Église Saint-Nicolas-des-Champs
Église Saint-Nicolas-des-Champs
Messe(s) du week-end
Dimanche : 11h00
Dimanche : 19h00
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Présentation de l'église
L’église Saint-Nicolas-des-Champs, située à Paris dans le 3e arrondissement, est un édifice religieux catholique dont la construction s’est déroulée en cinq étapes pendant deux cents ans — de 1420 à 1620 — livrant au final une église qui relève principalement de l’architecture gothique flamboyant. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 10 février 1887.
Le toponyme des « Champs », qui caractérise l’édifice dans son appellation traditionnelle, rappelle la situation médiévale de l’église à l’extérieur des murs de Paris. Au Moyen Âge, avant l’extension des enceintes sous Philippe Auguste puis Charles V, le quartier actuel du Marais n’appartenait pas à la cité enclose mais formait un faubourg rural marqué par les cultures maraîchères et les jardins. La dénomination « des Champs », fréquente dans la toponymie parisienne médiévale (Saint-Germain-des-Prés, Saint-Martin-des-Champs), témoigne de cette ruralité primitive.
Le vocable de saint Nicolas — évêque de Myre au IVe siècle, patron universel particulièrement populaire en Europe médiévale — est l’une des dédicaces les plus fréquentes dans le paysage religieux français. Nicolas, défenseur des enfants, des voyageurs, des marchands et des marins, est devenu au fil des siècles l’une des figures hagiographiques les plus invoquées. La dédicace de l’église parisienne à ce saint s’inscrit dans cette diffusion continentale de son culte.
La construction de l’édifice actuel s’est étalée sur deux siècles exactement — de 1420 à 1620 —, soit cinq campagnes successives qui ont progressivement édifié le vaisseau, le transept, les chapelles latérales et la façade. Cette durée exceptionnellement longue, comparable à celle de certaines grandes cathédrales, permit l’accumulation des styles architecturaux successifs dans un même édifice, bien que le parti général demeure celui du gothique flamboyant dominant au XVe siècle.
La première campagne, dans les années 1420, succéda à un édifice primitif du XIIe siècle devenu insuffisant pour la population paroissiale croissante du quartier. Le Marais, en pleine mutation urbaine à la fin du Moyen Âge avec l’implantation d’hôtels particuliers aristocratiques, nécessitait des sanctuaires de grande dimension. Les campagnes suivantes — 1480-1500, 1540-1560, 1580-1600 et enfin 1615-1620 — complétèrent progressivement l’édifice en conservant la cohérence stylistique flamboyante.
Cette persistance du gothique flamboyant jusqu’au début du XVIIe siècle — alors que la Renaissance s’était depuis longtemps imposée dans l’architecture royale française — caractérise les commandes paroissiales parisiennes qui conservaient un conservatisme stylistique marqué. Le choix de poursuivre le chantier dans le même parti architectural, plutôt que d’adopter les formes Renaissance ou baroques émergentes, témoigne de la cohérence visuelle voulue par les commanditaires et de la tradition des ateliers gothiques parisiens.
Le plan associe une nef à trois vaisseaux, un transept peu saillant, un chœur à chevet polygonal à cinq pans et un déambulatoire avec chapelles rayonnantes. L’élévation intérieure, rythmée par des piles à faisceaux de colonnettes engagées, combine des voûtes d’ogives à liernes et tiercerons, des arcades en arc brisé et des baies à remplages flamboyants à soufflets et mouchettes. Cette disposition cathédraliste, transposée aux dimensions d’une église paroissiale urbaine, fait de Saint-Nicolas-des-Champs l’une des plus vastes églises paroissiales du centre historique parisien.
L’intérieur conserve un mobilier liturgique d’une grande richesse, issu des différentes époques paroissiales : maître-autel baroque du XVIIe siècle, stalles sculptées, chaire à prêcher ouvragée, confessionnaux, chapelles latérales richement ornées, tableaux d’autel — notamment l’Adoration des bergers de Simon Vouet —, et un ensemble exceptionnel de trente-trois toiles peintes au XVIIe siècle consacrées à la vie de saint Nicolas et aux saints patrons secondaires.
Le grand orgue, construit à la fin du XVIIe siècle par les célèbres facteurs parisiens et plusieurs fois restauré, notamment par les Cavaillé-Coll au XIXe siècle, compte parmi les instruments les plus importants de Paris. Il sert régulièrement pour les offices liturgiques et les concerts de musique sacrée.
Rattachée à l’archidiocèse de Paris, Saint-Nicolas-des-Champs est une paroisse active du 3e arrondissement. Elle accueille les messes dominicales, la catéchèse paroissiale, les grandes célébrations liturgiques et la fête patronale du 6 décembre — jour de saint Nicolas de Myre — particulièrement suivie dans les paroisses françaises.