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Ascain

Pyrénées-Atlantiques · Nouvelle-Aquitaine

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire d'Ascain

Ascain, commune des Pyrénées-Atlantiques en Nouvelle-Aquitaine, compte 4 464 habitants. Son nom basque est Azkaine et le toponyme apparaît pour la première fois en 1125 sous la graphie Escan, puis dans le cartulaire de Bayonne vers 1140. Selon Jean-Baptiste Orpustan, Ascain viendrait probablement de haitz gain, « dessus du tertre » ou « hauteur rocheuse ». La plus ancienne mention écrite de l'histoire d'Ascain se trouve vers 1130 dans le Livre d'Or de Bayonne, à propos d'un Loup Aner d'Ascain, conseiller du vicomte de Labourd. La paroisse « Santa-Maria de Dascain » est mentionnée en 1341. En 1609, Pierre de Lancre, conseiller au Parlement de Bordeaux, mène dans la province de Labourd une commission d'enquête sur la sorcellerie qui passe notamment par Ascain ; le curé d'Ascain, de la maison d'Harguibellea, est pendu puis brûlé en l'église Saint-Esprit de Bayonne. La commune fut occupée du 23 octobre 1636 au 26 octobre 1637 par des troupes espagnoles durant la guerre de Trente Ans. En mars 1794, sur arrêté du Comité de salut public, une partie des habitants est déportée, la commune étant décrétée « infâme » comme d'autres localités proches de la frontière espagnole. En 1813, durant la guerre anglo-espagnole contre Napoléon Ier, les troupes de Wellington entrent en France par la Rhune et 25 canons sont pointés sur Ascain.

Toponymie d'Ascain

Le toponyme connaît plusieurs formes attestées : Scain en 1235 dans le cartulaire de Bayonne, Ascayn en 1302, Scainh en 1450, Ascaing en 1552, Sancta Maria d'Ascaing en 1691 dans les collations du diocèse de Bayonne, et Askaine au XIXe siècle. Le gentilé basque est Azkaindar, et selon la Carte des Sept Provinces Basques éditée en 1863 par le prince Louis-Lucien Bonaparte, le dialecte parlé à Ascain est le labourdin. Le quartier Portua tire son nom de sa situation portuaire sur la Nivelle : au XVIIe siècle, son port recevait via Saint-Jean-de-Luz le minerai de fer de Biscaye à destination de la forge de Saint-Pée-sur-Nivelle. Le territoire d'Ascain fut augmenté en 1845 d'une partie de celui de l'ancienne commune de Serres, supprimée le 19 juillet 1845 par ordonnance du roi Louis-Philippe.

Patrimoine religieux à Ascain

La présence d'un lieu de culte chrétien à Ascain est attestée depuis 1140 selon le cartulaire de Bayonne. L'église Notre-Dame-de-l'Assomption conserve des vestiges médiévaux ; agrandie aux XVIe siècles et siècles suivants, elle fut inaugurée sous Louis XIII en 1626. En 1605, Bertrand d'Eschaud, évêque de Bayonne, visitant la paroisse d'Ascain, autorisa les paroissiens à vendre des sépultures pour financer la réparation et le parachèvement de l'œuvre de l'église. L'édifice, orienté ouest-est, mesure 40 mètres sur 11,40 mètres pour une hauteur intérieure de 10,70 mètres au niveau de la nef. Comme dans beaucoup d'églises basques, trois tribunes en chêne s'élèvent au fond et sur les flancs. Le retable en bois doré est fidèle au style du XVIIe siècle. Un ex-voto du XIXe siècle, maquette d'un trois-mâts, rappelle l'activité de construction navale du village et l'existence d'une communauté de pêcheurs. L'édifice paroissial recèle également une Vierge à l'Enfant qui est un moulage d'une statue du XIVe siècle, dont l'original en marbre, connu sous le nom de « Vierge de Longchamp », est conservé au Musée de Cluny à Paris. Des pierres tombales en grès rose de la Rhune recouvrent le sol, la plus ancienne datant de 1620. La chapelle de Serres, dédiée à saint Jacques et restaurée, fut au Moyen Âge un relais actif pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Au sommet de la Rhune, la chapelle du Saint-Esprit et de la Trinité était au XVIIIe siècle un but de pèlerinage pour les paroissiens d'Urrugne, de Bera, d'Ascain et de Sare, qu'il fallut organiser à des dimanches et des mois différents pour éviter l'affluence. Au début du XXe siècle, lors de la querelle des Inventaires consécutive à la loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905, le percepteur dut faire enfoncer les portes de l'édifice paroissial à la hache pour pouvoir entrer.

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