Argentine
Savoie · Auvergne-Rhône-Alpes
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Histoire d'Argentine
Argentine est une commune de Savoie, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 951 habitants. Le mot provient du latin argentum, qui signifie argent (' et ' en espagnol). Cette dénomination est liée à la croyance répandue parmi les premiers explorateurs européens, notamment les Espagnols, que la région abritait d'importantes richesses en argent. Cette croyance était fondée sur les récits des populations locales qui parlaient de l'existence d'une région montagneuse riche en métaux précieux, notamment dans la région du Río de la Plata, littéralement.
Le Río de la Plata, découvert par les Européens au début du, a joué un rôle central dans la genèse du nom Argentine. Les explorateurs espagnols, menés par Juan Díaz de Solís en 1516, furent les premiers à naviguer dans cette région. Ils étaient à la recherche d'une route vers les riches mines d'argent supposées se trouver dans les montagnes du Pérou et de la Bolivie actuels.
Son origine pourrait se trouver dans les cadeaux en argent faits par les peuples amérindiens aux explorateurs européens, notamment Sébastien Cabot ou Juan Díaz de Solís, ou aux ornements portés par les indigènes. Au fil du temps, le terme a commencé à être utilisé pour désigner la région située autour du Río de la Plata. Au, les documents espagnols commencent à utiliser le terme Provincia del Río de la Plata ou La Tierra Argentina pour désigner cette région.
Le mot est d'abord utilisé comme un adjectif pour décrire quelque chose en rapport avec l'argent-métal ou la couleur argentée.
'' dans la province de Santa Cruz. La présence humaine sur le territoire argentin remonte au Paléolithique, avec également des traces datant du Mésolithique et du Néolithique. On estime que l'arrivée de Homo sapiens dans le Cône Sud s'est faite il y a approximativement 14.000 ans, ce qui coïncide avec un réchauffement progressif du climat dans la région. Jusqu'à la période coloniale, l'Argentine est relativement peu peuplée par un grand nombre de cultures diverses avec différentes organisations sociales, qui peuvent être divisés en trois groupes principaux. Le premier groupe est composé de chasseurs-cueilleurs sans développement de la poterie, comme les Selknam et les Yagans dans l'extrême sud. Le second est composé de chasseurs cueilleurs plus avancés, qui comprennent les Puelche, Querandí et Serranos dans le centre-est; les Tehuelche au sud et les Kom et Wichi au nord. Le dernier groupe, le plus avancé, est composé d'agriculteurs fabriquant des poteries, comme les Charrúa, Minuano et Guaraní dans le nord-est, avec une existence semi-sédentaire sur brûlis; les groupes pratiquant une agriculture basée sur le troc et les échanges, sédentaires avancés comme les Diaguita dans le nord-ouest, qui ont été conquis par l'Empire inca vers 1480; les Tonocotés et les Comechingón au centre du pays, et les Huarpes au centre-ouest, beaucoup plus influencés par la culture inca. En 1516, l'explorateur Juan Díaz de Solís découvre l'estuaire qui pris plus tard le nom de Río de la Plata ( en français).
La légende raconte que la flotte du navigateur fit naufrage et que les survivants reçurent des présents en argent de la part des indigènes. L'épisode est connu sous le nom de Sierra del Plata ( en français) vers 1524 en Espagne. La découverte de ces espaces et les légendes entourant les voyages des explorateurs incitent le roi d’Espagne Charles Quint a restaurer les adelantados, qu'il charge de prospecter et d'administrer différents territoires. L'explorateur Sébastien Cabot explore le territoire en 1526. Buenos Aires est ainsi fondée en 1536 comme point de départ pour de nouvelles conquêtes. La ville est fondée en hommage à la dame du Bon Vent, patronne des marins. Cependant, la ville est rapidement délaissée au profit d'Asunción nouvellement créé en 1537 puis de Lima. La ville ne reprend sa position centrale que lors de sa refondation en 1580.
