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Thérouanne

Pas-de-Calais · Hauts-de-France

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Thérouanne

Avant la conquête romaine de la Gaule, Thérouanne — en latin Tervana — est la capitale de la Morinie, le pays des Morins, peuple de la Belgique gauloise. Sous l'Empire romain, elle devient le chef-lieu de la cité des Morins (civitas Morinum), dans la province de Gaule belgique à partir du règne d'Auguste.

Quand le christianisme devient la religion de l'Empire au Ve siècle, les chefs-lieux de cités deviennent en général des sièges épiscopaux : à Thérouanne, le premier évêque est attesté seulement au VIIe siècle, après la conquête franque. Au VIIe siècle, la cité devient le siège d'un diocèse, érigé par saint Achaire. Le plus célèbre de ses évêques est saint Omer, dont certaines sources disent qu'il fut le fondateur de la cité en 633. Saint Erkembode, moine bénédictin irlandais, devint évêque de Thérouanne au VIIIe siècle. La cité est pillée par les Normands en 880 et 882.

Enclave française dans les possessions des Habsbourg après les traités d'Arras (1482) et de Senlis (1493), Thérouanne subit une première destruction en 1513, lors d'un siège mené par Henri VIII d'Angleterre allié à Maximilien d'Autriche. Restituée en 1520, elle est reprise par Charles Quint au terme d'un siège mené du 11 avril au 20 juin 1553 : l'empereur décide alors de raser entièrement la ville, qui devient un « site abandonné ». Lors du traité du Cateau-Cambrésis (1559), son territoire est restitué au roi de France mais neutralisé militairement. Le siège épiscopal, de fait disparu, est officiellement supprimé par le pape en 1567, et son territoire réparti entre les diocèses de Saint-Omer, d'Ypres et de Boulogne.

Toponymie de Thérouanne

Le nom de la localité est attesté sous de nombreuses formes : Morini en 43, Tarvenna au IIe siècle, Taroanna au VIIe siècle, Tarvenna en 877, puis Therouenne et Terouanne au XIVe siècle, avant Thérouanne en 1793. La forme flamande est Terenburg, la forme picarde Therwane. Le nom partage son origine avec celui de la rivière Thérouanne, issu du gaulois *tarwana ou d'un type tarv-enna, de tarvos « taureau » avec le suffixe gaulois -enna.

Patrimoine religieux à Thérouanne

L'ancien site épiscopal de Thérouanne — groupe épiscopal du VIIe siècle, édifice carolingien, cathédrale gothique — a livré la succession des lieux de culte, du groupe épiscopal mérovingien à la cathédrale romano-carolingienne et au chœur gothique. L'œuvre statuaire principale issue de la cathédrale, le « Grand Dieu de Thérouanne », se trouve aujourd'hui dans la cathédrale de Saint-Omer. Le patrimoine religieux de la commune compte également l'abbaye Saint-Jean-du-Mont de Thérouanne, l'abbaye de Saint-Augustin-lès-Thérouanne et l'église Saint-Martin, témoins de la densité monastique qui entourait l'ancien siège épiscopal des Morins.

Saints liés à Thérouanne

Sainte Austreberthe de Pavilly (630-704), religieuse française du haut Moyen Âge, est née à Thérouanne. La cité est par ailleurs associée à saint Achaire, qui érigea son diocèse au VIIe siècle, à saint Omer, son évêque le plus célèbre, et à saint Erkembode, moine bénédictin irlandais devenu évêque au VIIIe siècle.

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