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Valognes

Manche · Normandie

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Valognes

Valognes, commune de la Manche en Normandie, peuplée de 6 791 habitants, s'est développée à proximité de l'ancienne cité gallo-romaine d'Alauna, fondée à l'époque augustéenne sur environ 45 hectares et abandonnée au IIIe siècle. Prise et incendiée au IXe siècle lors des raids vikings, la ville est cédée en 933 avec le Cotentin par le roi des Francs Raoul aux ducs de Normandie. À l'aube de l'an mil, elle devient une résidence ducale : la curtis de Valognes fait partie du douaire de la duchesse Adèle, constitué vers 1025-1026 lors du mariage de Richard III de Normandie. En 1046, le jeune duc Guillaume y est averti d'une conspiration de barons normands. Le 8 décembre 1174, un traité y est signé entre le roi d'Angleterre et Guillaume le Lion, roi d'Écosse. En avril 1256, la ville reçoit la visite de Saint Louis. Pendant la guerre de Cent Ans, Valognes est pillée le 18 juillet 1346 par l'armée anglaise, puis assiégée par Bertrand du Guesclin en 1364. Lors des guerres de Religion, le 15 juin 1562, des réformés entrent dans la ville et brisent les ornements et les statues de l'église Saint-Malo, convertie en écurie, tandis que le couvent des Cordeliers est saccagé le 18 juin, avec l'assassinat du frère Guillaume Le Cervoisier qui tentait de protéger les vases sacrés. La ville prospère durant les XVIIe et XVIIIe siècles et devient la ville principale du Cotentin, qu'Alain-René Lesage évoque ironiquement comme « un petit Paris » dans Turcaret (1709).

Toponymie de Valognes

Le nom est attesté sous les formes Manuine en 996-1008, Valongias en 1027, in Valoniis en 1056-1066, de Valonis en 1146, Valuignes/Valoignes vers 1175. Selon la majorité des toponymistes, il s'agit d'un type toponymique celtique (gaulois). François de Beaurepaire y reconnaît Vallonia, déesse des vallées que saint Augustin mentionne dans la Cité de Dieu (IV,8). René Lepelley propose une forme Valonia décomposée en Val- « val, vallée » suivi du suffixe -onia, liée à la construction d'une nouvelle cité dans la vallée du Merderet après la destruction d'Alauna.

Patrimoine religieux à Valognes

Le patrimoine religieux valognais s'organise autour des églises paroissiales protégées au titre des monuments historiques : l'église Saint-Malo, dont le dôme de 1612 fut le seul dôme d'architecture gothique de France et qui fut en grande partie détruite lors des bombardements de juin 1944, restaurée de 1954 à 1964, et l'église Notre-Dame d'Alleaume. L'ancienne abbaye bénédictine royale Notre-Dame-de-Protection, du XVIIe siècle, est elle aussi protégée au titre des monuments historiques ; transformée en hôpital depuis la Révolution française, elle a été intégrée en 2006 au Centre hospitalier public du Cotentin. Une seconde abbaye Notre-Dame-de-Protection, rue des Capucins, occupe l'ancien couvent des capucins où les sœurs bénédictines chassées de leur abbaye se réinstallèrent en 1810, avec l'appui de Raymond de Saint-Maurice (1823) ; elle abrite un retable monumental avec une Nativité peinte par Laurent de La Hyre. À partir du XVe siècle, Valognes a accueilli plusieurs congrégations : des franciscains (cordeliers) de 1468 à la Révolution, des capucins de 1630 à la Révolution, des bénédictines de 1626 à 1792 puis de nouveau en 1810. S'y ajoutent la chapelle de la Victoire, qui abrite une Vierge à l'Enfant en pierre, le couvent des Franciscaines, ainsi que les ruines de la chapelle Saint-Marc près du manoir du Quesnay. L'ancien manoir L'Évêque, possession depuis le XIe siècle de l'évêque de Coutances, donné en 1056 par Guillaume le Bâtard aux évêques de Coutances, fut transformé en 1655 en séminaire par l'abbé François de La Luthumière (1617-1699), devenu ensuite collège des Eudistes puis lycée Henri-Cornat. La ville a vu naître ou résider plusieurs ecclésiastiques, dont Guillaume Le Cervoisier (1527-1562), martyr déclaré bienheureux à la suite de son assassinat dans le couvent des Cordeliers lors de la première guerre de Religion.

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