre Vienne et l’Italie par le Montgenèvre, la bourgade est fortifiée sous Dioclétien et Maximien (entre 284 et 293), puis accède au rang de chef-lieu de cité, peut-être à la suite de la venue de l’empereur Gratien en 379. Un évêché y est attesté au moins depuis 381, avec à sa tête l’évêque Domnin.
Durant le IVe siècle, Gratianopolis compte environ 2 000 habitants sur ses neuf hectares; elle se présente comme une ville fortifiée plus rurale que commerçante, malgré la présence d’un port sur l’Isère, situé près de la place de Bérulle. Le premier évêque, Domnin, est attesté par sa présence au concile d’Aquilée en septembre 381. Plusieurs historiens spécialistes de l’Antiquité évoquent le passage d’Hannibal dans la cuvette grenobloise, soit en suivant le cours de l’Isère, soit en traversant le massif du Vercors d’ouest en est; aucune source archéologique n’a permis à ce jour de trancher.
Histoire religieuse à Grenoble
La ville possède un important patrimoine religieux, lié à la présence ancienne de nombreux couvents et témoignage de l’influence considérable qu’eurent les évêques de la ville. Chefs spirituels du diocèse, les évêques furent pendant plusieurs siècles également détenteurs du pouvoir temporel, en rivalité avec les Dauphins. La disposition spatiale rend compte de ces deux zones de pouvoir: d’un côté de la cité, le groupe épiscopal autour de la cathédrale Notre-Dame et de son parvis, symbole du pouvoir des évêques; de l’autre, le quartier delphinal avec la collégiale Saint-André et le palais du Parlement, symbole du pouvoir des Dauphins — « Deux places, deux juridictions, deux clochers qui se toisent avec instance ».
Patrimoine religieux à Grenoble
La cathédrale Notre-Dame, ensemble épiscopal de la rive sud, demeure l’édifice paroissial central de la ville, rattachée à la paroisse Notre-Dame de l’Espérance. La collégiale Saint-André, autre pôle ecclésial historique, fut le siège des chanoines liés au pouvoir delphinal. La basilique du Sacré-Cœur (paroisse Saint Jean XXIII) complète l’ossature paroissiale principale. Le tissu paroissial contemporain comprend également l’église Saint-Louis, l’église Notre-Dame-Réconciliatrice et l’église Saint-Vincent-de-Paul (toutes rattachées à la paroisse Notre-Dame de l’Espérance), l’église Saint-François-de-Sales et le centre œcuménique Saint-Marc (paroisse La Sainte Trinité). La plus vieille fontaine de Grenoble, située rue Saint-Laurent, porte la date de 1746; elle marque le quartier historique de la rive nord, où la mémoire monastique reste très présente. Plusieurs personnalités liées à la science et aux lettres sont natives de la ville, dont Stendhal (Henri Beyle), Jean-François Champollion, Joseph Fourier, Louis Néel, prix Nobel de physique en 1970, ainsi que les ingénieurs Aristide Bergès et Louis Joseph Vicat.