Issy-les-Moulineaux
Histoire d’Issy-les-Moulineaux
Issy-les-Moulineaux est une commune de Hauts-de-Seine, en Île-de-France, qui compte 68 580 habitants. À l’origine, Issy-les-Moulineaux s’appelait simplement Issy, ce nom venant peut-être du latin médiéval Issiacum, Isiacum ou Isciacum, « domaine d’Isicius », un propriétaire foncier gallo-romain, mais cette version de l’abbé Lebeuf est contestée par une autre version du même abbé, dans laquelle il le nomme Isciacus ou bien Fiscus Isciacensis. Renommée L’Union sous la Révolution, c’est en 1893 qu’Issy prend officiellement le nom d’Issy-les-Moulineaux. Les Moulineaux était le nom d’un petit hameau sur le territoire de la commune, appelé ainsi à cause des moulins qui s’y trouvaient.
Certains étymologistes des ont voulu trouver dans le nom Issy un rapport avec celui de la déesse Isis et montrer que le village lui était dédié. Il s’agit probablement d’une affirmation fantaisiste: certes la présence de son culte dans les provinces gauloises de l’Empire romain, dont le bassin de Lutèce, est attestée par de nombreuses sources épigraphiques, mais il ne semble guère exister de bases historiques sérieuses concernant le site d’Issy. en donne une partie à l’église de Saint-Vincent de Paris; Hugues Capet l’imite, et Robert distribue le reste du domaine à d’autres églises. En 907, Charles le Simple y réside. Au, le prieur de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés est seigneur d’Issy. La vie spirituelle est réglée par le séminaire et autour de l’église Saint-Étienne.
La reine Marguerite de Valois avait à Issy une propriété où, en 1605, elle se retire pour fuir la peste qui sévissait à Paris, propriété qui appartient ensuite au séminaire Saint-Sulpice. En 1863, l’hospice des Petits-ménages et l’hospice Devillas sont transférés à l’est du bourg d’Issy dans de vastes locaux. En 1418, le prieuré hospitalier de Saint-Jean de Latran, seigneur en grande partie de Fontenay possède des vignes à Bagneux, et à Issy, ces dernières rapportant dix livres huit sols par queue de vin. Mais la commanderie ne vend que le surplus de la récolte, le reste étant consommé par les frères de la commanderie. Au, Les Moulineaux faisaient partie de la commune de Meudon. Ce hameau était une ferme que Jean de Meudon, chanoine de Noyon, de la Chartreuse de Paris, possédait en 1343, et qu’il lègue aux Chartreux.
Il y existait des carrières de craie, d’où l’on extrayait ce qu’on appelle du blanc de Meudon. Le hameau des Moulineaux est rattaché à la ville d’Issy, le quartier des Moulineaux n’aura pas sa propre paroisse avant le début du, l’église Sainte-Lucie étant érigée en 1905. La maison de Conti, branche cadette de la maison de Bourbon et issue de la maison de Condé, possédait de nombreuses propriétés, dont le château d’Issy, aujourd’hui détruit et remplacé par le musée français de la carte à jouer, où il subsiste encore une tour. Le château avait été acheté le par François-Louis de Bourbon-Conti pour. Issy était alors une terre marécageuse. C’était un château de style Renaissance avec de grands jardins aménagés par Le Nôtre.
Les princes de Conti y vivent jusqu’en 1777. C’est pendant cette période qu’Issy se développe. Sur les princes de Conti à Issy, voir le catalogue de l’exposition tenue en 2002 au Musée français de la carte à jouer: Les Conti à Issy. Après la défaite de Waterloo, une dernière victoire française à Rocquencourt le n’empêche pas les Prussiens d’occuper, le 2, Sèvres, les Moulineaux et Issy, menaçant directement Paris, de ce côté très peu fortifié. Le maréchal Davout ayant donné l’ordre à Vandamme, qui commande sur la rive gauche, d’éloigner la menace et de reprendre Issy, la division Vichery, partant de Vaugirard et soutenue par la division Hulot, tente par trois fois, aux premières heures du de reprendre Issy. Elle est, à chaque fois, repoussée.
Vers huit heures du matin, les Prussiens retirent sur les hauteurs d’Issy les troupes qu’ils avaient avancées au sud-ouest de Vaugirard. L’invitation adressée par Blücher aux émissaires du gouvernement français de le rejoindre à Saint-Cloud pour entamer les pourparlers d’armistice parvient à ceux-ci dans la matinée. Durant la crue de la Seine de 1910, Issy-les-Moulineaux est inondée comme les villes voisines situées le long du fleuve. Le 29 janvier, le quotidien L’Intransigeant écrit:. sur l’aérodrome d’Issy-les-Moulineaux, 1922.
EYE Film Instituut Nederland. Le y voit naître l’aviation européenne sur ce qui était depuis 1890 un champ de manœuvres militaires. La ville acquiert progressivement des terrains supplémentaires, notamment pour les industries aéronautiques. Ce terrain est délimité approximativement par la rue Guynemer, le boulevard des Frères-Voisin et le boulevard Gallieni côté Issy-les-Moulineaux, et le boulevard des Maréchaux côté Paris (emplacement des anciennes fortifications). Il est rattaché depuis 1930 à la commune de Paris. L’actuel Héliport de Paris – Issy-les-Moulineaux – Valérie-André en occupe l’emplacement.
