Lizio
Morbihan · Bretagne
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Lizio
Lizio est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 775 habitants. Le toponyme Lizio est une adaptation linguistique gallèse de Lizioù, pluriel du mot vieux-breton lis (devenu lez) qui signifie « cour » dans le sens de résidence aristocratique, c'est-à-dire une place fortifiée à la plus haute époque jusqu'à une cour seigneuriale voire une cour de justice ensuite. D'après certains indices du cartulaire de Redon, le mot lis apparait dans la documentation dès le haut Moyen Âge puisqu'on y recense une vingtaine d'exemples dès le début. La chronologie du mot lis semble pouvoir être établie comme suit: probablement antérieur au, il fut utilisé jusqu'aux.
Dans le cas précis de Lizioù qui signifient donc « les cours », l'origine alto-médiévale du mot semble être la plus probable, plus certainement postérieure à l'époque mérovingienne. Aux, il y aurait donc eu l'établissement d'une population bretonne, sans que cela signifie obligatoirement l'absence d'établissements humains antérieurs ou même contemporains. Malheureusement, l'état des connaissances archéologiques actuelles sur la commune ne permet pas de définir quelles furent ces « cours »: Quoi qu'il en soit, l'hypothèse d'un rapprochement du mot Lizioù avec l'actuelle Cours des artisans, sise au bourg, est à proscrire puisque ces artisans et donc la mise en place de cette « cour » sont largement postérieurs de plusieurs siècles.
La forme du toponyme du début du nous est connu grâce à la réformation générale du duché de Bretagne mandé par Jean V en 1427 dont les documents subsistants aujourd'hui mentionnent la « chapelle dou Lisou » dans la paroisse de « Serant ». On note ici entre Lizioù et Lizio, la forme « Lisou » encore très proche de la forme bretonne. Les ingénieurs chargés des relevés de la feuille de la carte de Cassini datée de 1789 y ont fait figurer « Liziot ».
Enfin, en août 1829, le cadastre napoléonien fait lui figurer le toponyme « Lizio », c'est-à-dire la forme communément admise aujourd'hui.
Il n'existe aucun vestige préhistorique connu à ce jour sur le territoire de l'actuelle commune de Lizio. Pour se faire une idée du milieu et des sociétés préhistoriques armoricaines de façon générale, se référer à la Préhistoire de la Bretagne. Le 21 mars 1882, le chanoine Joseph-Marie Le Mené de la Société Polymathique du Morbihan se rendit sur la lande de Meslan, aux confins de Lizio et de Saint-Servant, à plus de orthodromiques au nord - nord-est du bourg, et y repéra deux groupes de sépultures. Elles ont été découvertes lorsque le propriétaire voulut enclore une partie de cette lande et qu'il s'attaqua à deux tertres faits de pierre et de terre. Le groupe auquel Joseph-Marie Le Mené s'intéressa, le plus important, comportait a priori une trentaine de sépultures; il n'en fouilla que quatre: une était vide; une autre révéla « une urne funéraire avec des cendres placées sur une couche de mousse (elle fut cassée par des enfants), et à l'autre extrémité des bracelets en bronze de différentes grosseurs, et quelques fragments de poterie »; une troisième sépulture contenait de la terre noirâtre sur une épaisseur de quelques centimètres (qu'il supposa être issue de la composition d'un corps), ainsi que quelques tessons éparses de poterie, et surtout une étrange tige de bronze de de long pour de diamètre (cf. le croquis de Louis Marsille ci-dessous); enfin, la dernière tombelle fouillée ne donna rien. En 1882, Joseph-Marie Le Mené crut voir dans la disposition de ces nombreuses tombelles, « un champ de bataille, où les morts ont été inhumés ou brûlés à l'endroit même où ils sont tombés ». Cependant, des études plus récentes ont mis en évidence que ces structures funéraires par groupement de tombelles étaient assez courantes dans les landes morbihannaises puisqu'on en recense dans une vingtaine de communes.
Joseph-Marie Le Mené appela de ses vœux la poursuite des fouilles en 1882, cependant, il ne semble pas qu'il y ait eu des fouilles plus poussées; sans doute, le propriétaire a-t-il ensuite détruit ce champ de sépultures, par le défrichement et la mise en culture de l'ancienne lande car la « pauvreté [de ces petits tertres funéraires (du point de vue du mobilier)] a fait qu'ils ont été délaissés et qu'il y a eu peu de fouilles soignées avant leur destruction ».|center|redresse=3 En 1922, le dossier archéologique fut repris par Louis Marsille, également dans le cadre de recherches de la Société Polymathique du Morbihan. Il put alors étudier le mobilier, notamment les bracelets, les inventorier et en préciser la datation, permettant par là la datation des sépultures: « le fragment de poterie et [deux des bracelets] permettent d'attribuer les tombelles de Lizio à l'une des dernières phases du second âge du fer », c'est-à-dire La Tène finale, entre le et le début du Ie siècle ap. Pour comprendre l'histoire antique de Lizio, on ne peut se référer à aucun texte, et il nous faut nous résigner à n'avoir que des connaissances éparses mais attestant d'une réelle présence de peuplement vénète, de surcroit au contact de l'Empire romain. Pour cela, il faut se tourner vers l'archéologie et les vestiges des populations gauloises et gallo-romaines qui ont pu être découverts. Lizio était une trève de la paroisse de Sérent. Quatre seigneuries se partageaient le territoire de Lizio: au sud-ouest Le Castiller, disposait des droits de haute, moyenne et basse justice (des traces d'une motte féodale y subsistent); à l'est La Chênaie-Morio et La Ville-Guéhart (moyenne justice); au nord-est Le Val-Jouin. Six chapellenies se trouvaient sur son territoire.
