Visitation de la Vierge Marie — Quand Marie rencontre Élisabeth

Visitation, 31 mai, Marie rend visite à sa cousine Élisabeth également enceinte

Une jeune femme enceinte traverse à pied les collines de Judée. Elle marche vers sa cousine, plus âgée, qui attend elle aussi un enfant. Leur rencontre va produire l’un des plus beaux chants de la Bible.

Qu’est-ce que la Visitation ?

La Visitation désigne la visite de Sainte Marie à sa cousine Élisabeth, peu après l’Annonciation. L’Évangile de Luc raconte la scène au chapitre 1. L’ange Gabriel vient d’annoncer à Marie qu’elle portera le Messie. Il lui révèle aussi qu’Élisabeth, réputée stérile, attend un fils depuis six mois. Marie part aussitôt. Pas pour vérifier. Pour servir.

Le voyage depuis Nazareth jusqu’à la maison de Zacharie, dans les montagnes de Judée, représente environ 150 kilomètres. Plusieurs jours de marche. À son arrivée, Élisabeth sent l’enfant tressaillir dans son ventre. Elle s’exclame : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de ton ventre est béni. » Marie répond par le Magnificat, un hymne de louange qui deviendra l’un des textes les plus récités de la tradition chrétienne.

Date de la Visitation en 2026 et 2027

La Visitation est célébrée le 31 mai, date fixe dans le calendrier liturgique romain. En 2026, elle tombera un dimanche. En 2027, ce sera un lundi. Avant la réforme du calendrier liturgique après Vatican II, la fête se situait au 2 juillet. Le déplacement au 31 mai permet de respecter la chronologie évangélique : la Visitation se place entre l’Annonciation (25 mars) et la naissance de Saint Jean-Baptiste (24 juin).

Trouver une messe pour la Visitation

Vous cherchez une messe pour la Visitation ? Consultez les horaires de messe dans votre commune pour trouver une célébration près de chez vous.

Traditions et célébrations

La Visitation est avant tout une fête de la rencontre. Dans de nombreuses paroisses, ce jour est l’occasion de célébrer la solidarité entre femmes, entre générations, entre croyants. Des veillées de prière à Sainte Marie sont organisées, centrées sur le Magnificat.

Ce cantique tient une place à part dans la liturgie. Chanté chaque soir aux Vêpres, il est l’un des trois cantiques évangéliques, avec le Benedictus de Zacharie et le Nunc dimittis de Siméon. Son texte est à la fois poétique et radical : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. » Des compositeurs de toutes les époques l’ont mis en musique, de Bach à Pärt.

En Terre sainte, l’église de la Visitation se dresse à Ein Karem, village des collines de Jérusalem. Sa façade affiche le Magnificat traduit en quarante-deux langues. Des pèlerins du monde entier viennent y lire le texte dans leur langue maternelle. Le lieu conserve aussi une grotte vénérée comme le refuge d’Élisabeth.

L’ordre de la Visitation, fondé par saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal en 1610, porte le nom de cette fête. Les visitandines vivent une vie contemplative, mais leur fondation s’est distinguée dès l’origine par l’accueil des femmes de santé fragile, refusées par les autres ordres.

La réponse de Marie à Élisabeth est le Magnificat, l’un des textes les plus chantés de la liturgie chrétienne. « Mon âme exalte le Seigneur… Il a renversé les puissants de leurs trônes, il a élevé les humbles. Il a comblé de biens les affamés, renvoyé les riches les mains vides. »

Des théologiens de la libération aux musiciens de toutes les époques — de Bach à Vivaldi, d’Arvo Pärt à John Rutter —, le Magnificat a été repris, commenté, chanté. Certains régimes autoritaires d’Amérique latine l’ont même censuré tant ses paroles résonnaient comme un programme politique. Un cantique de femme enceinte devenu texte subversif : l’histoire de la Visitation est pleine de paradoxes de ce genre.

Les peintres ont adoré cette scène. La Visitation de Pontormo, à Carmignano, montre deux femmes s’étreignant avec une intensité presque vertigineuse — leurs regards se croisent, leurs ventres se touchent. Giotto, Raphaël, Ghirlandaio ont chacun interprété ce moment avec des choix révélateurs : tantôt hiératique, tantôt tendre, tantôt presque domestique. C’est l’un des rares épisodes bibliques où toute la charge émotionnelle repose sur des femmes, sans présence masculine.

Le saviez-vous ?

  • Le Magnificat est né de cette rencontre. Ce chant de Marie, prononcé chez Élisabeth, est devenu l’un des textes les plus chantés de l’histoire de la musique sacrée. Il a inspiré plus de 200 compositions, dont celles de Vivaldi, Bach et Monteverdi.

  • Le village d’Aïn Karem, près de Jérusalem, est traditionnellement identifié comme le lieu de la Visitation. L’église de la Visitation, construite sur deux niveaux, abrite des murs couverts de plaques où le Magnificat est inscrit dans plus de 60 langues différentes.

  • La fête a changé de date après Vatican II. Initialement fixée au 2 juillet par le pape Urbain VI en 1389, elle a été déplacée au 31 mai lors de la réforme liturgique de 1969, pour respecter l’ordre chronologique des événements évangéliques.