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Thanvillé

Bas-Rhin · Grand Est

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Thanvillé

Thanvillé est une commune de Bas-Rhin, en Grand Est, qui compte 609 habitants. Thanvillé et au nom alsacien de Danwiller. et du mot willer, appellatif toponymique suffixé, d'origine romane villare qui dérive de villa et signifie « métairie, ferme ».

La présence des vestiges qui furent découverts prouve que la vallée fut habitée. Les Romains s'y étaient fixés sur l'emplacement même où se trouve aujourd'hui Thanvillé. Il y avait vraisemblablement quelques pauvres habitations placées au bord de la chaussée, et occupées par les gens chargés de son entretien. Elles étaient certainement peu importantes. Ces constructions durent être ruinées au, en même temps que. Les invasions successives des Vandales, des Burgondes, des Alamans, des Huns firent de la plaine du Rhin un monceau de ruines, des Vosges. Aussi ces montagnes devinrent-elles le refuge des hommes pieux qui désiraient se retirer du monde. À partir du plusieurs ermites vinrent s'établir dans cette Thébaïde; la réputation de leurs vertus ne tarda pas à leur attirer des disciples, et bientôt un monastère s'éleva non loin, à Honcourt.

Parmi ces religieux, on trouvait saint Hydulphe, évêque de Trèves. Il quitta sa région pour se retirer auprès de son ami, saint Déodat, fondateur du monastère de Jointures (Saint-Dié) au Val de Galilée. Saint Hydulphe s'établit ensuite près de Raon-l'Étape et y construisit un monastère placé entre les moutiers de Senones et Étival. C'est à cette situation qu'il dut le nom de Moyenmoutier. À cette époque l'Alsace ne faisait plus partie du royaume d'Austrasie, mais formait un duché. Le plus célèbre de ces ducs fut Etichon nommé également Atticus. Ce personnage que la légende prétend fils d'un maire du palais, est la souche de plusieurs maisons royales: entre autres, les Habsbourg, la maison de Lorraine, la maison de Bade, les comtes de Flandres. Etichon était fort puissant, il possédait de vastes domaines, et une partie du Val de Lièpvre.

Sa résidence habituelle se trouvait non loin de là, soit à sa villa d'Obernai, soit à son château d'Hohenbourg. Etichon favorisa, entre autres le monastère de Moyenmoutier qui reçut des terres autour de Thanvillé. Saint Hildulphe envoya des religieux dans ses nouvelles possessions, et y fit bâtir un monastère dédié à saint Pierre. Selon toute probabilité ce monastère devait se trouver sur l'emplacement de l'église actuelle de Saint-Pierre-Bois. Peu après, à la même époque, c'est-à-dire vers 667, d'autres biens, également situés près de Thanvillé, furent donnés à l'abbaye d'Ebersmunster. Ces biens se composaient de près, champs et bois. Les biens qu'Etichon octroya à Ebersmunster furent considérables, ils s'étendaient de Stotzheim à Kintzheim et Scherwiller. Dans le Val de Villé, ils devaient comprendre à peu près les territoires actuels de Hohwarth, Saint-Pierre-Bois, Saint-Maurice, les Hütten, Thanvillé et Hundswiller.

Le village se trouve sur une ancienne route du Sel, voie de communication importante qui reliait jadis les salines de Lorraine (Marsal.) aux pays germaniques. À l'époque où les Romains occupèrent l'Alsace, ils construisirent une route qui partait d'Ebersmunster, passait par Scherwiller, traversait le val de Villé et conduisait en Lorraine par Saales, le ban de Sapt et Raon-l'Étape. Cette voie romaine, dont on voyait encore des traces en Lorraine, suivait le tracé de la vieille route de Scherwiller à Thanvillé et celui de la route actuelle de Villé à Saales, par Steige. Elle portait le nom de chaussée de Sarmates, c'est du moins ainsi qu'elle est désignée dans les diplômes datés de 661 et 949. Mais par la suite, le duc de Lorraine s'étant fait adjuger par le roi Lothaire l'advocatie de l'abbaye, s'appropria les biens qu'elle possédait dans le Val de Villé. L'empereur Henri II dépouilla plus tard les princes lorrains des domaines usurpés et en détacha Thanvillé qu'il donna au monastère d'Ebersheim. D'après un document de la chronique d'Ebersmunster établit au qui se trouve être la source la plus ancienne, sous le règne de Otton I le premier empereur du Saint-Empire romain germanique en 962, le domaine de Thanvillé appartenait à un noble lorrain. Par le fait de sa dépendance avec Moyenmoutier, Thanvillé dépendit de la Lorraine.

