Bussières (42)
Loire · Auvergne-Rhône-Alpes
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Bussières
Bussières est une commune de la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 1 521 habitants. Située dans le Forez comtal, elle marque historiquement une porte d'entrée vers les monts du Lyonnais et appartient à un terroir longtemps tourné vers le textile.
Le toponyme « Chindo », dérivé du latin xenodochium qui désigne littéralement l'édifice destiné aux étrangers, indique selon toute vraisemblance la présence d'un hôpital fondé à la période tardi-antique par l'archevêque saint Albin. Bussières apparaît dans les sources écrites un peu avant l'an mil. Au Moyen Âge, la cure de Bussières dépendait du prieur de Saint-Albin, lui-même rattaché à l'église Saint-Irénée de Lyon, refondée par le comte Artaud en 993. La première mention écrite du nom date de 984 sous la forme Buxerias, désignant un lieu où pousse le buis. Le village se nomme ensuite Buissières, puis Bussères et Busseraye, avant de prendre son appellation actuelle. La devise communale est « Viriditati Virtus », traduite par « la vigueur de la vertu » ou « la vigueur de la jeunesse », virtus signifiant vertu, courage ou force morale, et viriditas la verdeur ou la jeunesse.
Vers l'an 1300, des halles ont été construites sur la place faisant face à l'église, l'actuelle place des Anciennes Halles. Elles étaient destinées à faciliter le négoce du chanvre, en fibre comme en tissus. Tombant en vétusté, elles furent reconstruites vers 1725, puis démolies vers 1860 afin de permettre l'ouverture de la route départementale 1 et de la D58. Jusqu'au début du XXe siècle, il n'y avait pas de docteur à Bussières. Les gens venaient pourtant de très loin pour se faire soigner, ou « médeciner » selon le terme local, par deux femmes habitant à Saint-Albin et appelées les médecinières. Elles donnaient des conseils pour guérir et prescrivaient des traitements à base de plantes ou d'autres ingrédients réputés efficaces.
Au tournant du XXe siècle, Bussières était l'un des deux principaux pôles d'attraction des monts du Lyonnais. Le textile en était l'activité motrice, accompagné d'une activité commerciale, industrielle et artisanale qui permit à la commune de se développer considérablement. Une machine à vapeur entraînait alors une génératrice pour fournir le courant électrique dans l'entreprise Perraud. Dès 1912, les métiers à bras sont remplacés par des métiers mécaniques. Lors de la Première Guerre mondiale, 500 hommes Bussiérois sont mobilisés; il y aura 101 morts et de très nombreux blessés, un bilan particulièrement lourd à l'échelle de la population. Une décision fut prise de construire un monument aux morts grâce aux bénéfices apportés par la bonne gestion de la boulangerie municipale. Le monument fut inauguré le 27 novembre 1921 en mémoire des soldats morts pour la France.
Une ligne de chemin de fer entre Balbigny et Régny est construite à partir de 1913 par la Société des Chemins de fer du Centre. Les travaux sont interrompus en 1914 à cause de la guerre, mais ils reprennent grâce à des ouvriers requis par l'armée et à des prisonniers allemands. En juin 1923, le premier train circule en passant sur le viaduc du Pont Marteau. Cependant, le transfert des marchandises pose problème car la ligne est construite à voie étroite. Le petit train, surnommé « tacot », cesse de circuler en 1939 à la grande déception des usagers. Le bâtiment abritant la mairie depuis 1987 est une ancienne maison bourgeoise construite en 1903, propriété des usines locales avant son rachat par la municipalité.
Le village a longtemps été connu pour le « Critérium de Bussières », course cycliste internationale organisée chaque année un seul après-midi du mois d'août. Pendant 21 années, le critérium a été l'épreuve phare du calendrier cycliste pour toute une région et le deuxième plus important en France par son audience, son tracé et son public. L'épreuve s'inscrivait dans la tournée du Tour de France et fut également pré-sélective pour le championnat du monde sur route. Le palmarès comprend Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Bernard Thévenet, Luis Ocaña, Felice Gimondi, Raymond Poulidor, Rudi Altig, Roger Pingeon, Jan Janssen, Joop Zoetemelk, Patrick Sercu, Sean Kelly, Henry Anglade, Bernard Vallet, Walter Godefroot et Roy Schuiten. André Darrigade, Federico Bahamontes, Jean Stablinski et Rolf Wolfshohl figurèrent également à l'affiche, et des amateurs régionaux comme Raymond Fayard, vainqueur en 1962, ont rivalisé face aux professionnels devant un public pouvant atteindre plusieurs milliers de spectateurs.
Patrimoine religieux de Bussières
Le patrimoine religieux de Bussières s'enracine dans la présence ancienne d'un prieuré dédié à saint Albin de Lyon. Appartenant à l'ordre de Saint-Augustin, il dépendait de l'église Saint-Irénée de Lyon, nécropole des comtes de Forez. À la Révolution, le monastère fut vendu comme bien national et les pierres des bâtiments furent récupérées par les habitants. Il ne restait alors que la chapelle, qui était encore intacte en 1870. En 1923, ce qui en subsistait fut acheté par un antiquaire: les pierres furent numérotées et partirent pour une destination inconnue. La paroisse, longtemps rattachée au prieuré de Saint-Albin, est aujourd'hui le seul témoignage actif de cette continuité chrétienne plus que millénaire.
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