Niort
Histoire de Niort
Le nom de Niort apparaît sur une monnaie mérovingienne vers 940 sous la forme Noiordo, composé de deux éléments gaulois signifiant « nouveau gué », ce qui désignait le passage sur la Sèvre Niortaise autour duquel la ville s’organisa. En 1137, Niort intégra la dot d’Aliénor d’Aquitaine lors de son mariage avec Louis VII, puis en 1152 passa sous domination plantagenêt quand Aliénor épousa Henri, futur roi d’Angleterre: celui-ci et son fils Richard Cœur de Lion firent construire les donjons jumeaux de la forteresse dont le double keep roman, classé monument historique depuis 1840, domine encore la Sèvre. La ville revint définitivement dans le giron français en 1372 grâce à Bertrand du Guesclin, qui prit la garnison anglaise par surprise en faisant revêtir à ses soldats des uniformes ennemis. Au XVIe siècle, Niort embrassa la réforme protestante avec conviction, devenant un foyer huguenot dont le temple pouvait accueillir 6 000 fidèles. Les dragonnades (1668-1685) contraignirent de nombreuses familles protestantes à fuir vers le Canada, portant avec elles le commerce des peaux et des fourrures qui avait fait la prospérité de la ville. Françoise d’Aubigné, future Mme de Maintenon — épouse morganatique de Louis XIV —, fut baptisée dans l’église Notre-Dame en 1635. Napoléon traversa Niort dans la nuit du 2 au 3 juillet 1815, en chemin vers Rochefort et l’exil à Sainte-Hélène, passant une de ses dernières nuits en terre française à l’auberge de la Boule d’Or. La chamoiserie et la ganterie structurèrent l’économie niortaise jusqu’à la fin du XXe siècle, avant que les mutuelles d’assurances ne prennent le relais comme moteur économique principal.
Toponymie de Niort
La forme Noiordo (940), puis Nyorto (1204), décompose en gaulois nouiios (« neuf, nouveau ») et ritu- (« gué »), donnant le sens de « nouveau gué ». Ce type toponymique, fréquent dans la France de l’Ouest, a abouti à la terminaison en –ort par coalescence progressive.
Patrimoine religieux à Niort
L’église Notre-Dame, dont la construction remonte au XIVe siècle et qui doit son aspect actuel aux XVe-XVIe siècles, réunit une nef gothique angevine à voûtes à huit nervures, un portail nord dédié à la Vierge où gothique finissant et ornements de la Renaissance se mêlent, et une flèche de 76 mètres qui reste la plus haute du département. Elle conserve la cuve baptismale qui servit au baptême de Françoise d’Aubigné en 1635. L’église Saint-Florent, dont les parties les plus anciennes remontent au Moyen Âge, a intégré dans ses murs des bas-reliefs d’époque préromane au modelé archaïque.