En 864, le duc de Lorraine, voué de Moyenmoutier, s'étant fait adjuger par le roi Lothaire l'advocatie de l'abbaye, s'appropria les biens qu'elle possédait dans le Val de Villé qui confisqua 1511 familles de serfs qui faisaient la fortune de cette abbaye; il s'empara en même temps de tous les prieurés et domaines qui en dépendaient. Thanvillé fut probablement confisqué avec les autres prieurés. Tous les religieux se réfugièrent à la maison-mère. Privés de la plus grande partie de leurs revenus, ils y végétèrent misérablement jusque vers 896. À cette époque Zwentibold, fils naturel de l'empereur Arnould, ayant voulu leur imposer des abbés laïcs, les religieux quittèrent la Lorraine et allèrent s'établir à Bergheim en Alsace. Ce ne fut qu'en 959 que le duc de Lorraine, Frédéric, les rétablit à Moyenmoutier et leur rendit une partie des biens aliénés. Plus heureuse, l'abbaye d'Ebersmunster conserva les biens qu'elle possédait à Thanvillé. Vers 994 elle obtint de Widerolphe, évêque de Strasbourg, la confirmation de possession des terres que le duc Etichon lui avait autrefois données à Danewilre.

le diplôme de Wilderolphe est important, c'est le titre le plus ancien où il soit question de Thanvillé, dont jusqu'alors on ne trouve mention que dans les chroniques. Des nouvelles confirmations furent accordées la même année par l'empereur Othon III et en 1022 par l'empereur Henri II. Ce dernier reconnut à l'abbaye d'Ebersmunster la possession de « la chapelle dédiée à saint Maurice, située près de Thanvillé, avec les rentes et dépendances de cet alleu ». En 1042, une nouvelle confirmation fut accordée par l'évêque de Strasbourg, Wilhelm. Pendant ce temps l'abbaye de Moyenmoutier était toujours dans une situation assez précaire. Ce ne fut qu'en 1039 que l'abbé Lambert, par une sage administration, rendit au monastère une partie de son ancienne prospérité. Il parvint à lui faire restituer une grande partie des biens qui lui avaient été enlevés, notamment ceux qu'il possédaient en Alsace. Tous ces changements de propriétaires n'avaient pas été favorables à la prospérité de Thanvillé.

Dans l'acte de 1022, cité plus haut, cette localité est qualifiée de villula, c'est-à-dire petite exploitation rurale. À cette époque l'abbaye d'Ebersmunster possède encore la moitié du territoire avec la chapelle de Saint-Maurice. L'autre moitié, qui correspond à l'actuelle Thanvillé, Saint-Pierre-Bois et Hohwarth était donnée à l'abbaye de Moyenmoutier. Cependant aucune allusion n'est faite quant au village de Thanvillé. Les autres documents du XIIe siècle ne parlent que du « domaine » ou de « château ». À partir du XVe siècle le village change souvent de propriétaire; c'est à partir du que l'on trouve une allusion au nom du village: en 1419, à la mort de Hans Schwarber, « das dorff Danwilre » passe comme fief lorrain aux Rathsamhausen de Kintzheim. En 1481 le village passe aux mains des Bechtold Schönmans. qui le vend quelques années plus tard à Caspard Von Mörsberg (= de Morimont) noble sundgauvien et Landvogt, c'est-à-dire bailli provincial des Habsbourg en Alsace.

En 1492, c'est au tour des Hattstatt d'acquérir "Tanviller"; ils le revendent en 1540 au duc Antoine de Lorraine, celui qui a participé au massacre des paysans d'Alsace en 1525 à Scherwiller, qui le cède en fief à Jean de Widranges. Les habitants vont souffrir du passage obligé des soldats au moment des conflits. C'est ainsi qu'en 1571 ils sont victimes du différend qui éclate entre Olry, fils et héritier de Jean de Widranges, et son voisin Nicolas de Bollwiller de la seigneurie de Villé; ils assistent impuissants, à l'incendie de leur village. En 1633 ils subissent les exactions des Suédois au moment de la guerre de Trente Ans. Il ne reste que quatre foyers en 1648. Le village se repeuple lentement Au cours de la Révolution, les biens de la famille des Dartein, propriétaires depuis peu du château de Thanvillé, sont vendus aux enchères. La famille est dépossédée de ses droits féodaux, notamment celui de rendre la justice.

