Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier
Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier
Messe(s) du week-end
Dimanche : 10h30
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Présentation de la cathédrale
Avec son porche-baldaquin monumental qui avance sur la rue comme deux bras ouverts, la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier ne ressemble à aucune autre. Née chapelle de monastère, devenue cathédrale par la volonté d’un pape, elle porte dans ses pierres l’histoire mouvementée d’une ville universitaire.
Histoire
Tout commence en 1364, quand le pape Urbain V, enfant du Gévaudan et ancien étudiant de Montpellier, fonde un monastère bénédictin dédié à saint Pierre. L’église du monastère Saint-Benoît-Saint-Germain est alors une construction gothique sobre, adaptée à la vie monastique. Urbain V, attaché à cette ville qui l’a formé, finance généreusement les travaux.
Le destin de l’édifice bascule en 1536 quand le pape Paul III transfère le siège épiscopal de Maguelone à Montpellier. La chapelle monastique devient cathédrale, un statut qui lui impose de grandir. Mais les guerres de Religion frappent durement : en 1567, les protestants saccagent l’édifice. Le chœur et le transept sont détruits. Il faudra attendre le XVIIe siècle pour que la reconstruction s’achève véritablement, sous l’impulsion de l’évêque Charles de Pradel.
La Révolution transforme brièvement le lieu en temple de la Raison. Au XIXe siècle, d’importants travaux de restauration redonnent à la cathédrale sa dignité, et la façade occidentale est remaniée. Classée Monument historique dès 1906, elle a connu une nouvelle campagne de restauration au début du XXIe siècle.
Architecture et trésors
L’élément le plus frappant est le porche-baldaquin de la façade occidentale : deux piliers massifs soutiennent un auvent de pierre qui crée une avancée spectaculaire, unique dans l’architecture gothique française. Ce dispositif, datant de l’église originelle du XIVe siècle, servait de transition entre l’espace public et le sacré.
La nef unique, caractéristique du gothique méridional, impressionne par ses dimensions : environ 27 mètres de hauteur sous voûte. Les chapelles latérales, ajoutées entre le XVe et le XVIIe siècle, abritent des œuvres variées. Le chœur reconstruit au XVIIe siècle mêle sobriété classique et héritage gothique.
Parmi les trésors, on remarque plusieurs tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles, un orgue dont le buffet date de 1778, et des vitraux modernes qui apportent une lumière colorée à l’ensemble. La chapelle du Saint-Sacrement conserve un retable en bois doré d’une grande finesse.
Visiter Saint-Pierre
La cathédrale se situe dans le quartier historique de l’Écusson, rue du Cardinal-de-Cabrières, à proximité de la faculté de médecine, la plus ancienne en activité du monde occidental. L’entrée est libre. L’édifice est généralement ouvert de 9h30 à 12h et de 14h30 à 19h.
Le quartier environnant mérite une promenade : la faculté de médecine voisine occupe l’ancien monastère fondé par Urbain V, et le jardin des Plantes, le plus ancien de France (1593), se trouve à quelques pas. La place de la Canourgue, toute proche, offre une vue dégagée sur le chevet de la cathédrale.
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Le saviez-vous ?
Le pape Urbain V, fondateur de l’édifice, est le seul pape d’Avignon à avoir été béatifié. Né Guillaume de Grimoard dans un village lozérien, il n’a jamais oublié Montpellier où il avait étudié le droit canon dans sa jeunesse.
Le porche-baldaquin, parfois surnommé « le chapeau du cardinal », est si inhabituel que plusieurs voyageurs du XIXe siècle l’ont pris pour un ajout postérieur. Il est pourtant d’origine et date bien du XIVe siècle, ce qui en fait l’un des rares exemples de ce type conservés en France.
Pendant les guerres de Religion, la cathédrale a changé plusieurs fois de mains entre catholiques et protestants. En 1561, les chanoines avaient même fait creuser un puits à l’intérieur de l’édifice pour résister à un éventuel siège.