Église Notre-Dame-du-Travail
Église Notre-Dame-du-Travail
Messe(s) du week-end
Dimanche : 09h00
Dimanche : 10h45
Dimanche : 18h30
Messes à proximité
Présentation de l'église
L’église catholique Notre-Dame-du-Travail, située au 59 rue Vercingétorix dans le 14e arrondissement de Paris, est l’une des plus singulières paroisses parisiennes par son vocable, son parti architectural et son ancrage social. Classée au titre des monuments historiques depuis 2016, elle fut construite à l’initiative de l’abbé Roger Soulange-Bodin, prêtre parisien engagé dans l’apostolat ouvrier à la fin du XIXe siècle, soucieux de doter le quartier industriel de Plaisance d’une église adaptée à sa population.
L’église remplace un édifice antérieur du quartier de Plaisance, devenu insuffisant pour les besoins croissants d’une paroisse ouvrière en pleine expansion démographique. Commencé dans les années 1890, le chantier est achevé en avril 1902 par l’architecte Jules-Godefroy Astruc (1862-1955), professionnel parisien sensible aux innovations techniques de son temps.
Le parti architectural retenu constitue l’une des grandes originalités de l’édifice. Astruc privilégie une armature métallique innovante : le vaisseau repose sur une ossature de poutrelles de fer laissées apparentes, selon une logique constructive qui préfigure le mouvement moderne. Cette charpente en poutrelles, visible depuis la nef, évoque directement les grandes halles industrielles contemporaines — notamment les pavillons de Baltard aux Halles parisiennes, démolis depuis. Le choix n’est pas innocent : l’abbé Soulange-Bodin avait expressément demandé une église reflétant le monde du travail, où les ouvriers de Plaisance — ajusteurs, charpentiers, forgerons — se reconnaîtraient dans les matériaux et les formes.
Le plan associe une nef à vaisseau unique couverte par la charpente métallique, un transept peu saillant et un chœur à abside semi-circulaire. Les murs extérieurs, en pierre et en brique, cachent la structure métallique et présentent une façade classique d’allure éclectique, mélange de références paléochrétiennes et romanes revisitées. Ce décalage entre l’extérieur traditionnel et l’intérieur résolument moderne caractérise l’édifice et lui donne son intérêt historique particulier.
Le programme iconographique, développé dans les années qui suivent la consécration, associe les figures du travail humain à la tradition chrétienne. Les peintures murales et les statues représentent les saints patrons des corps de métiers — saint Joseph pour les charpentiers, saint Éloi pour les forgerons, saint Crépin pour les cordonniers — et illustrent l’engagement apostolique de la paroisse en faveur des ouvriers. Cette iconographie du travail, rare dans les églises parisiennes, fait de Notre-Dame-du-Travail un manifeste spirituel autant qu’un édifice liturgique.
Parmi les pièces singulières conservées figure la cloche de l’église, rapportée de Sébastopol à la suite de la prise de la ville en 1855 pendant la guerre de Crimée. Cette cloche, offerte par l’État à la paroisse en hommage aux soldats français tombés lors du siège, ajoute à l’édifice une dimension mémorielle liée aux grandes campagnes du Second Empire.
Rattachée à l’archidiocèse de Paris, Notre-Dame-du-Travail accueille aujourd’hui les messes dominicales, la catéchèse paroissiale, les grandes célébrations liturgiques et les activités pastorales du quartier de Plaisance. Elle demeure un jalon important dans l’histoire du catholicisme social français, témoignage de l’engagement du clergé parisien auprès des mondes ouvriers au tournant des XIXe et XXe siècles.