Perrigny
Jura · Bourgogne-Franche-Comté
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Perrigny
Perrigny, commune du Jura en Bourgogne-Franche-Comté, conserve les traces d'une occupation très ancienne : des fouilles menées au lieu-dit « en Oiselay » et « Les Plantées » ont mis au jour une fibule du Bronze final, un potin au sanglier gaulois et des vestiges d'habitat protohistorique. À l'époque gallo-romaine, le territoire comptait une ou plusieurs villas rurales et se trouvait traversé par la voie reliant Lons-le-Saunier à Orgelet.
Le titre le plus ancien mentionnant Perrigny est un diplôme de l'empereur Frédéric Barberousse, daté de 1157, qui recense le village parmi les possessions de l'abbaye de Baume et du domaine des rois de Bourgogne. Le doyen du monastère y exerçait la basse justice, tandis que la haute et la moyenne appartenaient à l'abbé, jusqu'à l'inféodation de Montaigu consentie en 1208 à Étienne II de Bourgogne. Un traité de 1304 organisa la publication commune du ban des vendanges, et un acte de 1409 par lequel Louis de Chalon renonça à ses prétentions confirma l'autorité abbatiale.
Le château de Perrigny, détruit puis reconstruit au XIVe siècle, devint en 1595 le quartier général du connétable de Castille lors du siège de Lons-le-Saunier. En 1637, le village fut incendié par Henri II d'Orléans-Longueville et ses habitants massacrés ; la plus ancienne maison conservée date de 1641. Une transaction de 1710 partagea durablement les justices entre la famille Grivel et les religieux de Baume.
Toponymie de Perrigny
La dénomination du village a évolué au fil des siècles : Paterniacus à l'époque gallo-franque, puis Parruniachum, Parrigniacum, Parigny, Preigney et Perrigny-en-Montagne. La base latine serait le nom propre romain Patrinius, dérivé d'un adjectif signifiant « qui vient du père », auquel s'ajoute le suffixe -acum. D'autres hypothèses font appel à la racine gauloise petuar- (« quatre », évoquant un carrefour) ou à l'ancien français perreis, désignant une pierre ou un amas pierreux.
Patrimoine religieux à Perrigny
L'église Saint-Jean-Baptiste, dite « l'église du Haut », remonte au XVe siècle, époque où Perrigny dépendait de la paroisse de Saint-Étienne-de-Coldre et ne possédait qu'une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste. En 1514, l'archevêque de Besançon autorisa les habitants à rebâtir le chœur menacé d'effondrement. En 1624, l'abbaye de Baume permit à la confrérie Saint-Sébastien d'élever une chapelle latérale dédiée à ce saint : les travaux, commencés en 1613, s'achevèrent en 1630, tandis que la seconde chapelle fut terminée en 1663. Le clocher-porche de style flamboyant porte une flèche quadrangulaire datée de 1683. L'édifice, caractéristique des églises jurassiennes à nef de persistance romane et à chœur gothique, est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1997.
La nouvelle église Saint-Jean-Baptiste, dite « l'église du Bas », fut construite au milieu du XIXe siècle selon la formule néo-classique basilicale soutenue par le Conseil des bâtiments civils à Paris. Les plans furent dressés en 1840 par l'architecte Claude François Besand ; la mise en chantier fut assurée à partir de novembre 1845 par l'architecte Eugène Denis. La construction du clocher s'acheva en 1846, l'ensemble du projet en 1850. Les deux cloches furent commandées en 1864, année où l'horloge fut installée. Le château de Perrigny conservait par ailleurs la chapelle Notre-Dame de Consolation, mentionnée parmi les biens vendus par la famille de Grivel.
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