Banon
Alpes-de-Haute-Provence · Provence-Alpes-Côte d'Azur
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Banon
Banon est une commune de Alpes-de-Haute-Provence, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui compte 1 065 habitants. La localité apparaît pour la première fois dans les textes au (castrum Banonni). Selon Charles Rostaing, le nom est formé sur la racine oronymique (désignant une hauteur) * BAN et signifiant corne, pointe. Selon cet auteur, ce toponyme est antérieur aux Gaulois.
Il est suivi par le couple Fénié et Claude Martel, pour qui cette explication s’applique aussi au Grou de Bane. Les zones en hauteur relativement planes et cultivables sont appelées plaines, même si elles sont sur une montagne: ce toponyme est utilisé aux Plaines (en limite nord de la commune) et pour le hameau des Plaines en limite sud, en ruines (avec au-dessus de ces Plaines, le toponyme le Nord des Plaines). Le Plan, quant à lui, est une petite plaine.
L’eau est présente aussi dans la toponymie: on a ainsi la source dite Font des Petits, et une zone marécageuse, la Palud. Un vallon porte le nom d’Aiguebelle (« belle eau »), la référence à l’eau est plutôt rare dans la toponymie de cette région sèche.
La commune est fréquentée à l’époque préhistorique: les découvertes du Paléolithique sont assez nombreuses. Deux oppidum se trouvent aux Mures et au Chastellard. À Font-Crémat, une villa gallo-romaine et une nécropole ont été découvertes. Pendant de la Pax Romana, des ateliers de transformation du fer s’implantent sur le territoire de la commune. Pendant tout cette période, le territoire de Banon fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance.
Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la Conquête, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au, ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron). La zone a ensuite servi de nécropole, la localisation de l'habitat pour cette période n'étant pas déterminée, en plaine à proximité immédiate ou sur une hauteur. Alors que le Sud-Est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire.
Alors que le Chastelard est abandonné, il reste un repère visuel (dans le paysage) et symbolique (dans les mentalités) important: la frontière avec la communauté voisine de Lardiers est fixée sur le versant de l'oppidum, selon un processus qui semble courant. Le village est fortifié au (c’est le castrum banonum des chartes de l’époque). Au Moyen Âge, l’église Notre-Dame dépendait de l’abbaye de Cruis, qui percevait les revenus attachés à cette église et ceux de la chapelle Saint-Hilaire (disparue) revenaient à l’abbaye de Sénanque. Le fief des Simiane puis des Tournon-Simiane (du à la révolution de 1789) est dévasté par Raymond de Turenne (1391). La communauté de Banon relevait de la viguerie de Forcalquier. Le château médiéval est rasé à la Révolution.
Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République: 17 habitants de Banon sont traduits devant la commission mixte, la majorité étant condamnés à la déportation en Algérie. Comme de nombreuses communes du département, Banon se dote d’écoles bien avant les lois Ferry. L’habitat dispersé la conduit à doubler l’équipement, avec en 1863, deux écoles, installées au chef-lieu et au village du Largue, aux deux extrémités est et ouest de la commune. Ces écoles dispensent une instruction primaire aux garçons et aux filles: la loi Falloux (1851) impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants. La commune profite des subventions de la deuxième loi Duruy (1877) pour reconstruire l’école du village du Largue, et pour en construire une nouvelle aux Granges de Dauban.
Le village commence à se déplacer au courant du: les habitants commencent à abandonner l’habitat serré des hauteurs pour construire leurs maisons à proximité du carrefour des routes de Sisteron, Apt, Manosque et Forcalquier, vers 1840-1880. Cette nouvelle agglomération est appelée la Bourgade. L’ancien village n’est pas abandonné immédiatement, puisque l’église y est agrandie, l’hôpital est construit sur les hauteurs. Mais en 1887, le collège est construit dans le nouveau village, sur la place du Marché. En 1905, c’est la fontaine à jet d’eau de la source des Brieux, alimentée par un aqueduc souterrain de, qui est construite dans le nouveau village. Par la suite, toutes les nouvelles constructions, privées ou collectives, se font dans le village du bas (église en 1911, hôpital en 1930), et dans les années 1950, on commence à convertir les vergers en zone pavillonnaire.
Au, la culture de la lavande s’implante et une distillerie est créée. Au cours de la seconde guerre mondiale, des résistants banonais ont participé au maquis du Contadour en aidant les réfractaires au STO qui s’y cachaient. Dans la nuit du samedi 4 au dimanche, vers 23 heures, les militaires et les policiers allemands arrêtent Pierre Martel, 55 ans, et son fils Louis, 18 ans, l’un et l’autre mécanicien, Henri Martin, 32 ans, exploitant forestier, Robert Icard, 34 ans, cordonnier, Jean André, 30 ans, médecin, marié, un enfant. L’opération se poursuit à Redortiers, où le maire, Justin Hugou, 42 ans, cultivateur, Maurice Meffre, 20 ans, cultivateur et Louis Joseph, l’instituteur sont à leur tour arrêtés. Le médecin André est accusé par les autorités allemandes de soigner les réfractaires, les autres de les ravitailler, les héberger ou les transporter. Henri Martin est libéré de la prison des Baumettes fin, le docteur André le.
Pierre et Louis Martel, Robert Icard, Justin Hugou, Louis Joseph et Maurice Meffre sont déportés de Compiègne en Allemagne par le convoi du: Louis Martel et Robert Icard à Melk puis Ebensse, d’où ils sont libérés le, Louis Joseph à Melk puis Mauthausen, d’où il est libéré le. Quant à Pierre Martel et Justin Hugou, ils meurent en déportation. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la gendarmerie est déménagée à Forcalquier. La commune a été décorée, le, de la Croix de guerre 1939-1945.
Patrimoine religieux à Banon
L’enceinte fortifiée du subsiste en partie, avec notamment la porte du défendue par une bretèche (construite en 1600 selon la DRAC et inscrite comme monument historique. La porte est surmontée de voussures appuyées sur des colonnettes. Deux statues d’anges portant des phylactères l’encadrent. Le clocher-mur est surmonté d’une statue de la Vierge Marie.
Banon est le village où se déroule l'histoire de L'Homme qui plantait des arbres de Jean Giono. L'adaptation en film d'animation de Frédéric Back (1987) remporta un l’Oscar du meilleur court-métrage en 1988. Dans La Femme du Boulanger de Marcel Pagnol, on apprend que le boulanger interprété par Raimu dans le film de 1938 avait été boulanger à Banon où sa femme allait tous les matins à l'église de Banon.
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