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Tréglonou

Finistère · Bretagne

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Tréglonou

Tréglonou est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 691 habitants. Attesté sous la forme de Treffgloeznou en 1465, de Tregoeznou en 1516, le Treffgloznou du est aujourd'hui orthographié en breton Treglonoù. C'est une trève de Plouguin dédiée à un supposé "saint Clotnou", inconnu par ailleurs, dans le nom duquel se reconnaissent les mots celtiques clot (gloire), et gnou, qui signifie connu, notoire, avec une idée d'apparition, de révélation.

Le métal, qui sert à fabriquer le bronze, est extrait des gisements alluvionnaires, qui se trouvent des deux côtés de la Manche, principalement à Saint-Renan et dans le Dartmoor. Cette exploitation minière, faite en surface, et l'activité corollaire de fonte, favorisée par le couvert forestier de l'intérieur, prospèrent depuis la fin du jusqu'à ce que l'industrie hallstattienne du fer en ruine le commerce. Au au plus tôt, ce qui semble être un oppidum de dix huit hectares, soit un rectangle aux angles arrondis de six cents mètres sur trois cents, est construit sur le plateau dominant à une altitude moyenne de cinquante mètres le bourg actuel. Il est entouré d'un double fossé dont la terre extraite sert à tripler le dispositif d'un talus. Le site est proche de l'antique Tolente, port des Osismes que les hagiographes donnent pour actif jusqu'à la fin de l'Antiquité. La place forte est abandonnée vers -400 ou -300, soit deux ou trois siècles avant l'invasion de la province Armorique et la fondation de Vorganium par les Celtes contemporains du roi Bituit. Les gravats ayant servi à reboucher les fossés cacheront jusqu'en 1985 le célèbre collier de Tréglonou, qu'un effondrement et des fouilles révéleront alors trente centimètres sous le bord du nouveau stade de football, au lieu-dit Kerellen. Conservée au Musée départemental breton de Quimper, c'est une pièce incomparable en électrum, fabriquée peut-être sur place entre le et le avec un or mêlé à 35 % d'argent, tel qu'il s'en trouvait en Bretagne mais aussi ailleurs.

La conception et le procédé de montage de celles-ci diffèrent de ce qui s'observe sur les exemplaires de la civilisation du Wessex. La décoration ciselée en registres, sans être typique, évoque plutôt la civilisation de Hallstatt telle qu'elle prospérait à la fin du - au nord des Alpes. Des boules semblables ont été retrouvées dans un site méridional du Finistère datant des débuts de La Tène. Le sieur de Trouzilic n'a lui-même qu'une fille, Catherine de Tournemine, qui épouse Marc de Kerlech, arrière-arrière-arrière-petit-fils du lieutenant général Tanneguy du Chastel. Leur fils, Guillaume de Kerlec'h, est marié le 24 mars 1529 (ou août selon la lecture d'un trois ou d'un huit) à Françoise Barbier, la quatrième fille d'un riche « annobliz » Kerjean et de Jeanne de Parcevaux, première épouse de celui-ci, laquelle Françoise, veuve cinq ou six ans plus tard, se remarie à Tanguy Rannou, sieur de Keriber et Poulprat en Ploudalmézeau. À la mort du beau-fils de ce dernier, René de Kerlech. Au début du, une descendante homonyme de Françoise Barbier apporte en dot Trousilic à Charles de Carné. Leurs fils, Philibert de Carné, aîné de dix-huit enfants honni de Colbert de Croissy et époux de Suzanne de Kerlech de Roservo, représente ce qui subsiste de cette noblesse provincialisée par le centralisme versaillais de Louis XIV, ruinée par l'arrestation de Fouquet et la politique dirigiste de fermeture des frontières et de monopoles courtisans qu'illustre la faillite de la Compagnie des Indes.

Ayant la charge de sa mère veuve, il néglige le domaine et, pour faire face aux nécessités de leur rang, le cède, peu avant de décéder le 26 juin 1671, à Claude du Louët de Coetjunval, seigneur de la Villeneuve. C'est apparemment pour abriter les amours cachées du « vicomte de Trousilit », vraisemblablement l'aîné de Philibert, Jacques, lequel, sous ce seul titre anonyme, porte sur les fonts baptismaux d'une paroisse voisine un bâtard conçu durant l'hiver 1675, Pierre Hernay alias Arné. Les difficultés financières du locataire libertin obligent à la mort de sa mère à mettre le château aux enchères. Le petit-fils de ce dernier, Alain Louis de Kergorlay, combat à Fontenoy et termine sa carrière maréchal de camp des Gardes françaises. L'arrière-petit-fils, Gabriel Louis Marie, voit le manoir nationalisé en tant que bien d'émigré et aliéné le 24 germinal an V. En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Trefglonou [Tréglonou] de fournir 4 hommes et de payer 26 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ». La cure de Tréglonou était en 1786 l'une des plus pauvres du diocèse de Léon avec moins de 300 livres de revenu, pas plus que la portion congrue à cette. En 1842, le quartier oriental de Saint-Vennec est détaché de la commune de Plouguin pour être rattaché à celle de Tréglonou, propriétaire et agriculteur à Tréglonou, fut élu député du Finistère lors des premières élections législatives organisées au suffrage universel le 23 avril 1848, mais resta député, siégeant à droite, pendant un peu plus d'un an seulement (jusqu'au 26 mai 1849).