de la trève de Lizio (paroisse de Sérent) et de ses environs (1789). Pendant longtemps le pays de Lizio fut très pauvre en raison d'une terre ingrate, les familles vivant chichement en élevant quelques moutons et vaches sur les landes et habitant dans des cahutes en bois analogues ä celles des sabotiers d'antan. Ce n'est qu'à partir du XVIe siècle qu'une certaine prospérité survint, principalement grâce à la culture et à l'artisanat du lin. La chapelle antérieure, construite vers 1200 à l'emplacement d'un ancien prieuré des Templiers (un village situé à proximité se nomme "La Grée-aux-Moines"), brûla en 1615 et fut reconstruite entre 1661 et 1665 à l'initiative de Charles Laurencin, commandeur de Carentoir; selon l'abbé Guillotin de Corson, la nouvelle chapelle aurait été construite avec les débris de l'édifice antérieur et de l'ancien prieuré; Paul Sébillot écrit en 1900 qu'un vieux tableau situé dans la chapelle y représentait deux "moines rouges". Elle se trouvait sur un des itinéraires des Chemins de Compostelle, notamment pour les pèlerins venant des Îles britanniques, ce qui explique l'existence d'un auvent destiné à abriter les pèlerins. À de la chapelle se trouve une borne directionnelle indiquant les chemins à suivre pour les pèlerins et portant l'inscription "Chemin du ciel. Un des vestiges patrimoniaux de l'actuel bourg de Lizio est formé par un ensemble d'habitations et de dépendances aux façades en granit datant des s'ordonnant autour d'une cour centrale aujourd'hui appelée « Cour des artisans ». C'est un écho architectural à la prospérité de l'industrie textile bretonne de l'époque moderne.
Une simple comparaison entre le cadastre napoléonien et le cadastre actuel montre que les bâtiments de la cour ont été fortement remaniés depuis le début du jusqu'à modifier quelque peu la forme même de la cour. Cependant, subsistent encore aujourd'hui quelques caractéristiques architecturales. L'église trèviale du XVIIe siècle (construite en 1655) est également un témoignage de la relative richesse de la communauté liziotaise de l'époque. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Lizio en 1843 Launay-Pentier, les Castillez, le Cloc, la Bouche-Ruello, la Grée-Guéno, Trécerec, les Déserts, Brénugat, Kerguémaudet, le Hangouët, la Brousse, la Ville-Dréan, la Ville-Stéphant, Tréviguet, Magois, Praguet, Trévillant, les Châtelets, le Chêne. Superficie totale hectares 8 ares, dont (.) terres laborables 716 ha, prés et pâturages 255 ha, bois 18 ha, châtaigneraies 20 ha, vergers et jardins 36 ha, landes et incultes 589 ha (.). Moulin à vent de la Croix-Martin. (.) La commune de Lizio est en général cultivée; ses terres en labour sont fertiles, ses prairies excellentes, et sillonnées de cours d'eau qui contribuent à les améliorer; les landes elles-mêmes sont utilisées pour l'élève des moutons.
