La Mothe-Saint-Héray
Deux-Sèvres · Nouvelle-Aquitaine
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de La Mothe-Saint-Héray
La Mothe-Saint-Héray, commune des Deux-Sèvres en Nouvelle-Aquitaine, est née de la fusion des villages de La Mothe et de Saint-Héray au début du XVe siècle. À l'emplacement actuel de la commune s'étendait jadis le lac Vauclair, qui occupait le territoire jusqu'à Saint-Maixent-l'École et Exoudun et disparut progressivement jusqu'au Ve siècle. Des indices de vie préhistorique furent mis au jour à partir de 1840 à la Villedieu-de-Comblé, avec la découverte d'une sépulture néolithique, d'un squelette, de débris de poteries et d'instruments en silex.
Au début du Moyen Âge, le village alors nommé Sesciac voit arriver Arède d'Atane, dit Aredius, homme d'église de la seconde moitié du VIe siècle et petit-neveu de Clovis Ier. Lors d'un pèlerinage vers la dépouille de saint Maixent, il s'installa à Canteau et y fonda un oratoire, ce qui permit le développement du bourg. C'est au XIe siècle que celui-ci prit le nom de son fondateur et devint Saint-Héray. La Mothe, quant à elle, se forma autour d'une motte médiévale érigée pour lutter contre les Vikings.
La seigneurie de La Mothe appartint aux Lusignan, notamment à la branche des comtes d'Eu, sires d'Exoudun. Réunies, La Mothe et Saint-Héray formèrent la baronnie érigée par Charles VIII en janvier 1487, puis le marquisat créé par Louis XIII en juin 1633 au profit d'Henri de Baudéan, comte de Parabère. En 1582, Henri de Navarre et Catherine de Médicis se rencontrèrent au château médiéval de La Mothe pour tenter de mettre fin aux conflits entre catholiques et huguenots. Le 21 juin 1587, Anne de Joyeuse fit massacrer 800 huguenots dans le village, épisode dit massacre de Saint-Éloi. En mai 1682, le temple protestant fut détruit sous Louis XIV.
Toponymie de La Mothe-Saint-Héray
Saint-Héray s'appelait auparavant Sesciac, attesté sous la forme Sisciacus en 572 : un nom de lieu gaulois bâti sur l'anthroponyme Siscius ou Sissius, suivi du suffixe -(i)acum. L'hagiotoponyme résulte d'une altération locale du nom d'Arède d'Atane, abbé et saint du VIe siècle établi en Limousin, où il a donné son nom à plusieurs localités sous la forme « Yrieix ». Pendant la Révolution française, la commune fut renommée La Mothe-sur-Sèvre.
Patrimoine religieux à La Mothe-Saint-Héray
Le patrimoine religieux de la commune s'enracine dans l'oratoire fondé au VIe siècle par Arède d'Atane, à l'origine du développement du bourg de Sesciac. Le centre primitif du village n'était pas l'actuelle église : un autre édifice, dont le souvenir est conservé par la rue de la vieille église, en tenait lieu.
L'histoire confessionnelle locale fut marquée par les Guerres de Religion : massacre de Saint-Éloi en 1587, puis destruction du temple protestant en 1682 sous Louis XIV. Cette histoire explique une particularité héritée du XIXe siècle : conformément aux dispositions d'une loi impériale, La Mothe-Saint-Héray possède deux cimetières confessionnels, l'un catholique et l'autre protestant, auxquels s'ajoute un cimetière multicultes. À ces espaces s'ajoutent les cimetières privés familiaux créés au XIXe siècle par les descendants de huguenots, initialement écartés des cimetières catholiques au temps des dragonnades. La commune compta parmi ses enfants l'abbé Jacques Jallet, né en 1732, premier prêtre à rejoindre les rangs du tiers état et à l'origine en 1789 de la réunion des trois Ordres en une seule Assemblée.
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