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Larmor-Baden

Morbihan · Bretagne

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Larmor-Baden

Larmor-Baden est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 865 habitants. Larmor-Baden s'appelait jusqu'en 1695 Guenredut (ou Guerendut ou Gwerndut), ce nom d'origine bretonne pouvant être traduit en français par « Gens du marais ». C'est à partir de 1696 que Guenredut est dénommé Larmor pour la première fois, mais les deux noms demeurèrent fréquemment accolés jusqu'à la Révolution française pour dénommer le village. Le nom, actuel, de la commune a été fixé et décidé lors de sa création en 1924 en se séparant de Baden.

Larmor signifie en breton « village de mer », de l’ancienne écriture du nom de la chapelle du pèlerinage de « Notre-Dame de l’Armor » Le nom breton de la commune est An Arvor-Baden.

Son territoire, habité depuis des millénaires fut marqué au néolithique (IVe millénaire) par la présence d'une population sédentaire d'agriculteurs, éleveurs et pêcheurs. Ils étaient organisés en communautés capables d'élever des monuments colossaux: menhirs, cromlechs, dolmens. On peut voir leurs vestiges dans les îles de Gavrinis, l'Ile Longue et Berder. Ces lieux étaient accessibles à pied: à cette époque le niveau de la mer était plus bas de plusieurs mètres. Les siècles passant, les monuments devinrent plus modestes; on trouve, ainsi, une tombelle sur la route de Berder - un tumulus circulaire (tertre de terre) recouvre une fosse rectangulaire destinée à recueillir les restes d'un défunt. A la pointe de Berchis, la "Pierre aux oiseaux" était un monolithe percé de trous destinés à tailler la pierre par éclatement.

Elle gisait dans la lande et servait de rendez-vous à la jeunesse avant la construction des maisons. Au les Celtes s'implantèrent dans l'Ouest. Le peuple des Vénètes s'installa dans le Golfe du Morbihan. De l'époque gallo-romaine subsistent les vestiges d'une voie romaine à La Saline; elle traversait le pays jusqu'à la côte d'où on embarquait pour Locmariaquer base d'une garnison romaine. Après les invasions vikings, le Cartulaire de l'abbaye de Redon note la présence d'un ermite normand installé dans l'île de Gavrinis. Dès le, des "moines rouges" (Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem - confondus par le peuple avec les Templiers-) s'installèrent dans cette île.

Des ruines d'un monastère et d'une chapelle témoignent de leur présence ainsi que des sépultures. Un crucifix de style byzantin a été trouvé dans les ruines. La montre du qui se tint à Vannes n'indique la présence d'aucun noble venu de Larmor. Larmor était une frairie de Baden et c'était son port. Jusqu'en 1695, il est très peu question de Larmor mais plutôt de Guenredut, Guerendut, ou Guerdut, à l'origine Guern en Duc, le marais du Duc ou Guerendut, les gens du marais. C'était, dit-on, le plus vieux village de Baden; il était situé au pied des salines sous Trevras.

Trevras était une seigneurie longtemps tenue par les seigneurs de Peillac, puis par le seigneur de Keralbaud. Elle dépendait du duc de Bretagne par la seigneurie de Largoët. En 1525, selon le rôle des fouages, Guenredut comprenait six feux. La marine marchande fut particulièrement développée au: en témoignent les ex-voto de l'église: le brick Sainte Eugénie, capitaine G.V. Baudet, le Giralda, capitaine Héno. chasses-marées, bricks, goélettes, trois ou quatre-mâts embarquaient marins et capitaines au petit et au grand cabotages le long des côtes ou à travers les océans, au long cours.

On roulait les barriques de vin sur une petite cale au plan incliné près du Manoir pour les stocker dans un hangar. La plage de Port-Lagaden, où s'échouaient les voiliers pour être calfatés, conserve des silex étrangers à la géologie locale; ils proviennent du lest embarqué en pays de calcaire. Larmor comporte des habitations de pêcheurs et de paludiers: maisons basses, notamment rue du Paludo. Les grandes demeures à étage, tout autour de la place et rue de"la Pointe, sont des maisons de capitaines. Une route-digue est construite en 1849 (actuelle D316) et ferme l'anse de Pen-en-Toul (autrefois la mer atteignait le village de la Saline. L'ancienne digue est toujours visible, elle permet de se balader à pied au nord de l'étang.

