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Le Grand-Pressigny

Indre-et-Loire · Centre-Val de Loire

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire du Grand-Pressigny

Le Grand-Pressigny est une commune de Indre-et-Loire, en Centre-Val de Loire, qui compte 868 habitants. Dès le, Grégoire de Tours le mentionne sous la forme Prisciniacus dans la vie de saint Nicet, dont il donna les reliques aux habitants de ce vicus. Les terres et l'église appartenaient, au, aux chanoines de Saint-Martin de Tours qui faisait partie de la viguerie d'Abilly.

C'est à la fin du que le « Grand Pressigny » acquit le titre féodal qu'il garda jusqu'au.

en « livre de beurre ». La région du Grand-Pressigny est riche en silex turonien de très grande qualité et disponible sous forme de dalles de grandes dimensions. Ce silex a été exploité tout au long de la Préhistoire mais particulièrement à la fin du Néolithique. Les sites archéologiques sont nombreux sur la commune et dans les environs. Le Grand-Pressigny a donné son nom en particulier à l'industrie pressignienne. De type Levallois, dès la fin du Néolithique, de à ans avant notre ère environ sur une durée de 4 à 5 siècles, le débitage pressignien produit de grandes lames par percussion indirecte pouvant atteindre près de, débitées à partir de nucléus dits en « livre de beurre », par analogie avec la forme des mottes de beurre.

La région, mondialement célèbre dans le monde de la Préhistoire, est (en 2012) le plus grand ensemble d'ateliers de taille du silex en Europe de l'Ouest, avec une diffusion importante. Cette diffusion s'est faite en deux étapes: d'abord dans un rayon d'une à deux centaines de kilomètres puis bien plus loin, probablement en tant qu'objets de prestige étant donné leur fragilité. À la fin du Néolithique, les silex pressigniens ont été exportés sous forme de lames brutes ou transformées en poignards jusqu'en Suisse et aux Pays-Bas. La chaîne opératoire pressignienne, bien adaptée aux silex disponibles localement, a également été utilisée dans d'autres régions, notamment en Dordogne et dans le Vercors où elle est cependant moins bien adaptée aux matériaux disponibles sur place relevait d'abord du chapitre de St-Martin de Tours, au moins depuis les souverains Carolingiens. Au début du, Guillaume de Pressigny, un des chevaliers bannerets de Touraine sous Philippe Auguste, fut le premier seigneur laïc connu. Par son mariage avec Avoye/Avoise fille de Guillaume de Ste-Maure, il obtient aussi Sainte-Maure et devient alors Guillaume II de Ste-Maure: la maison du Grand-Pressigny prend désormais le nom de Sainte-Maure voir à l'article Ste-Maure.

Leurs descendants de la branche aînée de Ste-Maure-Pressigny (leurs fils Guillaume III ou II et son frère cadet Josbert; puis le fils de ce dernier et de sa femme Agnès, sans doute fille de Jean IV de Vendôme: Guillaume IV ou III, x Jeanne de Rancon de Marcillac (vers 1220-† 1302) fille de Geoffroy IV ou V de Rancon; leur fils Guillaume V ou IV, x 1270 Isabelle, fille de Jean de Berrie d'Amboise; parents de Guillaume VI ou V, marié vers 1288/1290 à Alix/Aaliz, fille de Savary IV de Thouars) se succédèrent jusqu'en 1302, où Amaury III de Craon (vers 1280-1333), marié en premières noces à Isabeau de Sainte-Maure de Pressigny (vers 1285/1290-† 1310; fille héritière de Guillaume VI-V, dame de Pressigny/Précigny, Ste-Maure, Nouâtre, Marcillac), fit entrer le domaine dans la famille de Craon (Par ailleurs, les Ste-Maure-Pressigny continuent par une branche cadette qui aura Montgauger, Nesle et Joigny, Montausier, Jonzac, Mosnac.). L'arrière-petite-fille d'Amaury III de Craon et d'Isabeau de Ste-Maure-Précigny, Jeanne de Montbazon (dame, en sus des fiefs déjà cités, de Châteauneuf, Jarnac, peut-être Ferrière, et de Montbazon, Montsoreau, Villandry/Co(u)lombiers, du Brandon, Savonnières, Ferrière-Larçon, Marnes et Moncontour), épouse en 1372 un cousin, petit-fils d'Amaury III de Craon et de sa deuxième femme Béatrix de Roucy de La Suze: Guillaume II de Craon (vers 1342/1345-† 1410), vicomte de Châteaudun, sire de Marcillac et de Verneuil-sur-Indre. L'héritage se partage essentiellement entre deux de leurs filles, Marguerite et Marie de Craon. Si Marguerite assume la succession de Montbazon, Sainte-Maure, Nouâtre et du Brandon (hérités par les La Rochefoucauld: Guy VIII de La Rochefoucauld, puis les Rohan-Guéméné: Louis III de Rohan, ensuite ducs de Montbazon en 1588), sa sœur Marie de Craon reçoit Montsoreau, Savonnières, Villandry/Co(u)lombiers, Marnes et Moncontour, Jarnac, Verneuil-sur-Indre, Ferrière-Larçon, et Précigny/Pressigny, qu'elle transmet à son deuxième mari épousé en 1404, Louis Chabot (vers 1370-1422; fils de Thibaud IX Chabot de La Grève), seigneur de La Grève et de Chantemerle: leur deuxième fils Renaud Chabot fonde la branche des Chabot de Jarnac, alors que l'aîné, Thibaud X Chabot, † à Patay en 1429, sire de La Grève et de Ferrière-Larçon, baron de Montsoreau, Moncontour, Villandry/Coulombiers et Pressigny, continue les Chabot de La Grève en épousant en 1422 Brunissende d'Argenton. Mais le fils de Thibaud X et Brunissende, Louis II Chabot de La Grève, † 1486, frère de Jeanne Chabot de Montsoreau et de Catherine Chabot de Moncontour, cède Pressigny vers 1454 aux Beauvau. La succession du Grand-Pressigny, toujours associé à Ferrière-Larçon, devient alors quelque peu chaotique.

La ville du Grand-Pressigny portait des armoiries d'argent à la fasce de gueules (blanc avec un bandeau rouge horizontal). La peste envahit Barrou au mois d'août 1632 et Le Grand-Pressigny au mois de juillet 1634. Les morts ne trouvaient plus de bras pour les transporter au cimetière. C'est devant leurs habitations, dans les jardins ou dans les champs qu'ils étaient ensevelis, le plus souvent par des mercenaires qui, pour se payer, prenaient le mobilier des victimes. Au Grand-Pressigny, on fit appel à une association connue sous le nom des Frères de la mort. En 1634-1635, la peste fit dans la paroisse.

Le village et ses environs furent frappés, le, par un ouragan catastrophique. Les grêlons atteignaient le poids d'une livre, et pendant les que durèrent pluie et vent les champs étaient inondés et les arbres étaient déracinés. Les cultures furent détruites. En 1821, le Grand-Pressigny annexe la commune d'Étableaux. Dans les années 1920 et 1930, le village était occupé par l'Affaire Mittaine, un conflit récurrent sur la puanteur et la pollution de l'usine d'engrais ELEM.

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