Mortcerf
Seine-et-Marne · Île-de-France
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Mortcerf
Mortcerf est une commune de Seine-et-Marne, en Île-de-France, qui compte 1 416 habitants. Durant l'Antiquité, la Gaule devenue province romaine est organisée par Auguste en régions ; la zone délimitée par la Seine, la Saône, la Loire et les côtes atlantiques constitue la Gaule lyonnaise, comprenant la civitas Melduorum dont le chef-lieu Meldoi deviendra Meaux. Le 27 août 1944, de brefs combats aboutirent à la libération de Mortcerf par les Alliés, événement rappelé aujourd'hui par un odonyme.
Toponymie de Mortcerf
Le nom de la localité est attesté sous la forme capelle morissarti vers 1080, villa que vocatur Mauressart vers 1093, puis Mortcerf en 1382. Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -essart, généralement réduit à -sart dans le nord de la France et en Belgique. Ce type de formation gallo-romane calque des toponymes germaniques par antéposition d'un nom de personne, peut-être Maur ou Moro, et témoigne vraisemblablement des nombreux défrichements entrepris au Moyen Âge. La forme actuelle Mortcerf, déjà connue à la fin du Moyen Âge, s'explique par l'étymologie populaire « mort cerf », favorisée par la confusion fréquente entre ar et er.
Patrimoine religieux à Mortcerf
L'église Saint-Pierre-Saint-Nicolas a été construite en partie avec les matériaux d'une chapelle romane démolie. Elle possède de larges fenêtres éclairant le chœur, décorées de boiseries du XVIIIe siècle peintes en couleur d'or légèrement éteinte sur fond gris, qui ne lui étaient sans doute pas destinées à l'origine. Les arcades séparant la nef des bas-côtés sont en plein cintre, de même que les portes d'entrée et les fenêtres du chœur. Le patron de l'église est saint Nicolas, puis saint Pierre pour les besoins des fêtes estivales de la commune.
Au XIe siècle, Robert Burdin et Hugues de Courcelles firent don des terres qu'ils possédaient à Mortcerf à saint Gaultier, alors abbé de l'église de Saint-Germain de Pontoise. C'est vers cette époque que des moines bâtissent une chapelle, Saint-Nicolas de Moressart, qui sera reconstruite à plusieurs reprises jusqu'en 1648. En 1217, Guillaume, évêque de Meaux, éleva cette chapelle au rang de paroisse.
Mortcerf reste l'un des rares villages de France à posséder un registre d'état-civil réservé aux partisans de l'Église réformée. Avant même la signature de l'Édit de Nantes en 1598, la région de Meaux présentait une forte concentration de familles ralliées à la religion réformée ; vers 1600, Mortcerf réunissait les Réformés de Lumigny, Touquin et Rosoy, qui se rassemblaient au sud du village, dans le hameau des Presches, où existait un temple du culte protestant. Ce temple fut détruit en 1685, après la révocation de l'Édit de Nantes.
La Ferme de la Malmaison est un ancien monastère transformé en ferme, qui servit d'infirmerie pendant la Première Guerre mondiale et constitue aujourd'hui une demeure privée. L'Obélisque dit de Villeneuve-le-Comte, également situé sur le territoire de Mortcerf, fut construit au XVIIIe siècle et classé monument historique le premier octobre 1921 ; quelques phrases en latin gravées sur ses faces évoquent la déesse Diane.
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