D'autres colonies sont fondées, comme Santiago del Estero par Francisco de Aguirre en 1553, Londres en 1558, Mendoza en 1561, San Juan en 1562 ou San Miguel de Tucumán en 1565. Santa Fe est fondée en 1573 par Juan de Garay, tout comme Córdoba, fondée par Jerónimo Luis de Cabrera. C'est Garay qui refonde la colonie de Buenos Aires en 1580, mais plus au sud que l'emplacement initial, à de l'océan Atlantique. À la fin du, Buenos Aires devient un point de passage de la route secondaire qui permettait l'acheminement de l'argent extrait des mines de Potosí. La ville compte environ habitants à la fin du, et subit plusieurs révoltes indigènes. Enfin, San Luis est fondée en 1596. En 1776, le roi décide une réorganisation des territoires de l'Empire espagnol. C'est ainsi qu'est créé la vice-royauté du Río de la Plata dont Buenos Aires est la capitale au profit d'Asunción.
La province de Tucumán est rattachée à la vice-royauté alors qu'elle dépendait jusqu'alors de la vice-royauté du Pérou. À la fin du à lieu le premier recensement dans l'Empire espagnol. Buenos Aires compte alors environ habitants. Les bourgeois créoles prennent alors conscience de leur poids et commencent à songer à l'indépendance. Cependant, Buenos Aires reste en retrait par rapport aux villes du nord-est qui bénéficiaient des relations commerciales établies de longue date avec la vice-royauté du Pérou. En 1806 et 1807, les colons espagnols repoussent les invasions britanniques depuis le bassin de la Plata, grâce au chef d'escadre d'origine française Jacques de Liniers. Ils se persuadent alors d'être les seuls à se défendre contre un ennemi, y compris mieux armé et équipé. L'annonce du renversement du roi en 1808 éveille un immense espoir dans la vice-royauté.
En 1810, l'annonce de la prise de Séville par les troupes françaises marque le point de départ de la guerre de l'indépendance. La population de Buenos Aires chasse alors le vice-roi Baltasar Hidalgo de Cisneros et sa famille, qui s'enfuient aux îles Canaries. C'est la révolution de Mai qui marque le début du processus de l'indépendance. Le gouvernement du vice-roi est remplacé par la Première Junte, composée de créoles locaux. Cependant, la Junte doit faire face à une insurrection royaliste à Córdoba qu'elle parvient à écraser, mais ne peut empêcher l'indépendance du Paraguay en mai 1811 et les révoltes dans la Bande orientale (future Uruguay) et le Haut-Pérou (future Bolivie). Dans le mouvement des guerres d'indépendance, le franco-argentin Hippolyte Bouchard a mené sa flotte faire la guerre aux troupes espagnoles dans plusieurs territoires occupés, de la Californie aux Philippines. Dans sa lutte, il obtient l'allégeance de Philippins en fuite à San Blas qui ont fait défection des Espagnols pour rejoindre la marine argentine, étant désireux d'aider les Argentins contre le colon espagnol. Plus tard, le Sol de Mayo est adopté comme symbole par les Philippins lors de la révolution philippine contre l'Espagne.
Les révolutionnaires se divisent alors en deux factions: le Parti fédéraliste et le Parti unitaire. L'affrontement entre ces deux factions va marquer les premières décennies de l'indépendance. Les unitaires ont la particularité d'être pour beaucoup présents à Buenos Aires, alors que les fédéralistes sont plus dispersés. L'assemblée de l'an XIII aboutit à la nomination de Gervasio Antonio de Posadas comme Directeur suprême des Provinces unies du Río de la Plata. Le 9 juillet 1816, le Congrès de Tucumán rédige la et déclare ne plus dépendre de l'Espagne. L'Espagne ne reconnaîtra l'Argentine qu'en 1858. Un an plus tard, le général Martín Miguel de Güemes arrête les troupes royalistes au nord tandis que le général José de San Martín les prenait à revers dans la cordillère des Andes, obtenant l'indépendance du Chili puis celle du Pérou. En 1819, Buenos Aires adopte une constitution prônant la centralisation.
Celle-ci est rapidement abrogée par les fédéralistes. En 1820, la bataille de Cepeda entre les unitaires et les fédéralistes marque la fin du Directoire. Une nouvelle constitution prônant la centralisation est adoptée en 1826, Bernardino Rivadavia devenant le premier président de la Nation argentine. Cependant, les provinces de l'intérieur se soulèvent contre lui et rejettent la constitution. Rivadavia démissionne tandis que le pays sombre dans la guerre civile. Les fédéralistes finissent par l'emporter, fondant la Confédération argentine en 1831. En parallèle, le pays affronte l'empire du Brésil lors de la guerre de Cisplatine pour le contrôle de la province brésilienne à partir de 1825, mais la guerre aboutit à l'indépendance de l'Uruguay. Jusqu'en 1852, le pays est dirigé par Juan Manuel de Rosas.
