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Albon

Drôme · Auvergne-Rhône-Alpes

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire d'Albon

Albon, en Drôme (Auvergne-Rhône-Alpes), conserve la mémoire d'une occupation très ancienne. Les fouilles menées au début du XXe siècle par M. Duc ont reconnu un important site paléo-chrétien, et des tombes paléo-chrétiennes ont été mises au jour sur la commune. Des fouilles anciennes ont également révélé un habitat et une basilique funéraire du VIe siècle, propriété du diocèse de Grenoble-Vienne.

Saint-Romain-d'Albon est traditionnellement identifié à la parrocchia Epaonensis, paroisse d'Épaone. En 517, Albon a probablement accueilli le concile d'Épaone qui réunit l'Église burgonde, même si d'autres auteurs situent cette assemblée à Évian. Possession ancienne de l'église archiépiscopale de Vienne, Albon fut confisqué par l'empereur Louis le Pieux au profit du comte Abbo, avant que l'évêque n'en obtienne la restitution en 831. Un diplôme impérial du 3 mars 831 cite le vicus Eppaonis et mentionne deux édifices religieux en ruines, dédiés à saint André et saint Romain.

En 924, le roi Raoul de France confirme la donation de terres de l'ancienne Épaone à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun. Aux XIIe et XIIIe siècles, le village prend le nom de Saint-Romain-d'Albon. De 1016 à 1349, le fief passe successivement aux comtes du Viennois issus de Guigues le Vieux, puis aux dauphins du Viennois, à la maison de Bourgogne par Hugues I, et enfin aux La Tour-du-Pin. La population s'établit autour du château d'Albon dressé sur la colline par les seigneurs. Après l'abandon du château au XVIe siècle, le village se redéveloppe autour de l'église paroissiale, sur l'emplacement primitif du haut Moyen Âge.

Toponymie d'Albon

Le nom apparaît sous des formes successives : Epao, Epaonense, Epauna en 517, vicus qui dicitur Eppaonis en 831, villa de Albon vers 1080, Albio en 1132, puis castrum Albeonis en 1215. Ernest Nègre propose deux hypothèses étymologiques : un dérivé du gaulois Epo (cheval) avec le suffixe -auno, qui donnerait « oppidum du Cheval » et attesterait un élevage équestre ; ou un nom latin d'homme, Albus, signifiant « blanc ».

Patrimoine religieux à Albon

Le patrimoine religieux d'Albon est dominé par l'église romane Saint-Philibert d'Albon et son prieuré, construits au XIe siècle par des moines venus de l'abbaye de Tournus. L'édifice se compose d'une nef à deux travées, d'une abside semi-circulaire et d'un porche roman plein cintre surmonté d'un vitrail et d'une arcade recevant la cloche. En 1230, l'église fut agrandie d'une travée et d'une abside gothique flamboyant. Les moines qui la desservirent jusqu'au XIIIe siècle, avant d'en laisser le service au clergé séculier, y avaient déposé le cœur de saint Philibert, suscitant de nombreux pèlerinages jusqu'en 1562. À cette date, les troupes du baron des Adrets, n'ayant pas trouvé la relique, détruisirent la quasi-totalité de l'église. Reconstruite sommairement au début du XVIIe siècle avec, côté sud, la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, elle n'a jamais retrouvé son architecture du XVIe siècle.

La Tour d'Albon, tour sur motte, date du VIIIe siècle. À Saint-Romain-d'Albon, une église du XIXe siècle complète l'ensemble paroissial, tandis qu'à Saint-Martin-des-Rosiers se trouve une autre église du XIXe siècle dont la voûte du chœur s'est effondrée en 1977 ; l'édifice fut alors limité à la nef, séparée de la ruine par un vitrail qui compte parmi les plus grands d'Europe.

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