Chapelle de la compassion
Chapelle de la compassion
Messe(s) du week-end
Dimanche : 11h00
Dimanche : 20h00
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Présentation de l'église
L’église Notre-Dame-de-Compassion est un lieu de culte catholique situé place du Général-Kœnig (porte des Ternes) dans le 17e arrondissement de Paris, qui faisait jusqu’en 1929 partie du territoire de la commune de Neuilly-sur-Seine. Le bâtiment est classé au titre des monuments historiques depuis le 21 janvier 1929 et est desservi par la station de métro Porte Maillot.
L’histoire de l’édifice est indissociable d’un événement tragique de l’histoire royale française : la chapelle commémorative de l’accident du duc Ferdinand-Philippe d’Orléans. Le 13 juillet 1842, le duc d’Orléans — héritier du trône de France en tant que fils aîné du roi Louis-Philippe Ier — mourut d’une chute de cheval sur la route de la Révolte, près de l’actuelle porte des Ternes. Cet accident, qui eut un retentissement considérable dans le royaume, privait la monarchie de Juillet de son héritier attendu et brisait la lignée dynastique orléaniste.
Le roi Louis-Philippe, profondément affecté par la mort de son fils, décida immédiatement la construction d’une chapelle commémorative sur le lieu même de l’accident. Les plans furent confiés à Pierre-François-Léonard Fontaine — architecte de Napoléon Ier puis des Bourbons, figure majeure de l’architecture française du premier XIXe siècle — et la construction s’étala de 1842 à 1843. L’édifice, achevé en quelques mois seulement dans un effort de commémoration accéléré, reflétait l’urgence mémorielle et l’importance politique de l’événement.
Le parti architectural retenu par Fontaine relève du style néo-byzantin — choix stylistique relativement rare à Paris à cette époque, mais conforme à la sensibilité historiciste du maître d’œuvre. Le plan, probablement en croix grecque ou selon un parti centré, évoque l’architecture funéraire orientale et les traditions chrétiennes primitives. Les coupoles, les arcades en plein cintre et le décor polychrome inspiré des basiliques ravennates caractérisent ce parti stylistique.
Le vocable de Notre-Dame-de-Compassion — c’est-à-dire la Vierge Marie dans sa dimension de mère souffrante —, centré sur la dévotion aux Sept Douleurs de la Vierge, correspondait directement au contexte de deuil dynastique à l’origine de la chapelle. Cette dédicace mariale est particulièrement fréquente dans les sanctuaires commémoratifs français du XIXe siècle, où la figure de Marie au pied de la Croix sert d’analogue à la douleur des familles endeuillées.
L’intérieur de la chapelle conserve un programme iconographique consacré au duc d’Orléans et à la mémoire royale : statue monumentale du duc agonisant, peintures murales représentant la Vierge de Compassion et les scènes funéraires, inscriptions commémoratives rappelant les circonstances de l’accident. Cet ensemble mémoriel fait de l’édifice autant une chapelle commémorative princière qu’une église paroissiale ordinaire.
La Révolution de 1848 et la proclamation de la Seconde République n’entraînèrent pas la destruction de l’édifice, qui conserva sa vocation commémorative sous les régimes suivants — Second Empire, Troisième République, et jusqu’à nos jours. Cette pérennité mémorielle, malgré les changements politiques qui auraient pu remettre en cause la dignité commémorative orléaniste, témoigne de la valeur patrimoniale reconnue du sanctuaire.
Le classement au titre des monuments historiques en 1929 entérina cette reconnaissance. À cette même époque, le territoire sur lequel se dressait la chapelle — alors commune de Neuilly-sur-Seine — fut rattaché administrativement à Paris dans le cadre des transformations urbaines qui intégrèrent plusieurs quartiers périphériques à la capitale.
L’édifice actuel, incorporé dans le 17e arrondissement parisien, continue de remplir ses fonctions liturgiques et commémoratives. Les peintures, les mosaïques, les statues et les inscriptions qui couvrent l’intérieur déploient un programme iconographique à la fois religieux et historique, unique dans le paysage religieux parisien.
Rattachée à l’archidiocèse de Paris, Notre-Dame-de-Compassion accueille les messes dominicales, les grandes célébrations liturgiques et les cérémonies commémoratives liées à la mémoire du duc d’Orléans — notamment chaque 13 juillet, jour anniversaire de l’accident de 1842.