Église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux
Église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux
Messe(s) du week-end
Samedi : 18h15
Dimanche : 11h00
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Présentation de l'église
Située au 12 de la rue des Blancs-Manteaux dans le quartier du Marais, au cœur du 4e arrondissement de Paris, l’église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux est l’une des paroisses historiques les plus anciennes de la rive droite parisienne. Son vocable marial remonte à 1258, date de l’installation des « Serviteurs de la Sainte Vierge » — ordre mendiant marial qui portait l’habit blanc, d’où le nom de « Blancs-Manteaux » donné à la communauté et, par extension, à la rue et à l’église qui s’y élevèrent.
La première communauté des Blancs-Manteaux fut établie à Paris à la demande du chevalier Pierre Luillier et de son épouse Mahaut Boucher d’Orsay, grands donateurs parisiens du XIIIe siècle. La première église, orientée est-ouest le long de la rue des Blancs-Manteaux, fut construite pour accueillir la communauté et sa pastorale mariale. Cet ordre disparut au XIVe siècle et fut remplacé par les Guillemites, puis par les Bénédictins de Saint-Maur au XVIIe siècle — lignée monastique qui se perpétua jusqu’à la Révolution.
L’édifice actuel, construit entre 1685 et 1690 sous la direction de l’architecte Charles Duval, relève du baroque français dans sa version classicisante. Le plan associe une nef à trois vaisseaux, un transept peu saillant et un chœur à chevet plat. L’élévation, sobre, combine des arcades en plein cintre sur piles engagées, des chapelles latérales communicantes et des voûtes en berceau. Cette disposition, conforme au modèle des grandes églises conventuelles parisiennes du XVIIe siècle, privilégie la clarté spatiale et la fonctionnalité liturgique sur la richesse ornementale.
La façade occidentale, ajoutée en 1863, remplaça une façade antérieure jugée vétuste. Conçue par Victor Baltard — architecte célèbre pour les pavillons des Halles de Paris — en collaboration avec Gilbert-Eugène Brune, elle fut entièrement reconstruite en intégrant les éléments sculptés de la façade de l’église Saint-Éloi-des-Barnabites, démolie sous le Second Empire lors des travaux haussmanniens. Cette façade « rapportée » constitue l’une des rares opérations parisiennes de ce type, consistant à transférer l’ornementation d’un édifice détruit vers un autre conservé — pratique qui témoigne de l’attention patrimoniale portée par Baltard aux sculptures menacées par les démolitions.
L’intérieur conserve un mobilier liturgique d’exceptionnelle qualité, particulièrement une chaire à prêcher de 1749 signée du sculpteur allemand Schneider — sommet de la menuiserie sacrée qui provenait à l’origine de l’abbaye augustine de Bamberg — et un ensemble de boiseries, stalles et tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles issus pour partie de communautés religieuses supprimées à la Révolution et redistribués à la paroisse au XIXe siècle. Le grand orgue, restauré à plusieurs reprises, sert régulièrement pour les concerts de musique sacrée.
Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux est aujourd’hui servie par les prêtres de la communauté Saint-Martin, congrégation sacerdotale attachée à la vie liturgique soignée et à l’animation pastorale des paroisses urbaines. Rattachée à l’archidiocèse de Paris, l’église accueille les messes dominicales selon une liturgie solennelle, les grandes célébrations liturgiques et les concerts de musique sacrée dans le cadre des saisons culturelles du Marais.