La Roche-Bernard
Morbihan · Bretagne
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de La Roche-Bernard
La Roche-Bernard est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 695 habitants. Attesté sous sa forme latine Rocha Bernardi en 1026, Rupes Bernardi en 1252. Son nom en gallo est La Roche. Son nom en breton est ou Ar Roc'h-Bernard.
L'occupation du site est attestée, dès l'âge du bronze par la découverte d'un dépôt d’épées dites en « langues de carpe ». Le territoire de la Roche-Bernard était situé à la frontière occidentale de la cité des Namnètes, face à celle des Vénètes, sur la rive droite de la Vilaine. Bernard est mentionné pour la première fois dans une charte datée du et qui se trouve dans le Cartulaire de Redon. Un dénommé Simon, fils de Bernard, fonda avec l'abbé Hélogon, l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois en 1026. En 1089, on retrouve ensuite le nom d'un certain Bernard de La Roche au nombre des témoins présents lors d'un jugement rendu par le duc Alain Fergent au profit des moines de Redon. Un château, siège d'une seigneurie puissante, y est édifié dans le premier tiers. Sur, le territoire de la baronnie s'étendait jusqu'à la mer, était clairement délimité par la Vilaine et les forêts le séparaient des marais du Brivet. Les barons de La Roche-Bernard fréquentent, parfois assidument, la cour des comtes de Nantes puis ducs de Bretagne qui sont soucieux de s'assurer la fidélité de seigneurs qui contrôlent un passage stratégique sur la Vilaine.
Sans doute inquiet pour le repos des âmes de son père Bernard et de son frère Rivallon, l'un et l'autre assassinés, Simon de la Roche-Bernard dote largement les religieux: il effectue en 1031 une dotation à Saint-Sauveur de Redon et semble, dès cette époque, avoir fondé l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois où mourut vers 1100 un de ses successeurs, Bernard II, qui s'y était retiré. Pendant la guerre de Succession de Bretagne (1341-1365), qui oppose Jean de Montfort à Jeanne de Penthièvre, épouse de Charles de Blois, les barons de La Roche-Bernard prennent le parti du roi de France. Leur château est alors entièrement détruit par les partisans de Jean de Montfort. Ils quittent la ville et se réfugient à Missillac au château de la Bretesche. En 1421, Louis d'Avaugour (1390-1445) est seigneur d'Orbs sous la vicomté de Falaise et seigneur du Parc. Il fait partie de l'armée qui secourut le roi Charles VII et fut gouverneur de La Roche-Bernard. Il est marié à Catherine de Rouvray en 1422, fille unique et héritière de Martin du Rouvray, seigneur de Lauresse, et de Marguerite de Taillecoul héritière de Courtalain et du Bois-Ruffin. En 1547, François de Coligny, marquis d'Andelot et mari de Claude de Rieux, devient baron de La Roche-Bernard.
En introduisant le culte protestant en 1558, il en fait l'un des premiers centres établis de Bretagne. À son instar, nobles et bourgeois se convertissent. Cité réformée au sein d'une province catholique, elle est occupée en 1590 par des troupes espagnoles commandées par le duc de Mercœur. En 1595, le duc de Mercœur fait bâtir auprès de la Roche-Bernard un fort, pour empêcher la navigation sur le fleuve Vilaine, et pour se faire une place forte dans ce pays où il n'y avait aucune forteresse. De 1629 à 1634, sous l'ordre du cardinal de Richelieu, La Roche-Bernard abrite un important chantier de construction navale duquel sortira la Couronne, premier vaisseau de ligne à trois ponts de la marine royale. D'autres vaisseaux, notamment consacrés à la traite négrière contribuent à la prospérité du port. En 1665, les baronnies de La Roche-Bernard et de Pontchâteau sont unies au marquisat de Coislin, érigé en duché-pairie de Coislin en faveur d'Armand du Cambout qui interdit le culte protestant à La Roche. En 1666, La Roche-Bernard est érigée en communauté de ville par Louis XIV, privilège fort recherché à l'époque, ce qui permet à la ville de députer aux États de Bretagne.