Le pays connait plusieurs crises et conflits, notamment la guerre de la Confédération et un blocus du Río de la Plata. Rosas parvient à renforcer son pouvoir par ses victoires. Cependant, sa politique protectionniste suscita la révolte des provinces intérieures, qu'il ne contrôlait guère, devant négocier des accords avec les caudillos locaux. Rosas est battu lors de la bataille de Caseros par Justo José de Urquiza, qui lui succède à la tête du pays. Une constitution prônant le fédéralisme est adoptée en 1853, mais elle est combattue par Buenos Aires qui fit sécession jusqu'à sa défaite finale lors de la bataille de Cepeda en 1859. Urquiza est renversé en 1861 lors de la bataille de Pavón, où Bartolomé Mitre sécurise la domination de Buenos Aires sur le reste du pays. Il est le premier président de la nation réunifiée. Avec ses successeurs Domingo Faustino Sarmiento et Nicolás Avellaneda, il pose les bases de l'Argentine moderne.
À partir de 1880 sous la présidence de Julio Argentino Roca, le gouvernement fédéral met en œuvre une politique de libéralisme économique. Dans le même temps, le pays favorise l'immigration venue d'Europe, notamment d'Espagne et d'Italie. Seuls les États-Unis accueillent plus de migrants au cours de la période. De plus, le Produit intérieur brut réel a augmenté très rapidement, et le revenu par habitant entre 1862 et 1920 s'est rapproché de celui des pays les plus développés. L'Argentine devient le septième pays le plus riche et le plus développé en 1908. Dès 1900, le secteur tertiaire dépasse le secteur secondaire dans l'économie nationale. Grâce à l'immigration européenne et à la baisse de la mortalité, la population argentine quadruple et la richesse produite est multipliée par 15. Près de de personnes débarquent à Buenos Aires entre 1890 et 1914.
En dépit de la prospérité du pays, les salaires restent faibles et la pauvreté importante. Yrigoyen quitte le pouvoir en 1922 et remporte l'élection présidentielle de 1928. Son retour au pouvoir est marqué par les débuts de la Grande Dépression. Entre 1930 et 1931, fonctionnaires perdent leur emploi. Yrigoyen est renversé par un coup d'État en septembre 1930 soutenu par le camp conservateur au profit d'une junte menée par le général José Félix Uriburu. C'est le début de ce que les historiens appellent la. Le coup d'État marque un coup d'arrêt au développement économique de l'Argentine. Uriburu dirige le pays pendant deux ans, jusqu'à l'élection d'Agustín Pedro Justo en novembre 1931, au terme d'un scrutin entaché de fraude électorale.
En mai 1933, l'Argentine négocie un accord commercial avec le Royaume-Uni qui a pour conséquence de rendre le pays encore plus dépendant vis-à-vis de son principal client. Au cours des années 1930, beaucoup d'Argentins ont souffert de la faim alors même que le pays était l’un des plus importants exportateurs de produits alimentaires du monde. Sur le plan politique, le latino-américaniste Alain Rouquié indique que « la souveraineté populaire et le suffrage sont fermement dirigés par les représentants de l’élite établie. Ceux-ci n’ont jamais tout à fait cessé de penser que “le suffrage universel est le triomphe de l’ignorance universelle”, comme le déclara un ministre de l'Intérieur. » L'Argentine reste neutre pendant la Seconde Guerre mondiale jusqu'en mars 1945. La décision argentine reçoit l'appui du Royaume-Uni et des États-Unis, qui n'accepteront plus la neutralité argentine après l'attaque de Pearl Harbor. En juin 1943, un autre coup d'État de tendance pronazie mené par le général Arturo Rawson renverse le gouvernement démocratiquement élu de Ramón Castillo et marque le retour au pouvoir des militaires. C'est ce que les historiens appellent la révolution de 1943.
