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Colombier-Fontaine

Doubs · Bourgogne-Franche-Comté

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Colombier-Fontaine

Les fouilles archéologiques menées depuis le XIXe siècle attestent une occupation humaine de plus de deux mille ans sur le territoire de Colombier-Fontaine, commune du Doubs en Bourgogne-Franche-Comté. Au pied des Roches, des silex taillés et une pointe de flèche néolithiques furent mis au jour en 1876, tandis que la voie romaine reliant Vesontio à Epomanduodurum (Besançon-Mandeure) traversait les Neufs Prés, livrant lors du creusement du canal du Rhône au Rhin en 1825 des restes de construction, un lacrymatoire en verre contenant un anneau d'or, ainsi que des monnaies et objets en bronze. Près du moulin Rayot, des sépultures barbares isolées découvertes en 1870 témoignent d'un cimetière mérovingien-burgonde.

La plus ancienne charte mentionnant le village serait datée de 1141. Le village relevait alors du comté de Montbéliard, fondé aux IXe-Xe siècles. Connu d'abord sous les formes Colombir et Colombeur dans les chartes du XIIe siècle, puis Colombier-Supérieur et Colombier-Savoureux — qui signifie « habitations sur l'eau » —, le village prend le nom de Colombier-Fontaine à partir du XVIIe siècle, pour le distinguer de Colombier-Châtelot. Ses premiers habitants seraient issus des tribus bourguignonnes installées dans la plaine de Mathay.

En 1282, lors du démembrement du comté de Montbéliard, Colombier-Fontaine fut intégré à la seigneurie du Châtelot, qui subsista jusqu'en 1790. Un château y existait, démoli après 1587. Plusieurs familles vassales des Neuchâtel-Bourgogne s'y succédèrent : les Trémoins dès 1273, les Longevelle, les Saint-Maurice à partir de 1336, puis les Vaîtes au XIVe siècle. Le XVIe siècle fut marqué par l'introduction de la Réforme : en 1602, le duc Frédéric de Montbéliard institua Daniel Barthol pasteur à Colombier. Les invasions des reîtres du duc de Lorraine durant l'hiver 1587-1588, puis la guerre de Trente Ans de 1633 à 1637 et la peste de 1635 à 1638 dévastèrent la population, au point que la paroisse de Colombier fut supprimée faute d'habitants.

Patrimoine religieux à Colombier-Fontaine

Le patrimoine religieux de Colombier-Fontaine s'organise autour de l'église Saint-Jean-l'Évangéliste et du temple protestant, édifice des XVIIe-XVIIIe siècles dont la présence rappelle l'implantation ancienne de la Réforme dans la seigneurie du Châtelot. La paroisse de Colombier est attestée dès le XIIe siècle : le 8 janvier 1147, l'archevêque de Besançon confirma par une charte les possessions du prieuré de Lanthenans, de l'ordre de saint Augustin, mentionnant terram de Colombeyr superiori cum molendino. Le 4 mai 1177, une bulle du pape Alexandre III désignait ecclesiam de Colombier cum capella sua de Villar, c'est-à-dire l'église de Colombier avec sa chapelle de Villars-sous-Écot, qui en était la filiale. L'église-mère devait déjà avoir une certaine importance au XIIe siècle, et son patronage bénéficiait aux seigneurs de Neuchâtel, qui le transmirent en 1316 à Girard et Jacques de Guemonhans, puis en 1370 au nouvel hôpital de Blamont. En 1187, une bulle du pape Grégoire VIII confirma également à l'abbaye de Lieu-Croissant, près de L'Isle-sur-le-Doubs, des terres in territorio de Colombiers. Catherine de Dampierre, épouse de Richard de Scey, fit don à la chapelle de la Vraie-Croix à L'Isle de toutes les dîmes qui lui revenaient de l'église de Colombier-Fontaine.

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