C'est au que l'activité portuaire atteint son apogée à La Roche-Bernard, notamment dans les années 1880-1890. Près de 200 navires venant de tout l'arc atlantique transitent par son port car c'était le port d'approvisionnement de Redon qui lui-même l'était pour Rennes. Dans les cales des navires: du sel, du vin, de la chaux mais aussi des poteaux de mine. La construction navale atteint aussi son apogée à cette période. Le sera marqué par les grands travaux, parmi lesquels la construction d'un premier pont pour franchir la Vilaine (inauguré en 1839, aujourd'hui disparu), la réalisation du quai Saint-Antoine puis du quai de la Douane, le percement du rocher afin de faciliter le passage entre les deux quais. L'école publique de garçons de La Roche-Bernard est laïcisée en août 1888. Maître, cité par Georges Minois, décrit ainsi l'habitat rural des environs de La Roche-Bernard Face au développement des autres modes de transport dans la fin de la seconde moitié du, notamment ferroviaire, le trafic fluvial dans le port de la ville va rapidement décroître.
De plus, les salines des marais salants de Guérande ne peuvent plus rivaliser avec l'émergence de nouvelles zones de production de sel notamment dans le Sud de la France. La rapidité toujours croissante des transports rendent le transport à pied caduc. C'est toute une région qui s'enfonce dans une crise économique majeure et La Roche-Bernard, dont la richesse était en partie liée au commerce du sel, n'y échappe pas. Lorsque la Première Guerre mondiale débute en 1914, l'ordre de mobilisation générale est affiché devant la mairie. Plusieurs soldats partent au front en partant de la gare de Vannes. Attenant à la mairie s'élevait un hôpital qui deviendra plus tard un dispensaire où seront soignés les soldats blessés au front. En 1917, alors que les États-Unis entrent en guerre aux côtés des Alliés puis qu'ils débarquent à Saint-Nazaire, La Roche-Bernard accueille un détachement du génie qui s'installe alors au Rhodoir. Pour les Rochois, l'arrivée de ces nouveaux occupants provoquent l'émerveillement car ils découvrent l'avancée technologique des Américains notamment de l'automobile.
En 1926 l'école publique de filles de La Roche-Bernard avait une institutrice et deux élèves. Durant la Seconde Guerre mondiale, La Roche-Bernard acquiert une importance stratégique pour l'armée allemande en raison de sa situation géographique et de la présence du seul pont sur la Vilaine depuis son embouchure jusqu'à Redon. Pour cette raison, un important contingent allemand stationnait dans la ville dont l'état-major était établi au manoir du Rhodoir situé un peu en retrait de la ville. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, à cause de l'existence de la Poche de Saint-Nazaire, l'occupation allemande se prolongea à La Roche-Bernard comme sur l'ensemble des localités voisines de l'estuaire durant de plus (d'août 1944 au 11 mai 1945), la reddition effective de la poche intervenant après la capitulation de l'Allemagne.
Dès le début de cette période, les Allemands décidèrent de miner le pont de La Roche-Bernard datant du afin de stopper la progression des Alliés. Cependant, le 15 août 1944, la foudre tombe sur l'une des mines posées et fait sauter le pont. La commune ne sera libérée qu'au moment de la reddition de la Poche de Saint-Nazaire, soit le 11 mai 1945. Durant la seconde moitié du, la ville prend un nouvel essor avec le développement de la navigation de plaisance et de son activité touristique. Après la guerre, le trafic maritime est stoppé à cause de la passerelle flottante, construite en 1948 à partir d'éléments de Port Mulberry, installée pour pallier la destruction du précédent pont.
