Cozes
Charente-Maritime · Nouvelle-Aquitaine
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Cozes
Cozes, commune de Charente-Maritime en Nouvelle-Aquitaine, peuplée de 2 161 habitants, présente des traces d'occupation humaine dès la Préhistoire : polissoir néolithique à Saint-Cybard, nécropole protohistorique à Chantegrelet, vestiges de fortifications peu-richardiennes au lieu-dit La Maison Rouge. Durant la période gallo-romaine, une dizaine de villæ se répartit sur le territoire, et une voie romaine reliant Mediolanum Santonum (Saintes) au site du Fâ passe à proximité du bourg.
Au Moyen Âge, Cozes devient une étape à la jonction de deux chemins secondaires de Saint-Jacques-de-Compostelle : les pèlerins venus de Trizay, Saint-Jean-d'Angle, Sablonceaux et Grézac, ou descendant de Saintes par Thaims, y transitent avant de poursuivre vers Arces et Talmont, d'où ils embarquent pour Soulac. La paroisse, dotée de vastes halles au XIVe siècle, compte alors deux foires annuelles, nombre doublé en 1491 par lettres patentes du roi Charles VIII.
En 1548, Cozes participe à la révolte de la Jacquerie des Pitauds contre la gabelle. La répression menée par le connétable Anne de Montmorency est féroce : les cloches de l'église, coupables d'avoir sonné la révolte, sont descendues et conduites au château de Royan. La Réforme protestante s'implante tôt en Saintonge. Après la révocation de l'édit de Nantes en 1685, le pasteur Forestier est arrêté et conduit à la prison de Saintes, et le temple édifié en 1560 est détruit sur décision de justice.
Toponymie de Cozes
Le nom de Cozes serait dérivé de l'anthroponyme gallo-romain Cottius, du gaulois cottos signifiant « vieux ».
Patrimoine religieux à Cozes
L'église Saint-Pierre est à l'origine une possession de l'abbaye augustinienne Saint-Étienne de Mortagne, aujourd'hui disparue. Construite à partir du XIIIe siècle, elle se voit adjoindre un chevet plat percé d'un triplet au siècle suivant. Les voûtes de la nef s'effondrent en 1756 et sont refaites au XIXe siècle. Les cinq travées de la nef sont couvertes d'un plafond en anse de panier, tandis que les chapelles latérales sont voûtées d'arêtes. L'édifice a conservé des chapiteaux à motifs végétaux ou historiés du XIIIe siècle, ainsi qu'une partie de son ornementation extérieure, dont une allusion à la fable d'Ésope, « Le renard et la cigogne ». La façade d'inspiration néo-classique, avec son fronton triangulaire, a été refaite au XIXe siècle. Le mobilier comprend une chaire du XVIIIe siècle, assemblée par un ébéniste de Burie et initialement destinée à l'église Sainte-Colombe de Saintes. L'église Saint-Pierre est classée monument historique depuis 1928.
Le clocher, posé sur une puissante souche carrée, se prolonge par un étage octogonal édifié au XVe siècle ; il abritait alors sept cloches. Il accueille aujourd'hui une sonnerie de cinq cloches de volée, coulées en 1877 par la fonderie Guillaume d'Angers, formant l'accord parfait de Fa majeur.
Le temple protestant actuel, érigé à partir de 1817 par l'architecte-entrepreneur Jean Bloteau et achevé en 1821, succède à deux édifices antérieurs. Il s'inspire du néoclassicisme avec sa façade à fronton triangulaire à oculus et sa porte encadrée de pilastres doriques. Ses tribunes, portées par des colonnes à chapiteaux toscans et ioniques, portent sa capacité à 415 places. Il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 21 septembre 1998.
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