Grauves
Marne · Grand Est
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire de Grauves
Grauves est une commune de Marne, en Grand Est, qui compte 617 habitants. En 1224, le village apparaît pour la première fois dans un document écrit, sur le cartulaire de Saint-Martin d’Épernay, sous le nom de Grava. En 1233, il est fait mention de Graves puis Grauva en 1252, d'après les Archives nationales. En 1300, on retrouve le nom de Grave puis Grauve en 1308.
La première utilisation de l'orthographe actuelle apparaît en 1367; en 1515, l'abbaye voisine d'Argensolles fait état de Grauvez. Au cours du XVIe siècle, on trouve différentes orthographes: Grama en 1542, Grosves ou Grove en 1574 puis Graulve l'année suivante. La présence du s s'affirme au cours du siècle suivant avec Groves (1664) et Graulves (1673).
En 1793, elle possède son nom actuel mais le s final disparaît sur des documents de 1801 jusqu'aux années 1930. Le gentilé de Grauves est « grauviot » et « grauviotte ».
La présence de l'homme à Grauves remonte au moins au Paléolithique. Sa situation dans la montagne d'Avize a permis l'implantation des hommes. En effet, depuis ces hauteurs il était possible de surveiller les vallées et de se réfugier dans les forêts en cas de nécessité. Au début du XXe siècle, plusieurs ateliers préhistoriques furent ainsi découverts sur le versant opposé au village. Ces ateliers ont fonctionné du Paléolithique jusqu'à l'époque gauloise. Le premier d'entre eux se situe à Rouge-Maison, où l'on a retrouvé des grattoirs, des lames et des haches polies campagniennes et robenhasiennes.
L'atelier près des écarts de Montgrimaux et Alancourt (Mancy) date presque exclusivement du Néolithique et du Campignien; on y a découvert des grattoirs, des lames, des percuteurs et des tranchets en grand nombre. Un troisième atelier existe au lieu-dit de Jubercy, qui même s'il se trouve aujourd’hui sur le territoire de Gionges faisait partie de Grauves lors de sa découverte en 1898. On y a également retrouvé des javelots et des flèches. Des vestiges de bas fourneau furent trouvés par M. Jouron au début du XXe siècle, démontrant l'occupation de la vallée de Grauves au Premier âge du fer. Divers objets et notamment des poteries datant de La Tène furent découverts par la suite sur le territoire de la commune.
Parmi ceux-ci se trouve le « vase de Grauves », qui est exposé au musée d'Épernay (actuellement fermé). Toujours aux Grillots, à l'est de la commune, une canalisation romaine ainsi qu'un bassin de source furent découverts, attestant d'une présence romaine, alors que le lieu se trouve à quelques centaines de mètres d'un ancien camp romain dit du « bois Doër ». Lors de la fondation de l'abbaye d'Argensolles en 1221, Blanche de Champagne lui attribue des terres et des vignes autour de Grauves et Montgrimaux. La comtesse de Champagne accorde en 1233 la charte dite « d'affouages de Cuis ». Celle-ci permet aux habitants de Cuis et Grauves d'exploiter les bois détenus par l'abbaye d'Argensolles. Dès lors et jusqu'en 1998, les deux villages puis communes vont se partager la gestion de la forêt d'Argensolles, bien qu'étant sur le territoire de Moslins.
Cependant, en 1998, l'Office national des forêts crée une commission syndicale pour gérer légalement les bois, où siègent des représentants de Grauves et Cuis. On trouve alors au lieu-dit de Favresse, sur le plateau, un château. Celui-ci est propriété des frères Bridaine en 1250, puis de Guyot de Champoulain en 1270 et ensuite de la famille Le Cerf qui agrandit l'édifice. Il est entouré d'une muraille, de quatre tours et d'un fossé avec pont-levis. Il est néanmoins peu à peu délaissé puis transformé en ferme. Vers 1230, au décès de Simon de Vauchamps, Guyot de Cuys récupère son territoire grauviot en héritage.
Dans les années 1230, l'abbaye Saint-Martin d'Épernay y possède des terres, tout comme Saint-Sauveur de Vertus qui y dispose d'une chapelle, d'un prieuré et perçoit les dîmes. L'abbaye d'Argensolles détient quant à elle des terres, des bois et le village d'Arcy ainsi que le domaine de Rouge-Maison. En 1284, l'abbaye d'Argensolles avait droit de justice sur les bois communaux de Cuis et de Grauves.
En 1291, Grauves rejoint le domaine de Gaucher de Châtillon. Puis entre 1404 et 1500, Grauves est détenue successivement par le comté de Vertus et la c de Châtillon. Le village dépend de la coutume de Vitry depuis 1481 et ce jusqu'à la promulgation du Code civil en 1804.
Le domaine du Vert-Bois est créé à Grauves en 1493 et dépend d'Épernay.
Patrimoine religieux à Grauves
L'église Notre-Dame de Grauves, qui surplombe aujourd'hui le village, fut bâtie au XIIe siècle, dont il reste la nef, comprenant des collatéraux. L'abside pentagonale et le transept datent du XVIe siècle. Des statues en bois de 1656, réalisées par des artisans-menuisiers de Montgrimaux, ornent l'édifice: celles de saint Claude et saint Jean-Baptiste, ainsi que celle de la Vierge dont la légende dit qu'elle « a fait plus de tours que de miracles » puisqu'elle aurait été façonnée dans la vis d'un pressoir. Il y existe également une statuette de saint Georges datant de 1865.
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