Sous la pression des États-Unis, l'Argentine déclare la guerre à l'Allemagne nazie et à l'empire du Japon le 27 mars 1945. Bien qu'elle ait tardé à s'engager dans le conflit, l'Argentine est admise à l'ONU dès l'origine. Pendant la courte dictature de Rawson, une figure politique émerge, le futur président Juan Perón, qui est nommé secrétaire d'État au Travail. Perón prend rapidement du galon au sein du gouvernement, au point d'être nommé ministre de la Défense. Il bénéficie en plus du soutien affiché d'une speakerine de Radio Belgrano, Eva Duarte, qui vente les bienfaits de l'action de Perón en faveur des travailleurs. Perçu comme une menace politique par ses rivaux au sein de l'armée et par le camp conservateur, il est contraint à la démission le 10 octobre 1945 et arrêté une semaine plus tard. Cependant, Perón bénéficie du soutien de la population et des syndicats et, sous la pression du mouvement social auquel la police participa indirectement, est libéré de prison. Il remporte l'élection présidentielle en février 1946 comme candidat du Parti travailliste et devient président de la Nation.
La période péroniste proprement dite dure d'octobre 1945 à septembre 1955. Le péronisme est un mouvement national et populaire; il encadre la population argentine (syndicats, femmes, jeunes, ouvriers…) en leur octroyant des droits et un statut. Le partage des richesses est désormais moins déséquilibré et la classe ouvrière argentine, avec le soutien des syndicats, s'identifie au mouvement péroniste: les salaires sont augmentés, un salaire minimum et des congés payés sont instaurés, le droit à la retraite et au repos dominical sont reconnus. La politique sociale du gouvernement péroniste se traduisit également par un engagement inédit de l’État argentin en matière de santé et d’éducation. Ainsi, l’enseignement universitaire fut déclaré gratuitement accessible à tous les Argentins à partir de 1949, ce qui entraîna une augmentation de 300 % du nombre d’étudiants au cours de la présidence de Juan Perón. Le taux d'analphabétisme se réduit assez significativement. L'effort est aussi porté sur l’amélioration des services de santé du pays, et surtout du nombre de personnes pouvant en bénéficier. Le taux de mortalité infantile peut alors être réduit de 80,1 pour 1000 en 1943 à 66,5 pour 1000 en 1953, tandis que l'espérance de vie s’accroît de 61,7 en 1947 à 66,5 ans en 1955.
Le droit de vote des femmes et le droit au divorce sont reconnus. Pour le journaliste Marcel Niedergang, le péronisme était. Dans les trois premières années de la présidence de Perón, l'Argentine vit en autarcie et bénéficie d'une conjoncture économique favorable. Durant cette période, la politique économique est conduite notamment par, le président de la Banque centrale d'Argentine (nationalisée en mars 1946), qui bénéficie de la confiance d'Eva, que Juan avait épousée le lendemain de sa libération. Il fonde en mai 1946 l' et défend une politique basée sur l'exportation des produits agricoles. L'institut achetait alors aux producteurs et revendait aux entreprises agro-industrielles, souvent en situation de monopole, qui contrôlaient la distribution et la commercialisation, favorisant la vente deux à trois fois plus cher que sur le marché intérieur en exportation. Dans le même temps, le gouvernement procède à la nationalisation des compagnies de chemins de fer britanniques et françaises, celles du gaz, mais aussi de l'Union téléphonique du Rio de la Plata qui appartenait au trust Bell. Le PIB par habitant et les salaires augmentent de manière importante pendant la période péroniste.
Autour de 1950, on atteint la plus grande parité dans la distribution des revenus entre chefs d'entreprise et salariés. En juin 1955, la place de Mai est bombardée par des officiers de l'aéronavale; des centaines de personnes sont tuées. L'objectif des putschistes, qui préparaient le coup d'État depuis trois ans, était de renverser le gouvernement et d'assassiner Perón. Depuis plusieurs mois, le président constatait l'effritement de son pouvoir. En avril 1955, il déclara dans un meeting sur la place de Mai:. Il n'en aura pas l'occasion, un second coup d'État organisé en septembre 1955 mettant un terme à sa présidence. Perón part en exil en Espagne. Entre 1947 et 1960, la population passe de d'habitants.
La fin du péronisme marque le début d'une période de forte instabilité dans le pays, jusqu'à la chute de la dictature militaire en 1983. Le mouvement est proscrit par le régime de Pedro Eugenio Aramburu, qui dirige le pays jusqu'en 1958. Le régime chercha à effacer la mémoire du péronisme (la résidence du général est détruite) et de nombreux militants péronistes, en particulier dans les milieux ouvriers, sont arretés et torturés. La guerre des Malouines dure deux mois, et aboutit à une humiliation pour la junte, l'armée capitulant après la reprise des Malouines, mais aussi des îles Orcades du Sud et de la Géorgie du Sud par le Royaume-Uni. Galtieri est remplacé par le général Reynaldo Bignone qui annonce un processus de transition démocratique, auquel l'armée, totalement discréditée, n'est guère associée. Avant la transmission des pouvoirs, la junte prend des mesures d'amnistie générale en faveur de tous les acteurs impliqués dans les exactions commises par le régime. Le 30 octobre 1983, Raúl Alfonsín remporte l'élection présidentielle et devient le premier président civil depuis vingt-cinq ans. Alfonsín a dirigé le pays dans une période de transition difficile, mettant en œuvre des réformes démocratiques et cherchant à consolider les institutions politiques.
