Fréjus
Histoire de Fréjus
Fondée vers 49 avant notre ère par Jules César pour concurrencer Marseille, Forum Julii devint sous Auguste la seule base navale militaire romaine de Gaule, le second port après Ostie. C’est ici qu’Octave rapatria en -31 les galères capturées à Marc Antoine lors de la bataille d’Actium. Cornelius Gallus, poète latin et premier préfet d’Égypte, était natif de Fréjus. Sous Tibère, la ville fut dotée de son amphithéâtre, de son aqueduc, de son phare et de son théâtre, dont les vestiges constituent aujourd’hui la plus importante concentration d’architecture romaine de France après Arles. L’évêché fut l’un des premiers de Gaule, la première église étant attestée en 374. En 1299, l’évêque Jacques Duèze — futur pape Jean XXII — prit ses fonctions à Fréjus avant d’accéder à la papauté en 1316. Au XVIIIe siècle, André-Hercule de Fleury, évêque de Fréjus, devint précepteur du jeune Louis XV puis cardinal et Premier ministre du royaume. La tradition locale attribue à saint François de Paule la protection miraculeuse de la cité contre la peste de 1482, ce qui lui valut d’en devenir le saint patron. La catastrophe moderne la plus grave fut la rupture du barrage de Malpasset le 2 décembre 1959: la vague dévasta la ville en quelques minutes, faisant 423 morts.
Toponymie de Fréjus
Fréjus tire son nom de Forum Julii, littéralement « la place publique de Jules » — en référence à Jules César. La forme s’est contractée progressivement, passant par Foro Julii, puis Frejurio (1024), avant de se fixer sous sa forme actuelle à partir de 1416. Le nom s’écrit Frejús en provençal selon la norme classique.
Patrimoine religieux à Fréjus
La cathédrale Saint-Léonce forme avec son baptistère du Ve siècle, son cloître roman du XIIe siècle et le palais épiscopal ce qu’on appelle la cité épiscopale de Fréjus — l’un des ensembles paléochrétiens et médiévaux les mieux conservés du midi de la France. Le baptistère, à plan octogonal, est l’un des plus anciens de Gaule encore debout. La chapelle Notre-Dame-de-Jérusalem, dite chapelle Cocteau, décorée en 1963 par Jean Cocteau et achevée après sa mort par Edouard Dermit, constitue une œuvre d’art sacré du XXe siècle.