Blois
Histoire de Blois
Des fouilles de l’INRAP conduites depuis les années 2010 ont montré une occupation du site de Blois-Vienne dès 6000 ans avant notre ère par des chasseurs-cueilleurs pratiquant aussi la pêche. La présence de Gaulois carnutes est attestée dès le IVe siècle av. J.-C. À l’époque romaine, le pagus blesensi dépend administrativement de l’oppidum d’Autricum (Chartres). Les Romains bâtissent le Castrum Blesense au sommet de l’éperon du château actuel, à la croisée de plusieurs voies dont la Via Turonensis reliant Lutèce à Bordeaux. Deux temples romains auraient siégé en ville: l’un dédié à Jupiter, à l’emplacement de la future abbaye de Bourg-Moyen, l’autre dédié à Mercure.
Les Vikings pillent la ville en 854, 856 (ou 857) et 868. Le comté de Blois est créé en 832 et passe aux mains des Thibaldiens, qui font de Blois le siège d’une puissance européenne étendant son influence jusqu’aux trônes de Navarre, de France, d’Angleterre et d’Espagne. En 1171, trente à trente-cinq membres de la communauté juive de Blois sont brûlés vifs sur l’ordre du comte, accusés d’un crime rituel — événement qui marque profondément les contemporains. Le 26 mai 1171 (20 sivan) devient jour de jeûne pour les communautés juives de France, de Grande-Bretagne et d’Allemagne. En 1397, le comté est incorporé au domaine royal, avant de devenir résidence de prédilection des ducs d’Orléans puis des premiers rois Valois au XVe siècle.
Toponymie de Blois
La première mention indirecte de Blois remonte au VIe siècle: Grégoire de Tours emploie les termes blesenses (les habitants de Blois) et Blesensibus. Des monnaies mérovingiennes indiquent Bleso castro. La forme gallo-romaine originelle est reconstruite comme *BLESU, aboutissant par évolution phonétique régulière à Bleis, Blais, puis Blois. Xavier Delamarre, reprenant la thèse de François Falc’hun, voit dans le radical Bles- une évolution du gaulois *bledios (« loup », apparenté au breton bleiz et au gallois blaidd), faisant de Blois un « pays de loups ». Le linguiste Jacques Lacroix propose en 2023 une autre hypothèse: le radical représenterait le gaulois belsa (« plaine dénudée, champ ouvert », cité au Ve siècle), par métathèse, ce qui correspondrait à la position de Blois à l’extrémité sud de la Beauce.