Ahun
Creuse · Nouvelle-Aquitaine
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La commune et son patrimoine religieux
Histoire d'Ahun
Ahun, commune de la Creuse en Nouvelle-Aquitaine, plonge ses racines dans l'Antiquité. Sous l'Empire romain, le bourg fut un vicus de la civitas des Lémovices, nommé Acitodunum et figurant sur la Table de Peutinger. C'était une station du cursus publicus, mansio ou mutatio, située sur la voie romaine reliant Lugdunum à Mediolanum Santonum. À proximité, une enceinte protohistorique surnommée « Camp de César » laisse supposer une occupation antérieure. Fragments de colonnes, bases et chapiteaux ont été retrouvés en réemploi dans les maisons d'Ahun et de Bonnafoux, et des cippes ont été remployés dans l'église ou exposés au jardin lapidaire.
Au Moyen Âge, Ahun possède un sanctuaire et des maisons en granite, ainsi qu'un atelier monétaire mérovingien. La ville fut un ancien prieuré placé sous l'invocation de saint Silvain, martyrisé sur place le 16 octobre 407. Ahun devient progressivement une ville libre : la première charte d'affranchissement est accordée en 1228 par Hugues XII, comte de la Marche, confirmée en 1286 par Hugues XIII. Une châtellenie ahunoise rendait la justice au nom du comte de la Marche, jusqu'à sa cession par Louis XIV au duc de la Feuillade le 14 juin 1686, en échange de Saint-Cyr. Au village voisin de Chantemille subsiste un vieux château féodal, dont l'origine remonte à une autorisation accordée en 1465 à Louis Dupuis par le comte de la Marche.
Toponymie d'Ahun
Le nom provient d'Acitodunum, formé sur Agedo-, nom d'homme, et du gaulois dunum (forteresse). Selon Xavier Delamare, « Acito », mot probablement différent d'« Agedo », pourrait signifier « plaine, champs » : Acito-dunum se traduirait alors par « le fort de la plaine ». Cette étymologie a donné Ahun en français et Alhun en marchois (dialecte du Croissant) et en limousin.
Patrimoine religieux à Ahun
L'église Saint-Sylvain est en partie romane (XIIe siècle), assez dépouillée extérieurement. Elle abrite une crypte du XIe siècle, accessible par un escalier situé à l'extérieur, dans laquelle se trouve le tombeau de saint Silvain. Le chevet frappe par l'élégance de sa décoration : entre les baies en plein cintre, des colonnes portent de beaux chapiteaux ornés d'animaux, d'oiseaux et de palmettes. À l'intérieur, on découvre de superbes boiseries de la fin du XVIIe siècle, qui complètent celles du Moutier-d'Ahun voisin, ainsi qu'une pietà du XVe siècle à six personnages. L'édifice a été classé au titre des monuments historiques le 2 octobre 1992. Le narthex abrite également une grotte de Lourdes.
Derrière l'église subsistent les murs et vestiges de la tour dite de Saint-Barnabé, restes des fortifications qui ceinturèrent la ville. À l'emplacement de l'église actuelle se trouvait vraisemblablement un sanctuaire ou mausolée antique. Le village de Chantemille conserve la mémoire d'une cure placée sous l'invocation de sainte Radegonde : la chapelle castrale, en ruines vers 1590, fut restaurée en 1618 avant d'être à nouveau ruinée. Vers 1927-1930, le déblaiement des ruines mit au jour un autel gallo-romain, « le cippe de Chantemille », qui servait de support à la table d'autel et reste visible aujourd'hui. La partie basse de la chapelle Sainte-Radegonde, formant terrasse surplombant la vallée de la Creuse, subsiste avec la table d'autel et deux portes en plein cintre.
Saints liés à Ahun
Saint Silvain d'Ahun, martyr, est mort sur la commune ; son tombeau se trouve dans la crypte de l'église d'Ahun.
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