Sur la colline derrière le château, à proximité du village de Saint-Maurice, se dressait le gibet de la juridiction lorraine du bailliage de Saint-Dié. La seigneurie de Thanvillé demeure une enclave lorraine jusqu'en 1766, année où la Lorraine est rattachée à la France. Cette potence est mentionnée sur la carte Cassini du milieu du par le terme « justice ». Le vicomte Théodore de Castex fait ériger en 1895, une statue de la Vierge à l'emplacement du sinistre gibet. Désormais, la justice est rendue par le village qui fait également élire le conseil municipal et le maire. Joseph Schillinger est le premier maire à accéder à cette charge. Le maire s'établit à côté de l'église et partage avec l'école, un bâtiment. Thanvillé possède, depuis 1706, une des premières écoles de la vallée.

C'est le châtelain qui rétribue lui-même l'instituteur. En 1878, une nouvelle école est construite au centre du village qui abrite également la mairie. L'ancienne école était trop éloignée du centre du village. Le nouveau bâtiment est coiffé d'un clocheton dont la petite cloche est dénommée, dans le langage populaire Schulglöcklein. Elle est dédiée aux douze Apôtres dont les statuettes sont coulées dans la masse. Elle remplace souvent celle de l'église trop éloignée et annonce les évènements civils et religieux. Le village bénéficie parfois au, de certaines aides à de la famille de Dartein-Castex, mais la localité connaît, comme le reste de la vallée, la surpopulation (448 habitants en 1836) et son cortège de misères: sous-nutrition entraînant les maladies et l'exode rural. En 1719, la châtelaine, madame de Coqfontaine, obtient l'autorisation d'ériger Thanvillé en paroisse.

Sprentz en devient le premier curé. La même année, la chapelle dédiée à saint Jacques est agrandie. Un presbytère est construit en 1724. À la fin du siècle (1784) est édifiée l'église actuelle sur le même emplacement que l'ancienne chapelle devenue trop petite pour une population qui ne cesse d'augmenter. Ces travaux sont réalisés à la fin du ministère du curé Gonand, avec le soutien financier du châtelain, Charles de Lort de Saint-Victor.

Patrimoine religieux à Thanvillé

L'église se trouve curieusement un peu à l'écart du village et proche de l'agglomération de Saint-Pierre-Bois. À l'angle droit, côté est, une pierre du chaînage porte la date de 1719. Cette année-là l'ancienne chapelle est agrandie; en 1784, sur le même emplacement, est construite l'église actuelle. Dans le mur gauche du chœur, on relève un oculus rectangulaire, grâce auquel se réalisait « la communion de tous les fidèles, des vivants et des morts, dans la prière et la foi ». Un second oculus a été dégagé en 1976.

La première messe est célébrée en 1784 dans la nouvelle église dont l'aménagement intérieur a été refait. Le bâtiment est caractéristique du style de l'époque: une tour-clocher, avec des chaînages d'angle pour rompre la monotonie, de forme carrée (environ 4 m X 4) et qui s'élève sur trois étages, dont le dernier reçoit les cloches, bénies le 20 juillet 1884. Celles-ci sortent des fonderies Causard de Colmar. La grande cloche est dédiée à saint Jacques, patron de la paroisse. Réquisitionnée en 1917 par l'occupant, elle a été refondue en 1925.

Une inscription rappelle (traduction) que « cette cloche doit sonner pour les vivants et les morts ». La seconde cloche est dédiée à saint Joseph. L'église renferme un petit orgue de 10 jeux, construit en 1833 par Joseph Stiehr, restauré en 1989 par Daniel Kern. Cette chapelle construite avec le soutien financier des époux Xavier Flecksteiner et sa femme Marie Verdun a été édifiée. Elle se trouve un peu à l'écart du village en allant vers le nouveau lotissement.

Ce panneau se trouve à l'intérieur de l'église Saint-Jacques et représente une crucifixion sur fond gaufré, dont la partie supérieure est décorée de moulures gothiques. Autour du crucifié se trouve Marie et saint Jean. Cette œuvre fait partie de l'art propre à la région rhénane. Elle provient probablement de la chapelle du château et semble avoir appartenu à un retable, dont il manque les panneaux latéraux mobiles. En quittant le village de Thanvillé, et avant de pénétrer à Saint-Pierre-Bois on peut observer sur le bord de la route un monument dédié au Sacré-Cœur.

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