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Bourdeaux

Drôme · Auvergne-Rhône-Alpes

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Bourdeaux

Bourdeaux est une commune de Drôme, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 693 habitants. Dictionnaire topographique du département de la Drôme Bourdeaux serait issu d'un toponyme pré-romain Burdigala qui, selon Morvan, procéderait de *burd- (crique) et *gala (marais).

Abri sous roche avec traces d'art schématique. En 1685, lors de la révocation de l'édit de Nantes, les protestants se révoltent. Avant 1790, Bourdeaux était une communauté de l'élection de Montélimar, subdélégation de Crest et du bailliage de Die.
Elle formait une paroisse du diocèse de Die dont l'église, dédiée à saint Savin, était celle d'un prieuré de la dépendance de l'abbaye de Savigny (Rhône). Son titulaire était décimateur à Bourdeaux, Bezaudun, Crupies, Mornans et les Tonils. En 1790, Bourdeaux devient le chef-lieu d'un canton du district de Crest, comprenant les municipalités de Bourdeaux, Bezaudun, Crupies, Félines, Mornans, le Poët-Célard, les Tonils et Truinas.

La réorganisation de l'an VIII (1799-1800) n'a fait qu'y ajouter la commune de Bouvières et placer ce canton dans l'arrondissement de Die. Au, les habitants travaillent essentiellement la laine et la soie. Bourdeaux connait l'exode rural à partir du milieu. Au milieu du, la population est protestante à près de 80 %. À la fin de la monarchie de Juillet, seuls les hommes qui paient plus de 200 F d’impôt (suffrage censitaire) ont le droit de voter aux élections au-dessus des élections municipales (arrondissement, élections cantonales, élections nationales) soit moins de 1% de la population départementale dans la Drôme. À Bourdeaux, il n’y avait que 14 électeurs en-dehors des élections municipales.

L’annonce de la révolution de février et la proclamation de la Deuxième République provoquent un immense espoir populaire. Le maire Oscar Vernet se rallie au nouveau régime qui rejoint ses convictions et organise un grand banquet d’avènement où est aussi présent son frère Ernest Vernet. Les déceptions vis-à-vis du régime, qui se soucie peu des classes populaires, permettent à Louis-Napoléon Bonaparte de remporter les premières élections présidentielles au suffrage universel masculin, le. Dans la Drôme, les scores entre candidats sont conformes à ceux pour la France entière, mais le canton de Bourdeaux se signale avec un électeur sur six qui vote pour le candidat démocrate-socialiste, Ledru-Rollin (16,2 % contre moins de 5% dans le reste du département) et la majorité absolue à Cavaignac, deuxième au niveau national. Lors des élections législatives de 1849, il n’y a que deux listes en présence dans la Drôme: une bonapartiste, une républicaine ou rouge. La population de Bourdeaux est très largement favorable à la seconde, et vote à 94 % en sa faveur: le canton de Bourdeaux est le plus « rouge » du département.

Pour pouvoir s'organiser malgré la surveillance et la répression, les républicains et les socialistes organisent un réseau de sociétés secrètes dans la Drôme, comme dans en Provence (où elles sont appelées chambrettes) (voir la section dédiée sur l'article Histoire de la Drôme). Autour de Bourdeaux, c'est le greffier Jaubert qui est l'organisateur principal de ces sociétés. Mais, après l’affaire du faux complot de Valence, le préfet lance un grand coup de filet, le. À 4 heures du matin (heure solaire, 6 heures en heure actuelle), 37 perquisitions ont lieu dans 20 communes du département, dont Bourdeaux, où c’est le greffier Jaubert qui est visé, ainsi que les domiciles d’un instituteur, d’un quincailler et d’un greffier. Les fouilles sont effectués par des pelotons de 12 soldats du 32 de ligne et leur sergent assistés d’un gendarme. Un décrotteur et portefaix de la commune est condamné par le conseil de guerre de Lyon à deux ans de prison, qu’il effectue à Belle-Île, pour toute une liste de délits: offense au président de la République, outrages envers des fonctionnaires, excitation au mépris et à la haine des citoyens les uns envers les autres.