Son mandat a été caractérisé par des efforts pour juger les crimes de la dictature, à travers des procès comme ceux de la Commission de vérité et de réconciliation mais aussi la Comisión Nacional sobre la Desaparición de Personas qui permet d'identifier les victimes. Néanmoins, en 1986, le Congrès vote la loi du Point final, ce qui met fin légalement à toutes poursuites éventuelles contre les militaires. Malgré les succès politiques, le pays a continué à faire face à des défis économiques majeurs, notamment une hyperinflation qui a culminé à plus de en 1985 puis de en 1989. Ces problèmes économiques ont contribué à la chute du gouvernement d'Alfonsín et à la montée d'une nouvelle crise politique. Carlos Menem, élu en 1989, a introduit des réformes néolibérales radicales, dont la privatisation des entreprises publiques et la libéralisation du marché. Ces réformes ont conduit à une période de croissance économique dans les années 1990 (5 % de croissance en 1991), mais ont aussi creusé les inégalités et accru la dépendance du pays envers les emprunts étrangers. Entre 1991 et 1995, le PIB argentin progresse de 31,4 %. À partir de cette année, le taux de pauvreté repart à la hausse.
Le pays est également impliqué dans la construction du Mercosur, qui naît en mars 1991. À la fin des années 1990, l’Argentine a été frappée par une grave crise économique, qui touche toute l'Amérique latine. Le gouvernement de Fernando de la Rúa, qui a succédé à Menem en 1999, a été incapable de gérer la crise qui s'est intensifiée au début des années 2000. La crise a entraîné des émeutes, des changements fréquents de président, et finalement, une déclaration de défaut de paiement de la dette en 2001. Tout au long de la décennie, le pays connait des troubles et des émeutes, conséquence d'une crise sociale qu'aucun gouvernement n'a su résoudre. puis reprise de la croissance du PNB. mensuelle de l'Argentine en 2002. Le choix de créer dans les années 1990 une caisse d'émission monétaire liée strictement au dollar, avait eu pour conséquence, lors de la hausse massive de celui-ci à la fin des années 1990, de provoquer un arrêt brusque des exportations argentines.
Le Brésil avait dévalué fortement sa monnaie et l'Argentine, son principal partenaire commercial, s'était retrouvée à sec de devises. Cette situation avait engendré une fuite de capitaux massive pendant les mois d'août, septembre et octobre. La crise est partiellement jugulée par un contrôle draconien des dépôts bancaires, appelé Corralito, fondé sur l'obligation d'effectuer toutes les opérations financières à travers les banques et la restriction des retraits d'argent en numéraire. La répression cause, le ministre des Finances est relevé de ses fonctions, mais cela ne suffit pas et le président signifie sa démission en s'enfuyant du palais du Gouvernement en hélicoptère. Le gouvernement, le FMI et la parité entre le peso et le dollar américain sont les thèmes les plus critiqués. En dix jours, quatre présidents se succèdent (Camaño, Rodriguez Saa, Puerta, Duhalde), le gouvernement argentin se déclare en état de cessation de paiement, abroge la loi consacrant l'intangibilité des dépôts bancaires (ce qui provoque l’évaporation des dépôts des classes moyennes qui en avaient mais ne les avaient pas transférés) et, donc, par un approfondissement de la crise économique. À la fin de l'année, le taux de pauvreté atteint les 40 %. Le 6 janvier 2002, le nouveau gouvernement procède à un gel total des avoirs bancaires, appelé Corralón, et une dévaluation officielle du peso de 28 % par rapport au dollar, tandis que dans la rue le dollar se change à 1,60 peso pour atteindre très vite plus de 3 pesos.