En 1851, un pont en bois, long de plus de 50 mètres, reliant par-dessus des piles en pierre deux digues de terre et de gros pavés élevées à partir de chaque rive, remplace le bac ou le passage par le gué de Bec an Truc. Le bourg se trouve désormais rapproché de Lannilis. Pendant quarante deux ans, jusqu'en 1893, le concessionnaire se rémunérera par un péage. En 1916, deux ans après sa nomination, le recteur Jacques Calvarin (1868-1941) édite le Kannadig Treglonou (Le Petit Messager de Tréglonou). La feuille de chou, qui tirera jusqu'à deux mille exemplaires, illustre le classicisme léonard de la langue bretonne et défend au sein du Bleun Brug une certaine modération conservatrice contre les innovations du KLT promues par les nationalistes de Feiz ha Breiz que dirige son collègue Jean-Marie Perrot. Le titre a été repris par le bulletin municipal. Le monument aux morts de Tréglonou porte les noms de 24 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux François Prigent, soldat au régiment d'infanterie, a été tué dès le 22 août 1914 à Arsimont (Belgique); la plupart des autres sont morts sur le sol français dont François Berthou, caporal au régiment d'infanterie, tué le 17 avril 1916 à Douaumont, a été décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre; Yves Peoc'h, marsouin au régiment d'infanterie coloniale, a été la dernière victime de la commune, tué à l'ennemi le 20 octobre 1918 à Herpy-l'Arlésienne (Ardennes). Le pont en bois étant devenu insuffisant en raison du trafic grandissant, le Conseil général du Finistère inaugura un pont en béton armé, long de 70,70 mètres, qui est inauguré le 25; son inauguration fut l'occasion d'une grande fête.

Le 11, l'abbé Calvarin inaugure la croix de mission en face du pont qui vient d'être reconstruit en béton armé et dont elle continue de marquer l'entrée. Entre les décennies 1930 et 1950 20 % des habitants de Tréglonou étaient pêcheurs, prenant notamment, à bord de leurs bateaux de 5,75 mètres, du lieu, du mulet, de la sole; d' autres étaient pêcheurs à pied, partant la nuit à marée basse avec leurs haveneaux pour pêcher des bouquets (crevettes roses). « Les familles de pêcheurs étaient concentrées rue Pors Egras, une artère d'une centaine de mètres bordée de petites maisons basses en pierre où il y avait rarement un étage (.) À Landéda, [on trouvait] que les pêcheurs de Tréglonou ramassaient des crevettes aussi microscopiques que des poux (lahou en breton), d'où leur surnom de "tueurs de poux" (Larc'h Lahou en breton). Georges Surlapierrre a écrit un livre intitulé "Tréglonou, port de pêche, au pays des Larc'h Lahou". En 1939 à Tréglonou, un seul habitant de la commune ne fit pas ses Pâques., décédé au camp de concentration de Neuengamme (photographie exposée au "Musée de la Résistance en Bretagne" de Saint-Marcel). Durant l'Occupation, une patrouille de douze hommes de la Wehrmacht est installée dans un blockhaus construit pour garder le pont. La Gestapo ouvre une antenne au manoir de Trouzilit.

Joseph Mouden, un agriculteur membre du réseau de résistance FFI du canton de Lannilis", puis du réseau d'évasion Jade-Fitzroy vers l'Angleterre (il est chargé de convoyer des aviateurs alliés et des agents destinés à être exfiltrés qu'il cache à son domicile avant leur embarquement), est arrêté le 31 mai 1944 par la Gestapo, assistée par des hommes du kommando de Landerneau, et est torturé devant sa femme. Après sa mort au camp de concentration de Neuengamme en 29 janvier 1945, un calvaire est dressé à sa mémoire. Entre-temps, la veille du Débarquement, le 5 août 1944, une section de la Résistance aura échoué à chasser les soldats du blockhaus. En 1957, le dernier des quelque quinze patrons pêcheurs qui opéraient encore en 1945 entre Le Conquet et Batz à partir de Porz Egras remise sa voile aurique et sa coque de cinq mètres soixante quinze, l'Anselme, exposée rue du Pont.

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