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Rocheservière

Vendée · Pays de la Loire

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Rocheservière

Rocheservière, commune de Vendée en Pays de la Loire, compte 3 519 habitants. Avec Saint-Philbert-de-Bouaine, elle forme une inclusion du département de la Vendée dans celui de la Loire-Atlantique, aux confins de la Bretagne et du Poitou. Le territoire appartient historiquement aux Marches de Bretagne avec le Poitou, et son histoire est liée à celle du Bas-Poitou. Aux temps préhistoriques, la zone aurait été peuplée par les Ambiliatres, tribu affiliée aux Pictons. Au Moyen Âge, Rocheservière constitue une seigneurie dépendant du Comté d'Herbauges, fondé par Louis le Pieux vers l'an 800 pour contrer les ambitions bretonnes et les incursions normandes. Après la disparition de ce comté, le territoire fut rattaché un siècle durant au Duché de Bretagne jusqu'en 1051, puis durablement au Poitou et à l'Aquitaine. Le nom de la localité est attesté sous la forme Rocham Cerveriam en 1061. Les seigneurs de Rocheservière fortifièrent dès le Xe siècle la motte féodale qui domine la Boulogne, élevant aux XIIIe siècle un château-fort avec donjon et tours d'angle. Plusieurs familles s'y succédèrent : les Chabot jusqu'en 1350, les Volvire jusqu'en 1531, les Hamon jusqu'en 1605. Les Guerres de Religion marquèrent profondément la cité : le château fut pris par les Huguenots en 1560 et repris par les catholiques l'année suivante. Lors des Guerres de Vendée, la commune, située entre Legé, fief du général Charrette, et le haut Bocage des Herbiers-Cholet, fut fortement impliquée dans les combats ; les colonnes infernales du général Turreau la sillonnèrent de janvier à juin 1794, et la population diminua d'environ 20 % entre 1791 et 1801. La bataille de Rocheservière, autour du vieux pont les 19 et 20 juin 1815, vit la victoire du général Travot sur les insurgés royalistes.

Toponymie de Rocheservière

L'étymologie associe « Roche », d'origine occitane et romaine désignant un lieu élevé, qui renvoie à la butte du château-fort médiéval ou à la « Pierre aux Lutins » dominant la Boulogne. La seconde partie, longtemps écrite « Cervière », évoque les grands gibiers, cerfs ou biches, qui peuplaient la forêt locale. À partir du XVe siècle apparaît la graphie « Servière », pouvant renvoyer aux serviteurs (latin servus) chargés du guet, ou dériver du mot d'oc serva issu du latin silva, la forêt. La commune comprend au sud les hameaux des anciennes paroisses de Saint-Christophe-la-Chartreuse et la Grolle.

Patrimoine religieux à Rocheservière

Avant la Révolution, le territoire actuel relevait de quatre paroisses. Saint-Christophe-la-Chartreuse, au sud-ouest, dont l'église disparut au moment de la Révolution. La Grolle, au sud et sud-est, ancienne seigneurie dont l'église fut détruite en 1832. Et les deux paroisses du bourg même : Notre-Dame, la plus anciennement connue depuis le XIe siècle, dont l'église subit les vicissitudes des guerres civiles avant d'être vendue comme bien national sous la Révolution puis détruite ; et Saint-Sauveur, dont il subsiste des vestiges dans le bourg. Les quatre paroisses furent réunies au XIXe siècle autour de la nouvelle église Notre-Dame, dont la construction s'acheva en 1877 et qui expose 56 vitraux dont une série dédiée aux Guerres de Vendée. La Chapelle Saint-Sauveur, vestige d'une église bâtie au XIIIe siècle, conserve l'ancien chœur abritant un retable du XVIIe siècle ; restaurée en 2010, elle accueille une broderie monumentale en toile de lin de 140 mètres illustrant l'Évangile, les Épîtres et l'Apocalypse de l'évangéliste saint Jean. Le pont du Péplu, de style roman, est inscrit aux monuments historiques. La Contre-Réforme fut portée dans le Bocage vendéen au XVIIIe siècle par Louis-Marie Grignion de Montfort et ses disciples, à travers l'organisation de missions ponctuées par l'érection de calvaires ; Jean Michenaud en recense près d'une vingtaine toujours présents à Rocheservière.

Saints liés à Rocheservière

La commune est rattachée à la mémoire du bienheureux Noël Tenaud, missionnaire des Missions étrangères de Paris (1904-1961), martyr au Laos et béatifié en 2016.

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