En 2002, le taux de pauvreté dans le Grand Buenos Aires atteint 41,5 %. Le monde entier a été surpris par les événements de décembre 2001. Les médias ont montré un pays caractérisé par les pillages de magasins et les concerts de casseroles des classes moyennes. Mais ces représentations sont simplistes et plus que subjectives. Les émeutes et les mobilisations ne sont pas nées à la fin de l'année 2001. Dès 1989, une vague de saccages de magasins a eu lieu, conséquence de l'hyperinflation. En décembre 1993, le pays a connu des révoltes, notamment à Santiago del Estero. En 1996, les premiers piqueteros établissaient des barrages à Cutral-Co, dans la province de Neuquen.
Mais les médias n'avaient laissé que très peu de visibilité à ces mouvements. Les protestations de décembre 2001 doivent être analysées en tenant compte des changements que le répertoire de l'action collective a connus ces dernières années en Argentine. Comme l'a expliqué Javier Ayuero, « loin d'être l'explosion d'une citoyenneté paraissant jusqu'alors repliée sur elle-même et incapable d'exprimer son mécontentement, le mois de décembre 2001 représente plutôt le point le plus critique d'un processus de mobilisation populaire datant environ d'une dizaine d'années ». Eduardo Duhalde demeure président de l'Argentine entre janvier 2002 et mai 2003 où il met fin à la parité entre le peso argentin et le dollar américain et met en place un plan économique productiviste. Il appelle à des élections présidentielles anticipées en avril 2003 où il soutient le candidat péroniste de centre gauche Néstor Kirchner. Ce dernier est élu par défaut à la suite du retrait de Carlos Menem au second tour, dans un scrutin où la participation fut historique. La victoire de Kirchner se place dans un cycle victorieux de la gauche dans toute l'Amérique latine. Néstor Kirchner, élu en 2003, a réussi à stabiliser l'économie en adoptant des politiques keynésiennes, augmentant les dépenses publiques et négociant avec les créanciers internationaux.
Sa présidence a été marquée par une croissance économique soutenue et une réduction de la pauvreté, le taux de pauvreté passant de 30,6 % en 2005 à 4,3 % en 2012. Sa femme, Cristina Fernández de Kirchner, a été élue présidente en 2007, puis réélue en 2011. Elle a poursuivi des politiques similaires tout en mettant l'accent sur des réformes sociales, notamment en matière de droits de l’homme, d’éducation et de santé. Son mandat a également été marqué par des controverses liées à la corruption et à la gestion économique. En effet, en juin 2025, elle est poursuivie dans dix affaires judiciaires, dont cinq sont en cours d'investigations, quatre pour lesquels les procès sont en cours et une, la Causa Vialidad, dans laquelle elle est condamnée à 6 ans de prison sans sursis purgée à résidence assortis d'une inéligibilité à vie. Cette décision marque la fin de l'ère du "kirchnérisme original" (1995-2023). En 2015, Mauricio Macri est élu président. Le gouvernement supprime l'impôt sur les exportations, met fin au contrôle des changes, laisse flotter le peso et réduit les subventions à l’énergie.
Une réforme du marché du travail vient faciliter les licenciements. La libéralisation du secteur financier entraine une fuite des capitaux estimée en 2019 à près de de dollars depuis l’élection de Mauricio Macri, soit environ un sixième du produit intérieur brut (PIB) argentin. La production industrielle baisse fortement du fait de l'arrêt d'une grande partie des subventions. Les taux d’intérêt considérables offerts aux investissements spéculatifs (afin de faire affluer les dollars) favorisent la mise en place d'un cercle vicieux par lequel les emprunts d’hier doivent être remboursés par d’autres, plus coûteux encore. Le pays s'enfonce dans une grave crise économique. Le Financial Times note en octobre 2017 que « Le gouvernement [argentin] a plus emprunté que n’importe quel autre pays émergent depuis l’élection de Mauricio Macri. Environ de dollars en deux ans ». La dette du pays, qui s’établissait à 40 % du PIB en 2015, dépasse 75 % en janvier 2019, après avoir grimpé de vingt points de pourcentage au cours de la seule année 2018.
Le cours du peso chute de 118 % entre janvier et septembre 2018. En octobre 2019, environ 40 % des Argentins vivent en dessous du seuil de pauvreté selon la chaîne nationale C5N. Le taux de chômage dépasse les 10 % selon des chiffres officiels vraisemblablement sous-évalués et une chute de 3,1 % du PIB est à prévoir pour l'année 2019 selon le Fonds monétaire international (FMI).
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