Lyon
Histoire de Lyon
Lyon, préfecture du Rhône et chef-lieu de la région Auvergne-Rhône-Alpes (522 250 habitants), occupe la colline de Fourvière où fut fondée en 43 av. J.-C. la cité antique de Lugdunum. Ce nom est composé de deux mots gaulois: Lug, dieu celtique, et dunos « forteresse, colline » — « la forteresse de Lug ». Plus bas, dans l’actuel quartier Saint-Vincent, se trouvait le hameau gaulois de Condate, mot signifiant « confluent » et qui a donné son nom au quartier de la Confluence. Lucius Munatius Plancus fonde sur le site la colonie romaine de Colonia Copia Felix Munatia Lugdunum.
En 27 av. J.-C., Agrippa, gendre et légat d’Auguste, divise la Gaule: Lugdunum devient capitale de la province de Gaule lyonnaise et siège du pouvoir impérial pour les trois provinces gauloises, recevant le titre de Caput Galliarum, « Capitale des Gaules ». La cité atteint 50 000 à 80 000 habitants au IIe siècle. Deux empereurs romains y sont nés: Claude en 10 av. J.-C. et Caracalla en 186. En 64, les notables de Lugdunum envoient quatre millions de sesterces à Rome après le grand incendie; l’année suivante, Néron leur rend la pareille lorsque Lugdunum brûle à son tour.
Histoire religieuse à Lyon
La chute de l’Empire romain relègue Lyon à un rôle secondaire, mais la division de l’Empire carolingien la place en position de ville frontière. Jusqu’au XIVe siècle, le pouvoir politique demeure entre les mains de l’archevêque, qui défend l’autonomie de la cité; il faut attendre 1312-1320 pour voir l’institution consulaire contrebalancer son pouvoir, au moment même où la cité intègre définitivement le royaume de France. À la Renaissance, Lyon devient une grande ville commerçante européenne, avant que les guerres de Religion ne fauchent ce second âge d’or. La Révolution dévaste la ville, qui s’oppose en 1793 à la Convention. Antoine Chevrier (1826-1879), prêtre fondateur de la Société du Prado vouée à l’évangélisation des pauvres, est béatifié en 1986 par Jean-Paul II; l’abbé Pierre (Henri Grouès, 1912-2007) est également natif de Lyon.
Patrimoine religieux à Lyon
La colline de Fourvière est dominée par la basilique Notre-Dame de Fourvière, dédiée à l’Immaculée Conception, dont la construction a commencé en 1872. Fréquentée chaque année par plus d’un million de visiteurs, elle est devenue un des symboles de la puissance religieuse de la cité. Au sud de la colline se trouve l’église Saint-Just, détruite par les protestants en 1562 et reconstruite au XVIe siècle. Toute proche, l’église Saint-Irénée conserve les vestiges d’une abside paléochrétienne et abrite le calvaire de Lyon. Dans le Vieux Lyon, le quartier Saint-Jean est dominé par la primatiale Saint-Jean (cathédrale Saint-Jean), siège de l’archevêque de Lyon, primat des Gaules. À l’extrémité nord, le quartier Saint-Paul abrite une église des XIIe, XIIIe et XVe siècles présentant un mélange de roman et de gothique. La presqu’île, dans sa partie sud, abrite la basilique Saint-Martin d’Ainay, témoignage de l’art roman du XIe siècle. La chapelle de l’Hôtel-Dieu, place des Cordeliers, est de style baroque; l’église Saint-Bonaventure, ancienne église des Cordeliers, date des XIVe et XXe siècles; la chapelle de la Trinité du XVIIe siècle, au lycée Ampère, témoigne de l’art baroque lyonnais. L’église Saint-Nizier, de style gothique flamboyant et Renaissance, a été construite du XIVe au XVIIe siècle. Sur la Croix-Rousse, l’église Saint-Polycarpe, l’église Saint-Denis, l’église du Bon-Pasteur (désaffectée) et l’église Saint-Bruno-les-Chartreux — chef-d’œuvre baroque de Ferdinand-Sigismond Delamonce — composent le paysage religieux ancien.