Entre autres événements mémorables, le premier kilomètre en circuit fermé y est réalisé le par Henri Farman sur avion Voisin. Henri Farman y découvre comment prendre un virage avec un aéroplane en l’inclinant et du même coup démontre que ces machines volantes sont manœuvrables. Une illustration de cette performance orna longtemps la flamme postale de la ville. Les premiers grands concours aériens, le Circuit de l’Est en 1910 et la course Paris-Madrid en 1911, ont pour terrain de départ le « champ d’aviation d’Issy-les-Moulineaux ». Le départ de la course Paris-Madrid est endeuillé, le, par la « catastrophe d’Issy-les-Moulineaux », lorsqu’un concurrent victime d’ennuis de moteur et cherchant à se reposer s’abat sur les officiels, tuant le ministre de la Guerre et blessant gravement le président du Conseil. Le marquis Raul Pateras Pescara de Castelluccio, un Argentin qui vient de s’installer à Paris, y essaie ses hélicoptères à partir de 1922.
Il y fait un parcours en ligne droite de en. Il obtient le record du monde de distance enregistré par la FAI avec. À Issy-les-Moulineaux, un modeste et discret monument est érigé derrière l’hôtel de ville à la mémoire de ce passé. On peut y lire « Issy-les-Moulineaux, berceau de l’aviation ». Plusieurs toponymes en rappellent le souvenir: un stade de football, baptisé Stade Voisin en hommage à ces frères avionneurs, un boulevard qui porte également leur nom (au se trouve l’Organisme pour la Sécurité de l’Aviation Civile), un square Louis-Blériot, une rue Georges-Guynemer (il n’était pas un pionnier mais le grand as de la guerre 14-18). Un avion (Blériot?) est aussi présent dans les armes de la ville, entouré de trois moulins.
Dans les années 1920, Citroën bâtit une usine à Issy-les-Moulineaux, pour faire face à la forte demande d’automobiles, son usine du quai de Javel à Paris ne suffisant pas à y répondre. Issy-les-Moulineaux fait partie de la petite ceinture parisienne, au-delà des fortifications. Jusqu’au début du, c’est un bourg semi-rural qui accueille beaucoup d’artisans et d’ouvriers. Lors de la mise en service de la ligne des Moulineaux en, la desserte d’Issy est assurée par la gare des Moulineaux – Billancourt. Le conseil municipal d’Issy réclame dès le l’établissement d’une halte supplémentaire à hauteur de la rue de l’Abreuvoir (actuelle rue Rouget-de-Lisle), dans un quartier à vocation industrielle. Mais la compagnie de l’Ouest refuse.
En 1901-1902, la ligne des Invalides à Versailles-Rive-Gauche est mise en service et la gare d’Issy-Ville (actuellement gare d’Issy) est ouverte. En 1902, la gare d’Issy-Plaine (actuellement gare d’Issy-Val de Seine) est ouverte à la jonction des lignes de Versailles et des Moulineaux, mais seuls les trains de cette dernière ligne y marquent l’arrêt dans un premier temps. La commune est desservie par deux stations de métro (ligne 12 du métro de Paris) à partir de 1934: Petits-Ménages (Corentin Celton depuis 1945) et Mairie d’Issy qui est toujours le terminus de la ligne. Une extension, soutenue par le maire d’Issy-les-Moulineaux, est réclamée depuis de nombreuses années vers le quartier des Moulineaux. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les bombardements des usines Renault provoquent régulièrement des dégâts alentours. Celui du est particulièrement meurtrier puisqu’il cause 28 morts à Issy-les-Moulineaux.
Dans un contexte de fin de guerre d’Algérie et de signature des Accords d’Évian, un attentat à la voiture piégée survient le 10 mars 1962, au 25 avenue Victor-Cresson, entraînant la mort de trois personnes et faisant quarante-sept blessés. Les ensembles HLM actuels ont été construits autour des années 1960/1970 et ont été rénovés sans qu’il ait été envisagé de les reconstruire. La ville comporte des logements vides au tournant des années 1960/1970 et ils commencent à être squattés, dans le sillage de l’activisme gauchiste autour de la cause palestinienne en novembre 1971 dans le de Paris. Une famille de huit enfants qui vivaient depuis deux ans en caravane, sous un pont de chemin de fer, s’installe illégalement dans la villa inoccupée du pianiste de la chanteuse Rika Zaraï, dénigrée pour son soutien militant à l’État d’Israël, sur les hauteurs dominant la Seine, au 13 rue Henri-Tariel. Puis des ouvriers yougoslaves vivant dans des baraquements à Clamart occupent en particulier depuis janvier 1971 deux maisons vides et cette occupation est contestée, mais se poursuit. Pour fêter cette occupation victorieuse est organisé un bal par des militants du Secours rouge (France) qui les avaient aidé à opérer ce transfert et cette occupation.
C’est alors qu’éclate l’affaire du bal d’Issy-les-Moulineaux de 1972. La ville d’Issy-les-Moulineaux a longtemps conservé un côté champêtre qui n’existe plus. Le changement de physionomie de la ville s’est inscrit dans l’évolution des quartiers. Ainsi, le « quartier Jean-Pierre-Timbaud » a retrouvé son ancien nom du quartier de la ferme. Il appartient en réalité au quartier des Moulineaux, dont dépend la paroisse Sainte-Lucie. Le « quartier de la ferme » doit son nom à une ancienne ferme dont on pouvait trouver quelques vestiges sur le siège de l’ancienne imprimerie Saint-Paul, dont il ne reste rien depuis la reconstruction du quartier le long de la rue Jean-Pierre-Timbaud.
Depuis plus de trente ans, Issy-les-Moulineaux offre un visage en mutation, en réhabilitant des quartiers entiers. Ainsi, plus de 40 % de la superficie de la ville, à l’état de friches industrielles ou simplement inaccessible, a donné lieu à l’aménagement de nouveaux quartiers, comportant respect de l’environnement et accès aux nouvelles technologies. Après l’ouverture de deux nouveaux écoquartiers (Fort Numérique et Bords de Seine) et la constitution d’un programme immobilier Cœur de ville, la ville poursuit son développement.