Église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle
Église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle
Messe(s) du week-end
Dimanche : 11h00
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Présentation de l'église
L’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, située au 25 rue de la Lune dans le 2e arrondissement de Paris, est une église paroissiale catholique construite entre 1823 et 1830. Elle a donné son nom au quartier de Bonne-Nouvelle, au boulevard voisin ainsi qu’à une station de métro de la ligne 8 et 9 qui dessert le secteur. Cette diffusion toponymique — quartier, boulevard, station de métro — illustre le rayonnement historique du sanctuaire dans l’identité urbaine parisienne.
Le quartier de Bonne-Nouvelle, situé à la frontière des 2e, 9e et 10e arrondissements, porte son nom depuis le XVIIe siècle — période qui correspond à l’implantation d’une première chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle sur l’emplacement de l’actuel édifice. Cette chapelle primitive, construite au XVIIe siècle sous Louis XIII puis agrandie sous Louis XIV, servit pendant deux siècles de sanctuaire paroissial avant d’être remplacée par l’édifice actuel.
Le vocable de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle — c’est-à-dire la Vierge Marie associée à l’annonce angélique de l’Incarnation, qualifiée de « bonne nouvelle » dans les évangiles — est particulièrement fréquent dans le paysage religieux catholique français. Cette dédicace, qui fait écho à l’Annonciation célébrée le 25 mars, inscrit l’édifice dans la tradition mariale annonciative qui caractérise de nombreuses paroisses urbaines et rurales.
L’édifice actuel a été construit entre 1823 et 1830 sur les plans d’Étienne-Hippolyte Godde — architecte de la Ville de Paris qui dessina plusieurs églises parisiennes dans le parti néoclassique dominant la Restauration et la monarchie de Juillet. Le choix de Godde et du parti néoclassique reflétait les options esthétiques officielles de la période, héritées de l’Empire et adaptées aux nouvelles constructions religieuses.
Le parti architectural retenu combine une façade à portique tétrastyle — quatre colonnes de front couronnées d’un fronton triangulaire, dans la tradition des temples grecs antiques — et un plan intérieur basilical inspiré des grandes églises paléochrétiennes romaines. Cette disposition, caractéristique du néoclassicisme religieux français du XIXe siècle, se retrouve dans plusieurs autres églises parisiennes contemporaines — Saint-Vincent-de-Paul, Saint-Philippe-du-Roule, l’église de la Madeleine — et témoigne de l’unité esthétique du mouvement architectural.
Le plan associe une nef à trois vaisseaux séparés par des colonnades ioniques à chapiteaux libres — sans piliers engagés —, un transept peu saillant et un chœur à abside semi-circulaire couronnée d’un cul-de-four décoré. Cette disposition basilicale, rare dans l’architecture religieuse française qui privilégiait traditionnellement les arcades sur piles, produit un intérieur d’une clarté classique et d’une élégance savante.
L’élévation extérieure, en pierre de taille calcaire caractéristique des constructions parisiennes du XIXe siècle, présente une sobriété classique qui contraste avec la richesse intérieure. Le portique tétrastyle surmonte quelques marches et donne accès au vaisseau intérieur par un portail central sobre. Les proportions générales, inspirées de l’antique, confèrent à la façade son équilibre.
L’intérieur conserve un mobilier liturgique cohérent avec le parti néoclassique : maître-autel en marbre monumental, stalles du chœur, chaire à prêcher, fonts baptismaux et chemin de croix exécutés dans les ateliers parisiens de la Restauration. Les peintures murales, les tableaux d’autel et les statues polychromes complètent la décoration intérieure selon un programme iconographique marial dominant — Annonciation, Nativité, Assomption, scènes de la vie de la Vierge.
Les vitraux, posés progressivement aux XIXe et XXe siècles, représentent les saints patrons de la paroisse et les épisodes de la vie mariale. Le grand orgue, construit par les facteurs parisiens du XIXe siècle, a été restauré à plusieurs reprises et sert aujourd’hui pour les offices et les concerts de musique sacrée.
L’édifice fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 21 mars 1983. Rattachée à l’archidiocèse de Paris, Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle est une paroisse active. Elle accueille les messes dominicales, les grandes célébrations liturgiques et les fêtes mariales — particulièrement l’Annonciation le 25 mars.