Lestelle-Bétharram
Pyrénées-Atlantiques · Nouvelle-Aquitaine
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Lestelle-Bétharram
Lestelle-Bétharram est une commune de Pyrénées-Atlantiques, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 803 habitants. Le toponyme Lestelle apparaît sous les formes la bastide de Lestelle (1335, réformation de Béarn), Lestele (1402), La Stela (1429), Lestella (1544), Lastelle et l'Estelle (respectivement 1544). Une méthode rationnelle consistait à donner à la nouvelle cité le nom du quartier ou de l'endroit où elle était bâtie.
Le mot de Lestelle, au premier abord, viendrait d'étoile. Dans la vallée de l'Adour, entre Tarbes et Bagnères se trouve un endroit nommé lestélou en raison d'une vieille borne en pierre qui jalonnait la route. On garde par ailleurs le souvenir d'une ferme placée près d'un cours d'eau appelée Lestelle à cause d'une "stèle" ou borne indiquant qu'en cet endroit le fleuve était guéable.
Le toponyme Bétharram, hameau de Lestelle, est mentionné en 1335). Bétharram signifie « beau rameau » en béarnais. Son nom béarnais est L’Estela-Bètharram ou L’Estéle-Bètharram.
Lestelle est une bastide créée en 1335 sur le territoire d'Asson (quartier d'Artigaux) par Gaston II de Foix, fils de Roger-Bernard de Foix et de Marguerite de Béarn, époux d'Eléonore de Comminges et père de Gaston III dit Fébus. Lestelle payait, tous les ans, une redevance à Asson dont le montant s'élevait à trois livres. De nombreux privilèges furent accordés, notamment l'affranchissement, les concessions foncières, les franchises de pacages pour la transhumance, le droit de chasse et de pêche, l'exemption du droit de passage sur le pont en bois de Gatarram, une administration autonome, l'exemption du four banal. Les quatre jurats étaient aidés par le garde-boursier qui avait pour mission de garder les caisses de la commune et par le notaire rural jouant le rôle dévolu aujourd'hui aux secrétaires de mairie; il notait notamment les procès-verbaux des séances. Les réunions n'avaient pas lieu dans une salle, mais sur la place de l'église avec la présence de tous les habitants; si vote il y avait, celui-ci se faisait à main levée. Les deux paroisses dépendaient du bailliage de Nay. Lestelle-Bétharram est un lieu de pèlerinage très ancien et toujours très fréquenté (14 septembre et le dimanche qui suit). La légende rapporte en effet, à une date indéterminée, que la Vierge y sauva une jeune fille de la noyade en lui tendant un rameau sous le pont (d'où le « rhabillage toponymique » de Guatarram en bétharram qui signifie 'beau rameau' en béarnais).
La chapelle primitive, sans doute construite au, est brûlée, reconstruite puis, trop modeste, agrandie. Les merveilles s'y opérant attirent de plus en plus de pèlerins, ce qui vaut à Bétharram au, le nom de « Terre sainte ». En 1569, les protestants, maîtres de la région, incendient le sanctuaire et proscrivent la religion catholique en Béarn. Dès lors, les processions de la Fête-Dieu sont interdites; les croix, les images des saints, tout ce qui touche de près la religion catholique est enlevé. Ces excès donnèrent lieu à l'intervention du pape Pie V et du roi de France. Le village n'est pas épargné par la tourmente, mais au dire de Marca (président du Parlement de Navarre, intendant de justice, conseiller ordinaire et conseiller d'État), personne ne se fait protestant. En 1614, l'évêque de Lescar reçoit l'autorisation de reconstruire la « Dévote Chapelle en ruines ». Grâce à Louis XIII, elle est relevée en 1616 et la veille de l'Assomption de l'an 1622, selon la tradition, une source tarie se remet à couler dans une grotte proche du sanctuaire.
Ces eaux sont conduites plus loin dans un édicule indépendant et deviennent une fontaine miraculeuse. Plus de quatre-vingt miracles y auraient été recensés. Au printemps de 1678, une crue subite du Gave emporte à la fois l'église, le cimetière du village et le pont. La destruction du pont est un problème grave, rendant les villages isolés par le gave. Ce passage daterait, semble-t-il du, le premier pont aurait été construit par les habitants de Montaut, vraisemblablement vers 1308. Ce pont est détruit en 1646 et 1676 aussi, toujours par les crues, car il était en bois, étroit et assez dangereux. Il est reconstruit en pierre, ses travaux durent jusqu’en 1687. En 1681, les travaux de construction de la nouvelle église sont achevés.
L'historien Pierre de Marca établit en 1648 une liste de 82 miracles entre 1620 et 1642 à Bétharram. Deux séries de trois tableaux de l’époque sont visibles à la chapelle de Bétharram aux peintures entièrement restaurées, désignent dans les termes de l’époque, outre les noyés sauvés des eaux, les maladies dont auraient été guéris les miraculés d’alors:, et autres. » au-dessus du gave de Pau (photographié entre 1859 et 1910 par Eugène Trutat). En 1837, Michel Garicoïts fonde le collège Notre-Dame de Bétharram, maison-mère de la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus qu'une double vocation de mission et d'enseignement a amenée à essaimer dans le monde entier (Algérie jusqu'en 1962 avec le collège de Sonis, Argentine, Paraguay, Uruguay, Côte d'Ivoire, Chine puis en Thaïlande auprès des Karens ou Karènes). On peut voir dans la chapelle son cercueil en verre et un bout de son pouce. En 2024, vingt anciens élèves de cet établissement portent plainte pour des violences physiques et sexuelles ayant eu lieu entre la fin des années 1950 et les années 2010, créant début 2025 une affaire politique à dimension nationale et poussant le collège à déménager à Igon, sous le nom d’ensemble scolaire du Beau Rameau. C'est à Lestelle-Bétharram, alors notoirement connu pour ses miracles, que Bernadette Soubirous venait très souvent. Elle en ramena le chapelet qu'elle détenait lors de l'apparition de la Vierge à Lourdes en 1858.
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