En 1840 le Conseil général du Morbihan donne son accord pour la création d'une foire champêtre à la chapelle Sainte-Catherine chaque mardi de Pâques. En 1857 le Préfet du Morbihan refuse la création d'une nouvelle foire au même endroit, arguant que « la commune de Lizio dispose de 73 foires, c'est-à-dire une tous les cinq jours, dans un rayon de ». En 1846 quelques villages de Saint-Servant, dont les habitants avaient demandé le rattachement à Lizio, dont le bourg était plus proche, furent rattachés à cette commune malgré l'opposition unanime des membres du conseil municipal de Saint-Servant. Le 27 août 1848 des troubles graves éclatèrent à Malestroit lors des élections pour le conseil d'arrondissement: les électeurs de 4 communes (Sérent, Lizio, Saint-Abraham, Saint-Guyomard) se disputèrent pour savoir quelle commune voterait la première: « les pierres que se jetaient les combattans atteignirent beaucoup de vitres et quelques habitans de Malestroit; aussitôt la Garde nationale fut convoquée et, par un mouvement de frayeur fort regrettable, elle tira sur les paysans de ces communes. Deux furent atteints assez grièvement; on pense que la blessure de l'un d'eux est mortelle.Nous avons demandé que l'on fit voter chaque commune au chef-lieu de la commune, et non au chef-lieu de canton ». Dans un autre article paru quelques jours plus tard le même journal précise que le commencement des troubles serait dû à des électeurs de Ruffiac qui auraient commencé dans l'après-midi à frapper des électeurs de Sérent qui commençaient à danser et qu'une trentaine de Sérentais auraient été blessés. La première école de Lizio, tenue par une congrégation religieuse, les Filles de Jésus (de Kermaria), ouvre en 1863. Une épidémie de variole fit 50 malades (dont ) en 1866 et 45 malades (dont ) en 1867 à Lizio. En 1873 « des habitants de La Chapellle, de Caro, de Lizio, de Quily, de Plumelec (Morbihan) demandent le rétablissement, dans le plus bref délai, de la royauté en la personne de Henri V, héritier légitime de la couronne de France ». En 1898 le Conseil général du Morbihan envisage la construction d'office d'un groupe scolaire dans la commune de Lizio, mais le conseil municipal de Lizio « s'oppose avec la plus grande énergie à cette coûteuse construction »; le comte du Boisbaudry, conseiller général, défend cette position, arguant que « la commune de Lizio [est] très pauvre », ajoutant: « Une école de filles manque, c'est vrai, mais une école de garçons existe ». En 1907 des Sœurs de Saint-Vincent de Paul donnent à Lizio quelques cours d'enseignement ménager « où les petites filles, habitant toutes plus ou moins loin de l'école, apprennent à faire leur soupe ». Un décret du président de la République en date du 27 février 1911 « attribue à la commune de Lizio, à défaut de bureau de bienfaisance, les biens ayant appartenu à la fabrique de l'église de Lizio et actuellement placés sous séquestre ».
En 1913 5 carrières de granulite, employant en tout environ, sont exploitées dans les communes de Saint-Servant et Lizio. Le monument aux morts de Lizio porte les noms de morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Parmi eux trois sont morts en Belgique (dont deux, Henri Le Blanc et Louis Rouxel, dès le 22 août 1914, le premier à Rossignol, le second à Maissin; Adolphe Laurent est tué en 1918); François Guillermé est tué en Turquie en 1915 lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr; Émile Réto dans l'actuelle Macédoine du Nord le 23 septembre 1918; les autres sont morts sur le sol français, dont Gabriel Dano, Joseph Denoual, Jules Geffray et Raphaël Pedrono, tous les quatre décorés à la fois de la Médaille militaire et de la Croix de guerre; Gabriel Courant, mort le 5 novembre 1918 et Antoine Oger, mort le 9 janvier 1919 (donc après l'armistice) sont les deux derniers morts (tous les deux de « maladie contactée en service ») de la commune lors de cette guerre. Le conseil municipal prend le 18 novembre 1923 la décision d'ériger un monument aux morts de la Grande Guerre; il est réalisé par Auguste Coudray, carrier dans le village de Sainte-Catherine; le procès-verbal de réception du monument par la municipalité est daté du 8 juin 1924. Le 29 décembre 1925 « huit charretées de pierre de taille de Sainte-Catherine (.) sont parvenus [conduits] par des attelages de Lizio appartenant aux cultivateurs suivants » dont les noms sont indiqués pour la restauration de la basilique Notre-Dame-du-Roncier de Josselin. En 1930 Adrien Monneraye, maire de la commune depuis, fut fait chevalier de la Légion d'honneur, une grand fête fut organisée à Lizio en cette occasion. En 1934, âgé alors de, il démissionne pour raisons de santé après avoir été maire de la commune pendant. Une section locale d'Anciens combattants, affiliée à l'Union nationale des combattants est créée en 1931 à Lizio.
C'est depuis le bourg de Lizio qu'Émile Guimard organisa la Résistance dans la région comprise entre la vallée de l'Oust et celle de la Claie. Le monument aux morts de Lizio porte les noms de mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi elles Pierre Fablet tué à l'ennemi au printemps 1940, lors de la Campagne de France; Marcel Séné, résistant FFI du maquis de Saint-Marcel, fusillé le 22 juin 1944 à Saint-Vincent-sur-Oust; Henri Paistel, sous-lieutenant dans la Résistance, agent du réseau Oscar Buckmaster qui dépendait du Special Operations Executive, mort en déportation le 13 avril 1945. Une stèle commémorative en forme de Croix de Lorraine située à la sortie du bourg, route du Roc-Saint-André, porte les noms de 4 résistants qui furent fusillés en 1944: Théophile Denoual (il fut attaché pendant de nombreux jours aux grilles de l'école avant d'être ensuite abattu) à la sortie du bourg, et Henri, son fils, ainsi que Marcel Séné (tous trois de Lizio) et Yves Kouriou, originaire de Paris. L'école de Lizio fut brûlée par les Allemands. Le hameau de la Grée-aux-Moines allait être brûlé et rasé par les Allemands, mais ceux-ci, mis en déroute le 7 août 1944 par le bombardement de leur camp installé à Meslan, n'en eurent pas le temps.
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