Argenton-sur-Creuse
Indre · Centre-Val de Loire
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire d'Argenton-sur-Creuse
Argenton-sur-Creuse, commune de 4 848 habitants dans l'Indre, en région Centre-Val de Loire, a succédé à la cité gallo-romaine d'Argentomagus, située sur la commune voisine de Saint-Marcel. En 761, Pépin le Bref prend la ville fortifiée d'Argenton et son château au duc Waïfre. Un atelier monétaire frappait une monnaie locale au XIe siècle. En 1168, Henri II Plantagenêt tint une cour dans l'hôtel qu'il avait récemment fait construire, pour fêter les fiançailles de sa fille Mathilde au Duc de Saxe. Le château fut pris par Philippe Auguste en 1188, par Henri IV en 1589, et démantelé sous Louis XIII en 1632, par ordre de Richelieu. À partir du XIIe siècle et jusqu'au XVe siècle, la ville haute s'établit au pied de la forteresse, sur la rive gauche de la Creuse. Au XVe siècle, la ville basse s'étend sur la rive droite, reliée à la ville haute par le « Vieux Pont ». En 1589, Argenton était une place protestante, et fut répertoriée à la suite de l'édit de Nantes comme place de sûreté protestante de la généralité de Bourges.
Toponymie d'Argenton-sur-Creuse
Le nom vient d'Argantomagos (Argentomagus), oppidum gaulois puis agglomération secondaire gallo-romaine. Argentomagus se compose du gaulois argantos, « argent », et magos, « lieu de marché » ou « plaine ». Au XVIIIe siècle, la ville a été appelée communément Argenton-en-Berry. Argenton est devenu Argenton-sur-Creuse en 1958. Ses habitants sont appelés les Argentonnais. Elle est surnommée la « Venise du Berry ».
Patrimoine religieux à Argenton-sur-Creuse
L'église Saint-Sauveur, dont la première pierre fut sans doute posée au XIIIe siècle, remonte dans son état actuel au XVe siècle. À cette époque, elle était une annexe de l'église paroissiale Saint-Étienne. Son clocher-porche de style néogothique date de 1863 et mesure 50 mètres de haut. La nef hexagonale présente des voûtes aux arêtes armoriées, et l'on peut y voir un chemin de croix réalisé par Jorge Carrasco. L'église Saint-Étienne occupe l'emplacement d'un premier édifice chrétien qui aurait été construit au début du Moyen Âge, à l'emplacement d'un ancien édifice païen au croisement de deux voies antiques. Selon Maurice de Laugardière, cette implantation faisait partie d'un projet de l'archevêché de Bourges visant à construire un réseau de succursales de la cathédrale en différents lieux du diocèse. L'édifice fut en partie détruit le 27 janvier 1760 lors d'une crue de la Creuse. La chapelle Saint-Benoît, des XVe-XVIe siècles, fut construite à l'initiative de Louis de Bourbon, seigneur d'Argenton, et d'Antoine Barbault, prieur de Saint-Marcel. Vendue comme bien national en 1793, restaurée en 1873 sous la direction de l'architecte Dauvergne, elle fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis le 31 mai 1944. La chapelle de la Bonne-Dame, précédemment Notre-Dame-des-Bancs, fut reconstruite au XVe siècle sur les restes d'un sanctuaire érigé au IIe siècle par saint Ursin, premier évêque du Berry. Elle est surmontée d'une statue de la Vierge, et la petite statue au-dessus du maître-autel est vénérée sous le vocable de « Bonne Dame d'Argenton », qui protégea la ville de la peste en 1632. Un pèlerinage y a lieu chaque année.
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