Saint-Quentin
Histoire de Saint-Quentin
Fondée par les Romains au Ier siècle sous le nom d’Augusta Viromanduorum — « la cité d’Auguste des Viromanduens » — la ville tira son nom définitif du martyre de Quintinus, apôtre d’Amiens décapité sur ce site, attesté dès 842. Le monastère qui se développa autour de son tombeau devint un important centre de pèlerinage et le moteur de la croissance médiévale de la cité. Au XIIe siècle, Saint-Quentin était une ville drapante prospère, carrefour commercial entre les foires de Champagne et les villes de Flandre. En 1557, la bataille de Saint-Laurent vit la défaite des armées françaises face aux Espagnols de Philippe II: le roi d’Espagne, reconnaissant de cette victoire remportée le jour de la Saint-Laurent, fit bâtir l’Escorial en ex-voto. Josquin des Prés, le plus grand compositeur de la Renaissance, fut maître de chœur de la collégiale en 1509; Gracchus Babeuf, le révolutionnaire égalitaire, y naquit en 1760; Henri Matisse commença à peindre ici en 1889, pendant une convalescence. La Première Guerre mondiale fut une catastrophe: occupée dès septembre 1914, pillée en 1917 après l’évacuation de sa population, Saint-Quentin vit 70 % de ses immeubles endommagés avant d’être libérée le 2 octobre 1918. La reconstruction donna au centre-ville plus de 3 000 immeubles Art déco, l’un des ensembles les plus cohérents de ce style en France.
Toponymie de Saint-Quentin
Augusta Viromanduorum associait le nom de l’empereur Auguste à celui des Viromanduens, peuple belge dont Vermand était la capitale. Le nom actuel dérive de « Sanctus Quintinus », attesté en 842, en référence au martyr Quentin dont les reliques sont conservées dans la basilique. Durant la Révolution, la commune porta successivement les noms de Linon-sur-Somme, Somme-Libre et Égalité-sur-Somme.
Patrimoine religieux à Saint-Quentin
La basilique Saint-Quentin, ancienne collégiale royale élevée au rang de basilique mineure en 1876, abrite les reliques du saint dans sa crypte ainsi que la dépouille de Josquin des Prés et de Loyset Compère, compositeurs de la Renaissance. Son orgue monumental Robert Clicquot (1703) fut le premier du titulaire Pierre Du Mage, dont le Premier Livre d’orgue (1708) compte parmi les sommets du répertoire baroque français. L’hôtel de ville gothique flamboyant (achevé en 1509), orné de 173 sculptures, et la collection de pastels de Maurice-Quentin de La Tour au musée Antoine-Lécuyer complètent le riche patrimoine civil de la ville.