Le tour de France cycliste y passera durant l'été 1954. En 1960, après de travaux, le pont de La Roche-Bernard est inauguré et la ville devient alors le passage obligé pour franchir la Vilaine. Des travaux d'aménagement des bords de Vilaine sont réalisés: agrandissement du port de plaisance, aménagement d'une promenade le long du quai Saint-Antoine. La ville attire alors aussi une forte proportion de résidents britanniques. Face au trafic routier grandissant, on pouvait voir jusqu'à de bouchon par jour durant la saison estivale car le pont ne possède que 2 voies de circulation. On décide de la construction d'un Pont du Morbihan à 4 voies de circulation qui contourne la commune par le nord. Le 23 décembre 1993, la communauté de communes du Pays de La Roche-Bernard est créée par le regroupement de quatre communes: La Roche-Bernard, Marzan, Nivillac et Saint-Dolay. Son existence sera brève puisque le 1 janvier 2011, elle fusionne avec la communauté de communes du Pays de Muzillac pour ainsi créer l'intercommunalité Arc Sud Bretagne regroupant 12 communes.
En 1636, Dubuisson-Aubenay, de passage à La Roche-Bernard, écrit ces quelques lignes au sujet de la langue en usage à La Roche Bernard et dans le voisinage:. On en conclut que la Vilaine servait à l'époque, à la hauteur de La Roche-Bernard, de frontière linguistique entre le breton et le français.
Patrimoine religieux à La Roche-Bernard
Le Vieux Quartier de La Roche-Bernard est le quartier historique de la ville. Situé en bordure du promontoire granitique, il est constitué d'un ensemble de maisons et d'anciens entrepôts datant majoritairement. L'activité portuaire de La Roche-Bernard est attestée dès le. La plaisance est désormais l'activité et le trait principal du port de la ville. La traversée de la Vilaine au niveau de La Roche-Bernard a toujours été une affaire compliquée.
Aujourd'hui, sur les quatre ponts construits durant les siècles précédents, seuls deux d'entre eux ont subsisté. En 1911, le pont suspendu est remplacé par un pont à arches métalliques. Ce chantier est conduit sans interruption de la circulation: les arches sont mises en place de part et d'autre de l’ancien tablier qui est progressivement remplacé par le nouveau. Grâce à cette modification, la ligne des Chemins de fer du Morbihan construite à voie étroite , put traverser la Vilaine et assurer la liaison entre Vannes et Saint-Nazaire. L'ancien pont de La Roche-Bernard connut un destin tragique, puisqu'il fut miné durant la Seconde Guerre mondiale, puis, pendant la journée du 15 août 1944, la foudre s'abat sur l'une des mines, provoquant la destruction de l'édifice (ceci a été vu par plusieurs personnes).
Malgré la surface réduite de la commune, La Roche-Bernard possède plusieurs espaces naturels. La Vilaine s'écoule près de La Roche-Bernard. La ville se situe à de l'embouchure entre le fleuve et l'Océan Atlantique et c'est au niveau du quai de la Douane que la profondeur de ce cours d'eau est la plus élevée de tout son parcours depuis sa source jusqu'à son embouchure. Situé rue du Passage, ce promontoire granitique surplombe la Vilaine et le port. On y trouve aussi 2 canons ayant appartenu au vaisseau de guerre français « Le Juste » coulé durant la bataille des Cardinaux en 1759.
Une plaque commémorative signale que c'est à La Roche-Bernard que fut construit au le vaisseau de guerre la Couronne. C'est l'unique parc de la ville. Situé en contrebas du Vieux Quartier, ce parc était à l'origine un espace occupé par une multitude de potagers individuels dont un subsiste encore aujourd'hui. Les terrains furent ensuite rachetés par la municipalité pour en faire un jardin d'agrément tout en préservant le patrimoine végétal existant. Un ruisseau, qui part de l'ancien lavoir, traverse le parc pour ensuite se jeter dans la Vilaine.
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