Ce chemin surélevé était l'ancienne route. En 1857, Larmor est encore un village dépendant de la paroisse et de la commune de Baden. Lorsqu'en le, l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie en visite en Bretagne se trouvent à Sainte-Anne-d'Auray, les habitants de Larmor, principalement Bernard Devolz, lassés de devoir se rendre à l'église de Baden par des chemins boueux, en profitent pour solliciter de leurs majestés impériales que leur section soit érigée en succursale de la paroisse de Baden. Le décret impérial érigeant en succursale l'église de Larmor-Baden, est signé par l'empereur Napoléon III en 1860. « Pas de paroisse distincte sans commune distincte »… Mais ce n'est que après la création de la paroisse qu'aboutirent les démarches pour l'érection du village de Larmor en commune. L'église paroissiale de Larmor-Baden, qui remplaça la vieille chapelle devenue vétuste, fut consacrée le.

Le comte Arthur Dillon achète en 1878 l'île Berder, qu'il transforme en parc exotique avec son manoir et sa chapelle Sainte-Anne de style néo-gothique (il revend l'île en 1920 à la duchesse d'Uzès). Benjamin Girard indique en 1889 qu'au sein du syndicat de Larmor-Baden existe « l'importante réserve d'huîtres de Bascalique, qui est sous la surveillance d'un grade maritime » et que les marins de cette localité « demandent qu'une balise soit placée sur la roche la Truie, située entre Gavrinis et l'Île Longue. Cette roche, ne découvrant que dans les grandes marées, constitue un écueil redoutable pour les bateaux qui entrent dans les rivières de Vannes et d'Auray, ou en sortent. Il ne se passe pas d'année que quelque accident ne se produise dans ces parages très fréquentés ». Un article de 1889 évoque Baudet, ostréiculteur à Larmor-Baden, disposant d'une concession de 3 hectares et produisant « aussi bien du naissin que des huîtres marchandes », qui vend plus d'un million d'huîtres par an et expose à l'exposition universelle de 1889. La fête patronale de Larmor-Baden avait lieu chaque année « le dimanche qui suit le ».

En 1905 le comte Arthur Dillon, propriétaire de l'île Berder, prit l'initiative de créer un port en eau profonde à Larmor-Baden, faisant construire une jetée assurant aux bateaux un tirant d'eau de 8 mètres. Il négocia aussi avec la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans la création d'une voie ferrée allant de Ploeren à Larmor-Baden, où les bateaux de fort tonnage pourraient accoster, mais ce projet n'aboutit pas. Arthur Dillon fait construire la cale de Pen Lannic et l'Hôtel des Îles vers 1900, ce dernier étant racheté en 1911 par l'Internationale ouvrière et nommé alors l'Hôtel du Grand Air. Après 60 ans de pétitions (les habitants de Larmor, de tradition maritime, s'opposent à ceux de Baden, des ruraux) et contre-pétitions (la commune de Baden s'y opposait), la commune de Larmor-Baden est créée en 1924; le décret est signé le par Alexandre Millerand, président de la République, avec parution au Journal Officiel le. Larmor faisait auparavant partie de la commune de Baden et plus anciennement de la paroisse de Plougoumelen. Le village de Locmiquel refusa de faire partie de la nouvelle commune, préférant rester en Baden.

Le monument aux morts de Larmor-Baden porte les noms de 17 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Un soldat (Louis Le Berrigaud) originaire de Larmor-Baden est mort pour la France pendant la Guerre d'Indochine. En 2020, le projet d'aménagement d'un hôtel de luxe "4 étoiles" de 90 chambres par le groupe Michel Giboire dans l'île Berder déchaîne les passions et a divisé les habitants, opposant ceux qui voient dans ce projet la garantie de la restauration d'un immeuble vieillissant, la perspective de création de vergers et même d'un vignoble, ainsi que des emplois, et, pour les commerçants la venue d'une clientèle aisée à ceux qui rêvent de faire de l'île Berder un parc naturel ouvert à tous, lesquels sont soutenus par des personnalités connues comme Yann Queffélec, Gilles Servat, Jean-Louis Étienne, etc. Finalement, face en plus à l'annulation du PLU par le tribunal administratif de Rennes, le groupe Giboire a renoncé à son projet, ce que déplore le maire: «On va faire de la commune une carte postale et on aura des volets fermés la moitié du temps.

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