Le greffier de la justice de paix est condamné le même jour pour affiliation à une société secrète à la même peine. L’opposition plus ou moins sourde se manifeste cependant par les lacérations d’affiche portant le message annuel du prince-président en 1850, évènement signalé à la préfecture. Le coup d'État du 2 décembre 1851 est connu par affiches le mercredi dans la journée. Le mot d’ordre de résistance est transmis de Valence le 5 pour le lendemain samedi 6 pendant que le maire Oscar Vernet tente une résistance légale à Valence jusqu’à son arrestation le. Mais même si la consigne de l’insurrection n’arrive que le 5, dès le l’activité est fébrile à Bourdeaux pour la préparer et elle est signalée par le juge de paix qui demande l’intervention d’une troupe au commandant à Crest. Le pasteur, favorable au mouvement mais prudent, autorise l’utilisation de la cloche du temple pour sonner le tocsin.

Une fois le rassemblement de la place de la Chevalerie suffisamment conséquent, les insurgés passent le pont et se dirigent vers la gendarmerie, où se sont retranchés les cinq gendarmes et un capitaine en retraite. Pendant que les insurgés discutent pour savoir s’ils vont donner l’assaut ou non, les assiégés espionnent et notent les noms des participants. Finalement, une simple garde est installée pour empêcher les gendarmes de sortir. Enfin, à 4 heures du matin (5 heures en heure actuelle), la colonne prend la route de Crest, sous la conduite d’Aimé Cavet, à cheval et en uniforme. Les hommes présents (600 selon Serre, 1500 selon un des gendarmes assiégés) portent souvent du rouge, sont organisés en sections souvent commandées par un ancien militaire, et disposent d’armes de fortune. Cette insurrection échoue lors des combats de Crest les 6 et.

La répression suit: le, les autorités forment une colonne avec deux bataillons des 13 et de ligne venus de Lyon et Grenoble, renforcés d’éléments du 2 d’artillerie. Elle est commandée par le colonel Couston et le préfet Ferlay, et parcourt tous les lieux du département qui se sont soulevés. Il s’agit d’arrêter les républicains, insurgés ou non, de purger l’administration, de traquer les insurgés en fuite, de rassurer et d’inquiéter à la fois pour garantir le résultat du plébiscite des 20 et 21 décembre 1851. Elle arrive à Bourdeaux le: la troupe y traque les républicains dans les collines et perquisitionne le village. Les arrestations ce jour-là se montent à 24 personnes. Alors que la répression dure toujours, vient le plébiscite destiné à légaliser le coup d’État après coup, les 21 et.

Les fugitifs sont encore traqués par les gendarmes et l’armée qui quadrillent la campagne, les perquisitions se succèdent, l’état de siège est encore en vigueur. Les autorités laissent entendre que si les habitants votent « bien », les condamnations seront moins sévères. Alors que les bulletins Oui sont imprimés et fournis aux électeurs, celle des bulletins Non est interdite, et c’est aux électeurs qui souhaitent s’opposer au plébiscite de fabriquer eux-mêmes le leur. Enfin, le vote se fait en remettant le bulletin plié au maire qui le glisse lui-même dans l’urne. Dans ces conditions, le secret du vote n’est pas respecté: les dossiers des inculpés mentionnent si la personne a voté Oui ou Non, le fait étant parfaitement connu des autorités. Dans ce climat de peur, et alors que les communes environnantes votent souvent Oui à plus de 90 %, Bourdeaux se signale avec 24 % de Non, contre 8 % dans la France entière et 14 % dans le département.

Les fugitifs sont activement poursuivis, mais ils bénéficient du soutien des habitants et peuvent se cacher dans plusieurs maisons, comme Toussaint Chavagnac, tourneur sur bois. Mais, avec l’aide de dénonciations, les autorités perquisitionnent chez ceux qui l’hébergent en février et finissent par l’arrêter. Un tisseur et le maréchal-ferrant prennent la fuite pour rejoindre leur village natal, mais ils sont arrêtés le à La Motte-Chalancon. Petit, pour échapper à la condamnation, prend la route des Alpes avec un banquier et un horloger de Bourdeaux, probablement pour l’exil. Ils sont arrêtés à Veynes, enchaînés et amenés à pieds à la tour de Crest par Rémusat et Nyons. Ils sont ensuite jugés à Lyon.

Le curé et le pasteur écrivent ensemble pour faire libérer le cultivateur Alexandre Michel, 26 ans, sa femme souffrant des suites de son accouchement. Il est cependant déporté en Algérie. Ils ont plus de chance avec le quincailler, qui a trois enfants en bas âge, mais il n'est libéré de son camp de déportation qu’en.

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